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mercredi, 19 décembre 2012

Hollande comme Sarkozy, le Président au service de la finance

Marine Le Pen attaque Hollande

sur sa gauche

Par Guillaume Perrault lefigaro.frMis à jour le 14/12/2012 
Marine Le Pen lors de sa conférence de presse, vendredi, à Nanterre.
Marine Le Pen lors de sa conférence de presse, vendredi, à Nanterre. Crédits photo : CHAMUSSY/SIPA/SIPA


L'ex-candidate à l'Élysée accuse le président d'être «dévoré» par la finance.

«Marine Le Pen va être à la pointe de la radicalité populaire dans les mois à venir», pronostiquait François Hollande à ses proches la semaine dernière, après l'avoir reçue à l'Élysée dans le cadre de consultations sur la rénovation de la vie politique. De fait, la présidente du Front national a, ces jours-ci, les accents d'un Georges Marchais réclamant une lutte à mort contre «les puissances d'argent».

Vendredi, lors d'une conférence de presse au siège de son parti, Marine Le Pen a accusé le président de la République d'avoir cédé à «la grande finance» dans l'affaire de Florange. «Le 22 janvier dernier, en pleine campagne électorale au Bourget, le candidat Hollande déclarait que son véritable adversaire, c'était le monde de la finance, a lancé la patronne de l'extrême droite. Nous savons maintenant, avec Florange, que c'est la finance qui a dévoré le président Hollande», a-t-elle ironisé.

La présidente du FN a réclamé une fois encore la «nationalisation temporaire» de Florange. «Cette piste a été écartée par le pouvoir parce qu'il a refusé d'effectuer le bras de fer avec les puissances d'argent et la grande finance», a tonné Marine Le Pen. Cette affaire sera «le trou noir de ce quinquennat», a-t-elle affirmé. Le feuilleton de Florange «aura avalé toutes les promesses de campagnes, englouti Montebourg et son volontarisme de campagne» de même que «les dernières espérances de nos compatriotes».

Rupture avec le discours des années 1980 et 1990

Une des rares mesures de François Hollande qui trouve grâce aux yeux de Marine Le Pen est l'alourdissement de l'impôt sur le revenu avec la création d'une tranche d'imposition à 45 %. Elle a aussi approuvé le tour de vis en matière d'ISF. Des décisions qui, à l'en croire, «vont dans le bon sens». On mesure, sur ce plan, la rupture avec le discours du FN des années 1980 et 1990, influencé par l'exemple de Ronald Reagan et très hostile au «fiscalisme».

Marine Le Pen a ensuite préconisé une «réindustrialisation» par «la protection ciblée aux frontières, la reprise en main de l'arme monétaire et le patriotisme économique».

L'élection législative partielle de Béziers a été, pour le FN, une déconvenue. L'extrême droite n'a pas tiré de profit électoral de la crise qui affecte l'UMP. Le parti de la droite modérée a conservé son statut de principal opposant à la gauche (nos éditions du 11 décembre).

Aussi Marine Le Pen, dont le recours contre l'élection de son adversaire PS en juin à Hénin-Beaumont a été rejeté, souhaite-t-elle tourner la page des partielles et mettre le cap sur les municipales de 2014. La présidente du FN veut croire que, lors de ce scrutin, son parti réussira à se doter de l'enracinement local qui lui a toujours fait défaut.

«Après le rejet de Nicolas Sarkozy, on observe une impopularité de François Hollande, argumente Nicolas Bay, secrétaire national aux fédérations. Nous pouvons attirer les déçus des deux camps, qui ont été successivement désavoués dans un délai assez court», veut-il croire. «Des hésitants viennent nous dire: “On va essayer Marine, on n'a plus rien à perdre”», soutient Julien Sanchez, conseiller régional FN de Languedoc-Roussillon.

Au second tour des législatives de 2012, selon une étude de l'Ifop, le FN a dépassé la barre des 43 % dans 51 communes de plus de 4 000 habitants, dont quelques villes de plus de 20 000 âmes.

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