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samedi, 02 mars 2013

Marine au salon (de ce qu'il reste) de l'agriculture

Le Point.fr - Publié le 28/02/2013 

REPORTAGE. La présidente du FN ne compte pas ses efforts pour séduire le monde agricole, traditionnellement ancré à droite.

Marine le Pen et Gilbert Collard au Salon de l'agriculture jeudi 28 février.Marine le Pen et Gilbert Collard au Salon de l'agriculture jeudi 28 février. © Kenzo Tribouillard / AFPPar 

"Regarde ! C'est Marine !" Ce couple de retraités parisiens ne boude pas son plaisir en apercevant la présidente du FN Marine Le Pen déambuler dans les allées du Salon de l'agriculture. Après avoir joué des coudes dans la nuée de cameramen et de photographes, ils réussissent à prendre une photo de celle qu'ils appellent tout simplement "Marine" et l'envoient à leur fille. "Ça lui fera plaisir", commentent-ils gaiement. Jeudi, pendant plus de quatre heures, l'ancienne candidate à l'Élysée a pris son temps dans la plus grande ferme du monde.

 

Les visiteurs l'interpellent facilement et s'agglutinent pour essayer de lui serrer la main. Marine Le Pen, d'humeur joyeuse, joue le jeu. Après avoir caressé Aronde, une grosse vache normande âgée de 7 ans, elle prend par l'épaule une dame prénommée Joëlle et toutes deux posent pour la photo. Un peu plus loin, dans la partie du salon consacrée aux chalets en bois et à l'outillage, Marine Le Pen est interpellée par un homme qui tient un stand : "Allez-y, Marine Le Pen ! Faites le tri en France ! On en a marre de payer pour ceux qui ne foutent rien !" Un vieux routier du FN, chargé du service de sécurité, n'en croit toujours pas ses yeux et ses oreilles : "Et dire que quand c'était l'ancien [Jean-Marie Le Pen, NDLR], on se faisait cracher dessus !" Quelques instants plus tard, la visite se corse : des lycéens et des étudiants lancent des insultes. Mais cette dernière, entourée de conseillers, n'a probablement rien entendu. "Franchement, elle est dangereuse pour la France. D'autant plus que la plupart des gens la trouvent sympa et l'appellent Marine. Cela banalise le FN, alors qu'elle est comme son père", s'agace Emma, âgée de 19 ans. 

Une gorgée de bière

Accompagnée du vice-président Louis Aliot, des deux députés Gilbert Collard et Marion Maréchal-Le Pen ainsi que de quelques conseillers, Marine Le Pen avale goulûment carottes et fruits et se désaltère avec de la bière. "Elle est super bonne !" s'exclame la députée européenne en passant son verre à Gilbert Collard. Au stand des brasseurs, elle livre son point de vue sur les débats qui agitent le monde agricole, comme celui de la traçabilité de la viande après le scandale de la viande de cheval vendue pour du boeuf. "Il faut lutter contre les grandes industries agroalimentaires qui, en accord avec la Commission européenne et l'OMC, refusent cet étiquetage. Ils mettent en place une opacité pour que les Français ne sachent pas ce qu'ils mangent. Agriculteurs et éleveurs doivent exiger l'étiquetage de la viande, car les consommateurs ont le droit de savoir ce qu'ils mangent", juge-t-elle. Et de fustiger l'accord de libre-échange conclu entre l'Union européenne et le Maroc et celui qui pourrait être signé dans les prochains mois avec les États-Unis. "Ces accords posent des problèmes de sécurité alimentaire et de concurrence déloyale. L'agriculture française ne peut pas survivre si on la met en concurrence déloyale", note Marine Le Pen. 

Des divergences sur l'UE

Bref, la présidente du FN fait le maximum pour séduire le monde agricole, un milieu ancré traditionnellement à droite, mais pas à l'extrême droite. Elle ne manque jamais une occasion de rencontrer les professionnels du secteur : elle était au Salon de l'élevage à l'automne dernier et, pendant la campagne présidentielle, elle a réalisé la majorité de ses déplacements dans des campagnes ou des petites communes qui forment, dit-elle, "le coeur de la France qui souffre". 

"Le FN aspire à être le premier parti des agriculteurs", explique un conseiller de Marine Le Pen. Mais c'est loin d'être gagné, rétorque-t-on à l'UMP, notamment à cause du positionnement frontiste contre la politique agricole commune (Pac). Dans son projet présidentiel, Marine Le Pen proposait d'abandonner la Pac au profit de la politique agricole française (Paf), ce qui équivaudrait à une "nationalisation de la Pac". Commentaire de Paul, agriculteur en Haute-Loire : "La Pac nous aide à vivre. Contrairement à d'autres métiers, l'agriculteur est confronté à l'Europe chaque jour." Son collègue renchérit : "Étant donné les prises de positions eurosceptiques du FN, je pense que le vote Le Pen dans le milieu agricole reste un vote protestataire, et non un vote d'adhésion." 

En attendant, les efforts de Marine Le Pen semblent payer, au moins dans les sondages. Dans le baromètre Ipsos-Le Point du mois de février, 38,3 % des agriculteurs émettaient une opinion favorable sur l'action de la présidente du FN (contre 26,3 % pour François Fillon, 19,8 % pour Jean-François Copé et 8,9 % pour le président Hollande).

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