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dimanche, 20 janvier 2013

La République à jamais souillée par son régicide !

Le Point.fr - Publié le 20/01/2013 

Une cinquantaine de messes vont être données dans tout le pays pour rendre hommage au roi guillotiné le 21 janvier 1793 par les révolutionnaires.

La statue hommage à Louis XVI à la basilique Sainte-Denis.

La statue hommage à Louis XVI à la basilique Sainte-Denis. © SONNET Sylvain / hemis.fr


21 janvier 1793, 10 h 15, Louis XVI se présente devant l'échafaud dressé sur la place de la Révolution - rebaptisée depuis Concorde. Les bois de supplice tournent le dos aux Champs-Élysées et font face aux Tuileries, pour que Louis Capet meure en contemplant une dernière fois le palais de ses aïeux. Après une ultime prière avec son confesseur, il quitte son habit et tente vainement de protester, alors qu'on lui demande de tendre ses mains pour qu'on les lie. Son regard se porte sur la place où plusieurs milliers d'hommes se pressent en armes, au son des tambours. Très peu de Parisiens assistent à l'exécution, sauf ceux qui ont pu se glisser entre les régiments ou en suivant la voiture du condamné... 

On craint un coup de force des royalistes, un enlèvement, un coup d'éclat, le bourreau Sanson porte même son sabre et ses pistolets tellement la tension est extrême dans la capitale. Le roi joue des coudes pour s'approcher de la foule, crie pour tenter de couvrir les tambours qui roulent sans discontinuer. "Peuple, je meurs innocent !" Puis se retourne devant les bourreaux qui l'empoignent déjà : "Je pardonne aux auteurs de ma mort, je prie pour que mon sang puisse cimenter le bonheur des Français !" Il est vivement ligoté sur la bascule et pousse un cri affreux lorsque sa tête se porte vers la lunette. Mais selon les témoins, il reçoit mal le couperet, si bien que la tête tient encore : "Il eut l'occiput et la mâchoire horriblement coupés." Détail macabre, les exécuteurs sont obligés de peser sur le fer pour la faire tomber. Il est 10 h 22, tout est achevé. Discrètement, le bourreau Sanson récupère la lame, qu'il ne réutilisera jamais, et, selon sa femme, commande secrètement une messe expiatoire.

Hommage aux flambeaux 

Deux cent vingt ans plus tard, le fantôme de Louis XVI n'en finit plus de hanter la République. Ce 21 janvier 2013 - un lundi également -, pas moins d'une cinquantaine de messes commémoratives seront données sur tout le territoire, et même au-delà, puisqu'en Belgique trois offices sont prévus, dont un dans la cathédrale de Tournai. Les grandes villes de France célébreront presque toutes la date anniversaire : Marseille, Lyon, Bordeaux, Mulhouse, mais aussi Nice, Amiens, Nancy, Strasbourg, Rennes... 

À Versailles, une célébration d'action de grâce est prévue le 19 janvier dans la cathédrale Saint-Louis, présidée par le duc d'Anjou, l'aîné des Bourbon, champion des monarchistes légitimistes. Deux jours plus tard, le comte de Paris, chef de la maison d'Orléans et également prétendant au trône de France, priera sous les voûtes de l'église Saint-Germain-l'Auxerrois, l'ancienne paroisse des souverains, située face au Louvre, "pour faire de ce jour de deuil un jour d'espérance pour tous les peuples de France". Enfin le mouvement monarchiste de l'Action française organisera son rassemblement aux flambeaux vers l'église de la Madeleine, une manifestation qui attire chaque année environ 300 personnes.

Enterré la tête entre les jambes

Qui brave encore les frimas de l'hiver pour une cause que beaucoup considèrent comme passéiste ? Des monarchistes convaincus, bien sûr, ces irréductibles de la couronne qui espèrent toujours le retour d'un roi ; des catholiques pratiquants, conservateurs ou traditionalistes (beaucoup de cérémonies se déroulent en rite ancien, dit tridentin) ; mais aussi des nostalgiques de l'Ancien Régime, des membres de groupuscules extrémistes... Une famille très composite, qui se situe à droite et qui refuse que soit oubliée la mémoire du souverain. "Louis XVI était finalement le roi de France qui méritait le moins ce sort funeste, explique Olivier Perceval, secrétaire général de l'Action française. Nous pensons que la France est orpheline : il faut témoigner de l'importance de ce personnage et rappeler que notre histoire ne commence pas à la Révolution."

À la basilique Saint-Denis, l'hommage de ce 21 janvier aura encore plus de poids : c'est en effet ici que se trouvent les restes de Louis XVI, rapatriés par les Bourbon lors de leur retour sur le trône à la chute de Napoléon Ier. En 1815, Louis XVIII décide en effet d'offrir à son frère des funérailles dignes de son rang et fait ouvrir sa tombe dans l'ancien cimetière de la Madeleine, aujourd'hui square Louis-XVI, à l'angle de la rue d'Anjou et du boulevard Haussmann. Pendant vingt-deux ans, les os du souverain ont blanchi au fond d'une fosse de 22 pieds, pour qu'aucun royaliste n'ait l'idée de le déterrer. Le corps du roi avait été déposé au fond d'un cercueil sans couvercle, la tête entre les jambes, le tout recouvert promptement de terre et de chaux, sans cérémonie particulière si ce n'est la rapide prière des morts. 

En 1815, on retrouve quelques morceaux d'un squelette, avec une tête entre les fémurs. À quelques mètres, la même disposition avec un squelette de femme : celui de Marie-Antoinette, qui avait rejoint son époux dans la mort neuf mois plus tard, en octobre 1793. Leurs restes reposent désormais dans la crypte de la basilique de Saint-Denis, où le mémorial de France fait célébrer des messes perpétuelles à la mémoire des souverains décapités, et ce depuis presque cent ans.

Publié dans Blog | Commentaires (7) |  Facebook | | |

Commentaires

Merci Stéphane pour cette note remarquable et si juste.

Écrit par : Victoire | lundi, 21 janvier 2013

Un article sur le prénom "Mohamed" le plus donné dans le Gard me fait penser que cela fait plusieurs années que je n'ai vu paraître le palmarès des prénoms donnés à Marseille. Je crains fort qu'il s'agisse de censure préventive, les résultats n'étant point douteux !
http://www.bvoltaire.fr/gabriellecluzel/mohamed-prenom-star-dans-le-gard,9360

Écrit par : simianais | lundi, 21 janvier 2013

Je conseille à tous ceux que cela intéresse la biographie de Louis XVI de JC Petitfils. Un ouvrage très dense mais qui fait percevoir le destin inéluctable du personnage ainsi que toute la complexité des évènements qu'il a eu à affronter.
Pour Marie-Antoinette, la biographie de Stéphane ZWEIG est un monument incontournable au style inégalable. Un passionné d'Histoire ne peut l'éviter.
Pour l'anecdote, c'est Fouché, le régicide, qui a permis le second retour du propre frère de Louis XVI en 1815. Mais Louis XVIII avait, au temps où il portait le titre de Comte de Provence, comploté à la perte de son frère, le Roi. Pas joli-joli !

Écrit par : simianais | lundi, 21 janvier 2013

j essaierai de me procurer ces deux livres merci pour ces infos

Écrit par : mocaer | mardi, 22 janvier 2013

Retour sur l article concernant l etete (le ciment devait être de mauvaise qualité

Écrit par : mocaer | mardi, 22 janvier 2013

Merci, Stéphane. Oui, la France est à jamais souillée par son régicide... N'oublions pas l'assassinat de la reine Marie-Antoinette, un acte aussi horrible, ni la mort du malheureux Dauphin de France, 8 ans, mort de faim et de maltraitance dans la solitude de la prison du Temple. De ces crimes contre une famille, la famille royale innocente, la France ne s'est jamais relevée. On voit aujourd'hui le résultat, 22O ans après ces abominations que n'ont pas commises les autres royaumes d'Europe. Sauf la Russie impériale...

Écrit par : Gaëlle Mann | mardi, 22 janvier 2013

A la lecture de cet article,il semblerait que l'on vous laisse penser a l'exécution par le peuple d'un chef d'état en fonction si l'on continue a agir contre le peuple de France ??

Écrit par : Segond | mardi, 22 janvier 2013

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