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mardi, 05 mars 2013

L'effondrement c'est déjà maintenant !

Un record d'impopularité pour un président de la République

 

 publié le 04/03/2013 
François Hollande au Salon de l'agriculture, le 23 février.
François Hollande au Salon de l'agriculture, le 23 février. Crédits photo : MIGUEL MEDINA/AFP


INFOGRAPHIE - François Hollande enregistre une cote de confiance de seulement 30% après dix mois aux affaires. Même Nicolas Sarkozy n'avait pas fait pire.

Une impopularité record. Au mois de mars, la cote de confiance de François Hollande a enfoncé tous les niveaux. Il n'y a plus que 30 % des Français qui lui font encore confiance, soit le résultat, dans le baromètre TNS Sofres pourLe Figaro Magazine, le plus faible pour un président depuis 1981, dix mois après son élection.

Une tendance confirmée par tous les instituts de sondages où après un répit de courte de durée en raison de l'intervention au Mali, les courbes sont toutes reparties à la baisse. Jamais, avant Hollande, un président n'avait connu un tel niveau dans le baromètre TNS Sofres. Après dix mois de présidence, Nicolas Sarkozy conservait encore 37 % de Français qui lui faisaient confiance quand Jacques Chirac en obtenait 40 % en 1995 et François Mitterrand 58 % en 1981.

 

 

De fait, le décrochage du chef de l'État aura été très rapide. Dès le 3e mois, la tendance était inscrite avec en septembre une première cote d'alerte à 41 %, soit -14 points depuis son élection. Plusieurs phénomènes expliquent une telle rapidité dans la dégradation de son image. C'est tout d'abord la base électorale du candidat Hollande qui a commencé à s'effriter. Hollande n'a pas bénéficié d'un réel état de grâce. Les électeurs de droite ne lui ont jamais accordé leur confiance, ce qui explique son démarrage très moyen à 55 % en juin 2012 quand Mitterrand en 1981 partait de 74 % ou Sarkozy de 64 %.

Équations économique et personnelle

En mars, c'est chez les salariés du public que Hollande chute le plus lourdement (-18 points). Il perd 8 points chez les sympathisants PS, 15 chez les écologistes et 16 au Front de gauche. «On est rentré très tôt dans une polarisation de l'opinion, explique Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion de l'Ifop. Très tôt, le PCF s'est opposé au gouvernement. Le pacte de compétitivité, la réforme bancaire et le budget ont accéléré les clivages entre Hollande et la partie la plus à gauche de sa majorité. Pour cette gauche, le compte n'y est pas.»

La chute de popularité de François Hollande s'explique aussi à l'aune de deux grands registres: une situation économique désastreuse et une équation plus personnelle. La France est confrontée à la crise la plus grave depuis la Seconde Guerre mondiale avec un niveau de chômage proche de son record absolu. Or, les Français jugent la valeur et la compétence des politiques à leur capacité à faire baisser le chômage. Quand le chômage explose, difficile d'avoir une popularité en hausse.

Dernière explication: l'équation personnelle. Hollande a vite donné l'image d'un président indécis qui diffère les décisions difficiles. Ce trait de caractère a un temps été remis en cause grâce à l'intervention au Mali. Mais les promesses économiques martelées pendant des mois sur le déficit contenu à 3 % et un chômage inversé dès 2013 se sont effondrées devant le mur de la réalité. Du coup, les Français font payer au chef de l'État ce retour à la réalité. «Hollande a installé le doute dans l'opinion, affirme Fourquet. Les Français savent désormais que le déficit dépassera les 3 % et que la courbe du chômage ne s'inversera sans doute pas. Bien plus, les perspectives de sortie de crise sont quasi inexistantes.» Une spirale économique infernale s'enclenche, ce qui n'arrêtera sans doute pas de sitôt la chute d'une popularité en berne.

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