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jeudi, 14 mars 2013

La reine Sylvie a un pied sur l'échafaud...

Marseille : Sylvie Andrieux au pied du mur

 
MARSEILLE / PUBLIÉ LE JEUDI 14 MARS 2013 laprovence
 

À la veille de son grand oral judiciaire, la députée accablée par son ancien homme de confiance désormais handicapé.

 

Il a été un homme clé du PS marseillais. Il est le pivot de l'affaire Andrieux. Cheveux longs, barbe de quelques jours, look un peu hippie, Rolland Balalas, 48 ans, s'appuie sur sa canne pour rejoindre la barre. Victime le 17 mars 2010 d'un accident vasculaire cérébral, il ne peut quasiment plus parler.

Mais ce qu'il a lu des audiences passées l'ont poussé au tribunal. Avec ses maigres mots, il veut répondre aux accusations nouvelles portées contre lui. Contre avis médical, Rolland Balalas a créé la surprise, à la veille de l'interrogatoire de Sylvie Andrieux.

"On a dit que vous étiez l'organisateur" - "Les élus oui, moi, c'est impossible"

La présidente Christine Mée lui rappelle tout d'abord qu'il est jugé pour complicité des détournements de fonds publics reprochés à Sylvie Andrieux et complicité des escroqueries pour lesquelles comparaissent les responsables des associations fictives ayant été subventionnées par le Conseil régional. Avec un "non", il dément avoir été le grand artisan de la fraude, encore plus en avoir été bénéficiaire, comme l'a dit Boumédienne Benamar, le caïd de la Busserine.

"On a dit que vous étiez l'organisateur""C'est impossible, s'efforce-t-il à dire.Les élus oui, moi, c'est impossible." Il ne se souvient pas de tout et le tribunal"comprend cela". Il ne perçoit pas le sens des mots abstraits comme sulfureux, boulimie, rendement. Comme on s'adresserait à un étranger ne disposant que de quelques mots de français, Christine Mée reformule. Rolland Balalas raisonne, cela se sent. Et s'il tutoie le tribunal, c'est, précise son avocat Christian Méjan, en raison de la rééducation orthophonique.

"Tu veux faire le mariole ! Tu vas morfler"

La présidente lui demande : "Vous aviez peur de Benamar ?" Il répond : "Oui. Aujourd'hui j'ai pas peur, car mon enfant et mon AVC, c'est comme ça". Tout le monde comprend. Après sa mise en examen, il avait perdu un fils dans un accident puis avait été victime de son AVC. Dans une déposition, lue plus tôt, un cadre du groupe PS à la région avait raconté comment Benamar avait menacé Rolland Balalas pour une subvention bloquée. "Il s'adressait à Rolland Balalas de manière menaçante, lui disant : Tu veux faire le mariole ! Tu vas morfler !"Lorsqu'il dit qu'il n'a plus peur du caïd, son épouse, pas loin derrière lui, est envahie d'émotion.

Au résumé de ses dépositions dans lesquelles il expliquait que Sylvie Andrieux se moquait de l'usage de l'argent public et dépensait sans compter le budget de la politique régionale de la ville, il acquiesce. Lorsqu'on lui dit que 75 % de la ligne budgétaire de la politique de la ville allaient aux associations de la circonscription de l'élue, il confirme mais "compter, je ne sais pas".

"Nous n'accepterons pas ! C'est la première fois qu'on voit ça"

Privé d'une expression fluide, sa déposition résonne comme une estocade portée à l'élue. Alors que le prévenu butte sur les mots, Me Gérard Bismuth, avocat de l'élue, quitte ostensiblement la salle, estimant que Rolland Balalas est dans l'incapacité d'être interrogé. "Nous n'accepterons pas ! C'est la première fois qu'on voit ça", vitupère Me Pierre Haïk qui suit son confrère"Il comprend !" leur réplique doucement Séverine Balalas.

L'incident fait sortir la présidente de ses gonds : "Quand on brandit les grands principes du contradictoire, tout le monde y a droit. C'est scandaleux ! C'est honteux ces interventions". Le coup est difficile à encaisser dans le camp de la députée. Car ces accusations confirmées par un homme qui n'a plus d'intérêt à échafauder une quelconque stratégie de défense sont lourdes et savonnent la planche de la députée. Elle doit s'exprimer après sept audiences où elle a été condamnée au silence ou presque. Il lui faudra notamment expliquer quel intérêt aurait eu son ex-affidé à parler de clientélisme...

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