Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

jeudi, 07 mars 2013

Le Clos: la Police fait son travail. La Justice fera t'elle enfin le sien ?

Marseille : au "Clos", l'Etat reprend ses droits face aux trafiquants

 
MARSEILLE / PUBLIÉ LE JEUDI 07 MARS 2013 À 07H29
 

La police engage son opération de "reconquête" dans cette cité de la Rose marquée par le sang et les stupéfiants

 

Il tremble comme une feuille et fuit de son regard d'enfant la dizaine de policiers qui se sont massés devant l'entrée 41. L'adolescent est tombé avec un complice. Ils "tenaient" ce hall du Clos la Rose (13e) à Marseille, fréquenté par des dizaines, voire des centaines de consommateurs de Marseille et de la région, où des milliers d'euros circulaient chaque jour.

Un point de vente de résine de cannabis emblématique, où le sang a coulé, en novembre 2010. Le règlement de comptes qui avait coûté la vie à un garçon de 16 ans, a marqué le point de départ d'une longue série d'assassinats liés à la drogue et poussé les pouvoirs publics à mettre en oeuvre de lourds moyens pour freiner la criminalité. Depuis mardi, toute la cité est cernée. L'opération globale de reprise en main par l'État de cet ensemble HLM vient d'y être lancée, comme quatre autres précédemment, dans la zone de sécurité prioritaire.

Le garçon aux cheveux frisés en bataille a été arrêté dans un appartement squatté. Il y vendait de la drogue, en sortant furtivement dans la cage d'escalier, dont l'accès était bloqué par des barrières de chantier métalliques. "Ils utilisent ce système pour pouvoir se réfugier dans les appartements avant que nous les arrêtions", déplorait un fonctionnaire de la Sûreté départementale, sur place.

La locataire, d'abord utilisée comme une "nourrice", celle qui stocke la drogue, a finalement dû quitter son propre logement, il y a plusieurs mois. Les chefs du réseau l'y ont poussé après l'avoir forcée à partager son toit avec les dealers.

C'est donc là, au troisième étage de l'entrée 41 que battait le coeur de ce trafic, qui a causé la mort d'un jeune homme et entraîné toute une cité dans cette ambiance délétère, où la loi du silence s'est peu à peu imposée, malgré la résistance d'une poignée d'habitants.

Après l'interpellation, les enquêteurs continuent à fouiller. Ils n'ont pu pénétrer qu'après 20 minutes acharnées, à coups de bélier sur la porte blindée, posée par les trafiquants eux-mêmes. Les deux adolescents ont eu le temps de se débarrasser de la plupart de leur stock, par les toilettes. Mais dans la chambre, une fonctionnaire a trouvé une peluche. Une couture est défaite. 

Elle plonge sa main dans les entrailles de l'ours brun et ressort plusieurs dizaines de "barrettes" de shit. Dans ce capharnaüm indescriptible, l'odeur d'urine et d'aliments avariés donne la nausée. Une fois l'opération terminée, le bailleur a promis de déplacer les deux derniers locataires du 41 et d'entamer une rénovation complète de cette partie du "Clos", que les dealers s'étaient accaparés.

La cité est loin d'être dégradée. À côté du 41, fief gagné par la terreur, les autres halls restent propres et accueillants. Mais Fatima sait combien il a fallu lutter pour maintenir cette situation. "Je suis là depuis 38 ans. Depuis quelques années, les gens ont peur que les trafiquants entrent de force dans les appartements en cassant la porte. Cela s'est déjà passé, juste à côté. Un couple avec ses enfants. Les dealers, ils étaient chez eux. La famille a fini par partir. Nous, dès qu'il y a ce genre de problèmes, avec des voisins, on descend avec des matraques. Maintenant, ce que fait la police, c'est bien, mais on attend de voir un peu plus."

Le 41 est fermé. Mais d'autres halls pourraient bientôt être investis. Les CRS, arrivés hier, vont rester pendant plusieurs semaines pour tarir le trafic. Après ? Le trafic se sera déplacé, aura trouvé d'autres lieux plus accueillants. La guerre est loin d'être terminée.

Publié dans Blog | Commentaires (0) |  Facebook | | |

Les commentaires sont fermés.