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mercredi, 20 mars 2013

Sécurité: Génération Gaudin, génération sacrifiée

MARSACTU  

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La campagne de surenchère sécuritaire est déjà lancée

Marche blanche pour Eugène Caselli, police montée pour Bruno Gilles, s'attaquer aux consommateurs pour Patrick Mennucci : les propositions montent sur fond de règlements de compte répétés.

MarsActu/Esther Griffe

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Dimanche, Eugène Caselli a ajouté une nouvelle idée à la longue liste des propositions politiques en réaction aux règlements de compte en rafales. Dans un message très court, le président de la communauté urbaine appelle... à une marche blanche. Si cette proposition répond bien à la volonté supposée d'union des citoyens face à la violence aveugle, elle est aussi porteuse d'un paradoxe : être une initiative "citoyenne" et non récupérée mais qui émane d'un homme politique en responsabilité, par ailleurs candidat à l'investiture PS pour les élections municipales de Marseille.

Comme Eugène Caselli ne peut décemment pas en rester là, cette annonce s'accompagne sur son blog d'une première promesse de campagne : sous sa mandature, la police municipale verra ses effectifs "doubler" pour atteindre le ratio d'un policier pour mille habitants. Une promesse qui ne résiste pas à l'arithmétique : aujourd'hui, on compte 340 agents dans la ville pour 850 000 habitants. Attrapé sur le quai d'embarquement du batobus lundi, en compagnie de l'écologiste Karim Zeribi, Eugène Caselli justifie ses propositions. 

 

"La sécurité n'est pas de droite ou de gauche, elle est républicaine." L'antienne fait le bonheur de Caselli qui en appelle à "l'union sacrée" sur ce sujet. L'écologiste Karim Zeribi s'est dit"parfaitement d'accord" avec lui. Cette volonté affichée d'augmenter largement les effectifs des équipes de Marc Labouz suscite même les applaudissements de la droite et de l'extrême-droite, chacun s'attribuant la primauté de ces propositions. "Je le réclamais déjà en 2008 mais à l'époque on me rappelait que l'insécurité n'était qu'un sentiment", s'enorgueillit Stéphane Ravier, le chef de file du Front national et conseiller sécurité de Marine Le Pen bien décidé à rappeler que l'original, c'est lui et la copie, c'est eux.

Monter en calibre

"J'ai déclaré il y a quelques semaines qu'il fallait recruter cent policiers par an. Soit six cents à la fin du prochain mandat dont la moitié en interne", détaille le secrétaire départemental de l'UMP et sénateur-maire des 4e et 5e arrondissements, Bruno Gilles.  À raison de "4 millions d'euros par an de budget pour une centaine d'agents supplémentaires", voilà une promesse à 42 millions d'euros, excusez du peu. Commentaire de ce dernier : "Vous savez, Estrosi, il peut se payer un hélicoptère pour sa police municipale, nous on ne peut pas".

La droite, aux manettes depuis 1995 et donc inévitablement renvoyée à son bilan, se réfugie derrière le prisme déformant des médias, le fameux "Marseille bashing" honni par le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin. Pour ceux qui trouveraient cela un peu court, les élus UMP renvoient "au pain sec et l'eau que nous réserve les autres collectivités depuis 2008". Mais le conseil général a remis la main à la poche au prix de quelques courbettes communes Guérini/Gaudin et les promesses repartent de plus belles. Désormais, les barrières idéologiques anciennement en cours ont largement sauté. Caselli prône une police municipale "armée", ce qui, en considérant que les bleus de la mairie ont déjà l'autorisation de se déplacer avec des flash balls, implique de monter en calibre. "Gaudin aussi a évolué sur cette questionrappelle Bruno Gilles. Si on veut une police municipale qui intervienne aussi le soir, la nuit, il faut qu'elle puisse disposer d'une arme létale."

Armée ou police montée ?

Dans ce beau consensus, même l'UMP modère ses alarmes quant à la politique du gouvernement. Si Guy Teissier ce mardi comme Valérie Boyer la semaine dernière se plaisent à interroger Manuel Valls sur la sécurité et l'avancée de ses promesses, les attaques de la droite se font modérées à l'Assemblée. Cette riposte graduée se vérifie y compris quand le ministre de l'Intérieur envoie en urgence des troupes supplémentaires et temporaires à Marseille, reproduisant les pratiques de la précédente majorité qu'il avait à l'époque critiquées.

Finalement, sur cette question, personne n'ose plus vraiment s'avancer. Alors, on se contente d'une formule ou d'une vague annonce, plus ou moins creuse et on entre dans ce que La Marseillaise du jour a qualifié de "marketing sécuritaire". Une discipline dont Samia Ghali a été une pionnière avec son désormais célèbre "l'armée dans les quartiers", booster médiatique autant qu'impasse politique. Patrick Mennucci veut qu'on s'attaque "aux acheteurs", Guy Teissier avec ses brigades de lutte contre le narco-trafic veut "faire taire la mélopée des kalachnikovs", Christophe Masse veut "terroriser les gangsters".  Gilles a aussi sa petite envie perso, une police montée pour surveiller les plages, "une au centre, une au Sud, une au Nord, ça impressionne". N'en jetez plus, tout le monde galope déjà.

Même les formations d'habitude les plus réticentes à jouer sur ce thème y vont désormais franchement. Difficile de rester en retrait quand l'actualité morbide ramène constamment Marseille à la une des journaux. Marie Batoux du parti de gauche renvoie sobrement le problème à la police nationale. Quant à Karim Zeribi, dont les positions antérieures en matière de sécurité ne lui ont pas valu que des amis au sein d'Europe écologie, il ne ménage toujours pas son camp :"C'est un problème pour une gauche complexée, laxiste, angélique, droit-de-l'hommiste. Il faut une gauche républicaine pour lutter contre le FN et la droite copéiste représentée ici par monsieur Teissier qui, s'il a soutenu Fillon à la présidence de l'UMP est plus proche de Copé au niveau des idées". Il faudrait qu'il en discute avec Michèle Poncet-Ramade et Sébastien Barles qui prônent la réouverture du débat sur la dépénalisation du cannabis.

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Commentaires

Pour illustrer la violence en PACA et le racisme anti-blanc, un fait divers sordide...
Quasi impunité pour les racailles.

http://www.laprovence.com/article/actualites/2269555/avignon-dans-un-fauteuil-a-vie-apres-une-agression.html

Écrit par : simianais | jeudi, 21 mars 2013

Si vous comptez sur ces guignols UMP et PS pour changer quoi que ce soit vous vois leurrez. Marseille mérite mieux que toute cette clique qui a échoué. Le seul élu qui fut bon a été Vignouroux a certains égards.

Écrit par : Lama | lundi, 25 mars 2013

Les commentaires sont fermés.