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vendredi, 28 décembre 2012

Mais c'est qu'ils nous feraient presque de la peine...

Les ministres dépriment à l'épreuve de la crise

 

Par Solenn de Royer lefigaro.fr publié le 26/12/2012 
Jean-Marc Ayrault, jugé tantôt insuffisamment autoritaire, tantôt trop cassant et expéditif.
Jean-Marc Ayrault, jugé tantôt insuffisamment autoritaire, tantôt trop cassant et expéditif. Crédits photo : FRED DUFOUR/AFP


Au sein du gouvernement, ils sont nombreux à juger que l'équipe Ayrault manque de cohésion et de liant.

Morne plaine pour la gauche au pouvoir. François Hollande l'a dit et le répétera le soir de ses vœux aux Français: l'année 2012 a été éprouvante mais ce n'est pas fini ; l'année 2013, avec une croissance quasi nulle et une hausse du chômage, sera «difficile». Soucieux, le président a demandé à son équipe de rester mobilisée entre Noël et le jour de l'An. Le chef de l'État, qui ne prend pas de vacances, reçoit ces jours-ci plusieurs ministres, pour faire le point et préparer un séminaire de travail sur la situation économique, prévu le 4 janvier. Mercredi, il a vu Michel Sapin. Ce sera le tour vendredi de Pierre Moscovici et Jean-Yves Le Drian. «Le président est exigeant, note un ministre. Quand on le voit, il nous presse: “tu en es où, tu vas où, tel projet, c'est pour quand?” Il est très concentré.»

Mais, confrontée à l'épreuve d'une situation économique et sociale délicate, affaiblie par plusieurs épisodes récents (dossier ArcelorMittal à Florange,affaire Cahuzac), l'équipe gouvernementale semble s'essouffler. «Il y a une déprime des ministres, reconnaît l'un d'eux. Ils se demandent parfois pourquoi ils sont là.» «Le climat n'est vraiment pas bon, constate, lui aussi, le député PS Christophe Caresche. Ça manque de liant. C'est étrange: on devrait être contents d'être revenus au pouvoir, même si la situation est difficile! On s'attendait à un climat plus positif, plus enthousiaste. Il manque un esprit collectif.»

«Il n'y pas de lieu où l'on peut échanger»

Le ministre hollandais Kader Arif (Anciens combattants) avait été l'un des premiers à alerter François Hollande sur la nécessité d'organiser une plate-forme d'échanges moins formelle que le Conseil des ministres. Des mois plus tard, la situation reste inchangée, et beaucoup s'en plaignent. «Nous avons besoin collectivement de faire un peu de politique, de ne pas se laisser enfermer dans nos dossiers», note un ministre. «Il n'y pas de lieu où l'on peut échanger, seulement de l'interministériel très formel», regrette un autre.

Dans la majorité, ils sont de plus en plus nombreux à regretter l'époque Jospin (1997-2002). «Ce qu'on vit aujourd'hui n'a pas grand-chose à voir avec 1997, déplore un député PS. Je me souviens d'une équipe gouvernementale soudée. Ils avaient plaisir à travailler ensemble, même s'il y avait des anicroches. Les élus étaient consultés. On participait à une aventure! Aujourd'hui, le climat manque de convivialité.» Des témoins de cette «époque bénie» pour la gauche racontent comment le chef du gouvernement animait son équipe: «Il y avait une réunion à Matignon tous les quinze jours, les ministres y allaient seuls, sans collaborateurs, note un ancien. On mettait plusieurs sujets sur la table. Les ministres pouvaient parler de sujets qui ne les concernaient pas.»

Le petit déjeuner de la majorité, qui se tenait chaque semaine à Matignon, était parfois élargi pour aborder un dossier sensible. Et, une fois par mois, un petit déjeuner thématique s'organisait autour d'un sujet épineux ou d'un projet de loi. «Ces lieux d'échanges, hors Conseil des ministres, les ministres les réclament, note un conseiller ministériel. Dans une affaire comme ArcelorMittal, un lieu de concertation politique n'aurait pas été inutile.» Autant de critiques en creux de Jean-Marc Ayrault, qui se voit reprocher tour à tour d'avoir trop peu d'autorité, ou de se montrer cassant et expéditif. «En plus de la déprime, tout le monde pense qu'il pourrait être premier ministre à la place du premier ministre», s'esclaffe un ministre.

«Les ministres ne sont pas des robots»

Face à ces manques, certains ont décidé de s'organiser. La «bande des 4» (Pierre Moscovici, Stéphane Le Foll, Manuel Valls, Vincent Peillon), qui s'était constituée en vue du congrès PS de Toulouse, n'a pas l'intention de désarmer. Une autre «bande des 4» a vu le jour depuis, groupant Cécile Duflot, Kader Arif, Benoît Hamon et Christiane Taubira, qui déjeunent ensemble régulièrement. «Il y a de vrais sujets politiques qui nous rassemblent», confie l'un d'eux.

À l'Élysée, on relativise le blues de l'équipe: «Il y a des hauts et des bas dans l'équipe gouvernementale, collectivement et chez chacun de ses membres. C'est le propre de chaque aventure humaine. Les ministres ne sont pas des robots. À un moment donné, ça fait du bien de prendre quelques jours de congés.» Avant un remaniement d'hiver? Ce proche du chef de l'État botte en touche: «Un remaniement, c'est comme une dévaluation: ce sont des choses à faire mais il ne faut surtout pas en parler. Car l'effet de surprise compte autant que le remaniement lui-même.»

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Commentaires

Ils déprime devant les caméras. Pas devant leur portefeuilles

Écrit par : pierlot | vendredi, 28 décembre 2012

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