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dimanche, 02 décembre 2012

Vote interne: L'UMP de B. Gilles à l'image du PS de Guérini ?

POLITIQUE

PAR PROCURATION

MARSACtu

Les Bouches-du-Rhône, révélateur du bourbier électoral de l'UMP

Les militants et élus locaux ont suivi à distance la crise de leur parti et géré les soupçons de fraudes ou du moins d'arrangement avec la règle. Pendant ce temps, certains rendent leur carte.

Merci à Simianais

Jean-François Copé lors de son meeting de campagne à Marseille

Jean-François Copé lors de son meeting de campagne à Marseille
MarsActu/Jean-Marie Leforestier

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"On dit toujours à Marseille ceci, à Marseille cela... Pour la première fois, le scrutin s'est déroulé de manière claire dans le département", se félicitait un copéiste au soir de l'élection. Et puis patatras... Dans la semaine, le camp Fillon a doucement amené sur la table son lot de triches supposées, à tout le moins d'arrangements avec la règle électorale, présentant à l'occasion - et certainement de manière un peu exagérée - les Bouches-du-Rhône comme l'équivalent dans la fraude chez Jean-François Copé des Alpes-maritimes chez François Fillon. Inquiétant à l'heure où l'UMP s'achemine cahin-caha vers un nouveau vote national.

Dans l'urgence liée à l'imminence de la décision de la Cocoe, les partisans de l'ancien premier ministre avaient un peu cafouillé la rédaction de leurs griefs concernant la Ciotat. Face à la Commission nationale des recours (CNR), ils ont tenté de rattraper le coup en précisant que l'huissier était "arrivé très tard dans l'après-midi" de dimanche. Ils ont aussi persisté concernant le nombre particulièrement important de procurations pour certaines distribuées dans la rue, - un quart des 645 votes dans la circonscription de Bernard Deflesselles - reprenant ainsi un argument développé par Jean-François Copé dans son mémoire adressé à la CNR.

Les procurations au cœur du problème

La question des procurations aura motivé l'ensemble des recours au niveau local. Châteaurenard, Istres et Arles figurent dans le collimateur. Dans la quinzième circonscription où le député Bernard Reynès peut compter sur un bon millier de militants, les fillonistes ont constaté des signatures sur les procurations, différentes de celles figurant sur les pièces d'identité.

Pourtant, un filloniste tempère : "On l'a un peu tous fait l'histoire des procurations, c'est difficile de le contester... On ajoute les noms". "Sur les procurations, confie à son tour Bruno Gilles, secrétaire départemental et copéiste, honnêtement, y en a 98 % qui sont des vraies procurations et y en a 2 %, bon, ben, on les fait comme ça, ce sont des gens qui veulent voter Copé et nous, on les donne à quelqu'un que l'on connaît et qui votera Copé."

De manière plus générale, c'est la désorganisation de ce vote qui a le plus gêné les militants."Dans les files d'attente, les gens ont attendu parfois plus d'une heure, ils arrivaient et en avaient tellement marre qu'ils repartaient sans signer. En plus, il y avait trois votes : la charte éthique, les motions et le président. Les personnes âgées, par exemple, étaient complètement perdues", détaillle une présidente de bureau filloniste. Cette désorganisation, cet amateurisme dans une formation qui n'a pas la culture des votes internes, trouve sa parfaite illustration dans l'affaire des post-it voyageurs entre Istres et Arles, révélée par Libération.

En cause, des listings que l'UMP n'avait pas pris la peine de mettre à jour. Électeurs de la 13e circonscription, les militants du canton d'Istres-sud se sont retrouvés inscrits à Arles dans la seizième circonscription et se sont donc cassé le nez dimanche en arrivant à Port-de-Bouc au bureau de la 13e. Forcément, certains parmi la centaine de militants concernée n'avaient pas forcément envie de passer leur dimanche en voiture pour aller voter.

"Ils ont fait leur petite affaire"

Ni une, ni deux, une solution de repli est "bricolée" par la représentante de Copé, Michèle Vasserot et son homologue filloniste, Vincent Goyet. Ceux qui ne souhaiteront pas aller à Arles pourront remplir des procurations en blanc en indiquant sur un post-it collé sur le papier leur choix : tant pis pour le secret du vote. "Certains allaient en Arles, d'autres pas. Ils ont fait leur petite affaire et voilà", raconte Michèle Vasserot. Vincent Goyet explique la méthode - sommaire - de sélection des messagers : "Quand quelqu'un disait qu'il se rendait à Arles, on lui proposait d'amener les procurations." Des mandats entreposés à l'arrière de la voiture et ensuite distribués selon les affinités déclarées de chacun.

Au total, une quinzaine de personnes auraient voté sur ce biais. Avec des écarts serrés, ça compte surtout quand le camp Fillon estime dans son document de contestation que des post-it auraient été remplacés au profit de Jean-François Copé. "À un moment, j'ai vu le directeur de cabinet de Roland Chassain [ndlr, maire des saintes-Maries-de-la-Mer et soutien de Copé]revenir avec six ou sept procurations dans la main, je ne peux pas dire qui les lui a amenés ni s'il a changé des post-it", explique la présidente de bureau filloniste Sandrine Raynard qui n'a rien vu ni consigné sur le procès-verbal d'anormal.

Tous les acteurs de cette histoire tombent des nues face à l'engouement médiatique autour de l'histoire : "ce sont des choses qui nous dépassent un peu", constate Sandrine Raynard. Une autre histoire est elle en revanche bien palpable : le dégoût des adhérents relaté par l'ensemble des responsables, petits et gros, que nous avons contactés. "Les retours de carte, c'est difficile à chiffrer mais il y en a un certain nombre qui reviennent, que ce soit dans les circonscriptions ou à la fédération", regrette Bruno Gilles qui, comme le maire de Marseille, a admis son "dégoût" face à la crise que traverse son parti. "Halte au feu, essayons de retrouver l'envie de chasser en meute", nous disait-il lundi avec en ligne de mire François Hollande. C'était avant que l'hypothèse d'un nouveau vote soit envisagée par Nicolas Sarkozy. "Sans procuration et avec des listes à jour", réclamait Guy Teissier, la semaine dernière.

Par Jean-Marie Leforestier, le 29 novembre 2012

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