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lundi, 18 mars 2013

La pyromane qui se voulait Reine...

 

GOD SAVE SYLVIE

Marsactu 18/3/13

Le système Andrieux, "un incendie de 3 ans qui a consumé les fonds publics"

Le procureur Jean-Luc Blachon a fait son réquisitoire cet après-midi, après la plaidorie de Maître Gilles Gauer, avocat de la Région et partie civile dans le procès de la députée Sylvie Andrieux, soupçonnée de détournements de fonds publics. Vingt-quatre mois d'emprisonnement avec sursis et cinq ans d'inéligibilité sont requis.

Limitant ses effets de manche, le procureur Blachon a requis 24 mois de prison avec sursis contre la députée, impassible.

Limitant ses effets de manche, le procureur Blachon a requis 24 mois de prison avec sursis contre la députée, impassible.
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L'éloquence du procureur Jean-Luc Blachon n'est plus guère à démontrer. A la fin des quinze jours du procès de la députée socialiste Sylvie Andrieux, suspectée du détournement de 716 593 euros de fonds publics, l'assistance se souviendra assurément d'une formule choc. Celle adressée à l'un des prévenus, en référence au livre du journaliste Xavier Monnier,Marseille ma ville : "Etes-vous Riri, Fifi ou Loulou ?" ou encore la passe d'armes avec Sylvie Andrieux à propos du train de vie de Rolland Balalas.

L'humour, cette fois, n'était pas au coeur de son réquisitoire. Le procureur a d'abord salué la plaidoirie matinale de l'avocat de la Région, Gilles Gauer, "brillante et chirurgicale", avant de rappeler lui-aussi, que si le "clientélisme vient se loger dans le mobile et l'infraction, [...] ce n'est pas le procès du clientélisme mais bien celui des vingt-deux prévenus auxquels il est reproché des faits".

En écho à Me Gauer, qui évoquait "un procès de voyous avec des comportements de banditisme", Jean-Luc Blachon a d'abord rappelé la nature du système constitué de "deux mouvances, quinze associations fictives - aux objets sociaux souvent grotesques - entrées en possession de fonds entre 2006 et 2008", où "les escroqueries ne sont pas tombées du ciel mais résultent d'un projet de Boumediene Benamar et Benyoub Same". Un projet lui-même encouragé par "une organisation défaillante et une complicité", celle de Sylvie Andrieux, directement visée par Me Gauer le matin, qui a précisé que l'élue bénéficiait au moment des faits d'une délégation de pouvoir grâce à l'arrêté du 9 avril 2004.

En conséquence de cet arrêté, la vice-présidente disposait des mêmes pouvoirs que le président de Région, a estimé pour sa part l'avocat de l'institution. "Sylvie Andrieux devient chef de l'administration en matière de politique de la ville. En guise de reine d'Angleterre, elle exerce sacrément ses pouvoirs à tous les stades de la subvention. [...] Les subventions sont remises en contre-partie de l'aide électorale, c'est un pacte de corruption, voilà la forme moderne du clientélisme", a asséné Me Gilles Gauer tandis que sur son banc, l'élue restait impassible. Et à la fin de l'envoi, il touche :

Certes, ce n'est pas la reine d'Angleterre, c'est Dieu qui fait pleuvoir.

"Domestiquer l'électorat"

Tandis que sous les assauts verbaux, l'impunité réclamée par l'ex-vice présidente semblait partir en fumée, le procureur a poursuivi un réquisitoire sévère à travers une métaphore bien inspirée :"Ce dossier est un incendie de trois ans qui est venu consumer les fonds publics et l'institution régionale pour domestiquer l'électorat. Il n'est pas concevable que les fonds publics deviennent une monnaie d'échange entre les élus et les citoyens." A propos de la députée, il s'est fait sévère : "elle a passé outre les avis négatifs et les nombreuses alertes générales de ses collaborateurs"rappelant ses propos "je ne cèderai rien. La volonté politique prime. Je veux que les dossiers passent". Cette sévérité de ton s'est retrouvé dans ses réquisitions.

Jean-Luc Blachon a donc requis pour "la députée pyromane" 24 mois de prison avec sursis, 50 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité, tandis que pour Rolland Balalas, "un pion essentiel qui aidait au montage des dossiers frauduleux, un prévenu au centre névralgique", le parquet a requis 30 mois d'emprisonnement avec sursis et la privation pendant quatre ans de ses droits civiques. Pour Jean-Guillaume Lalange, directeur de l'aménagement du territoire à la collectivité, six mois de sursis et 5000 euros d'amende.

Sans surprise, Boumediene Benamar et Benyoub Same se sont vus requérir respectivement quatre ans de prison (avec un an de sursis), une privation de leurs droits civiques et l'interdiction de diriger une association. A la sortie de la salle d'audience, Sylvie Andrieux, aussitôt assaillie par une armée de caméras n'a pas desserré les lèvres, pincées autour d'un sourire ravalé. C'est à peine si son avocat Gérard Bismuth les a davantage entrouvertes, pour lancer un acide : "les réquisitions ne sont ni lourdes ni légères. Pour quelqu'un qui plaide innocent, elles sont injustes."Étayer la théorie du complot et de la femme à abattre, voilà visiblement la ligne de défense que les avocats de l'élue adopteront lors des plaidoiries à venir.

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