Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mardi, 27 novembre 2012

Quand la Présidente de la confédération des CIQ de Marseille parle comme Stéphane RAVIER...

«À Marseille, il faut une volonté politique forte»

Par Aliette de Broqua  lefigaro.frpublié le 26/11/2012 
Le bar où a été commis le meurtre, lundi, à Marseille.
Le bar où a été commis le meurtre, lundi, à Marseille. Crédits photo : PHILIPPE LAURENSON/REUTERS


INTERVIEW - Monique Cordier, présidente de la Confédération des comités d'intérêt de quartier de Marseille, veut de «vraies mesures» pour lutter contre la vague de violences meurtrières.

LE FIGARO. - Que pensez-vous du nouveau meurtre commis dans un quartier du sud de la ville, plus calme normalement que ceux du nord?

Monique CORDIER. - Il n'y a pas de quartiers calmes à Marseille quand il y a des cités difficiles à proximité, comme celles de La Soude ou de La Cayolle, dans le IXe arrondissement, où vient d'intervenir ce nouveau meurtre. Chaque arrondissement a ses cités difficiles même si il y a une concentration plus forte dans les quartiers nord. Cet été, j'avais réagi quand Manuel Valls n'avait classé que les quartiers nord dans les ZSP. Michelle Alliot-Marie, quand elle avait créé les unités territoriales de quartier, en avait prévu trois à Marseille, dont une dans le IXe.

Au sud, il y a une autre forme de délinquance, plus violente, des agressions à la personne, des home jackings, car jackings…

C'est le 25e meurtre depuis le début de l'année. Comment expliquez-vous cette flambée de violence?

Comme on met la pression sur les quartiers nord et le centre, la délinquance se déplace. Le gâteau de la drogue est juteux mais ceux qui veulent en profiter sont trop nombreux, alors il y a des règlements de comptes et des luttes de territoire.

Il doit y avoir 200 personnes nuisibles à Marseille. Ce sont des multirécidivistes identifiables et identifiés. Si on mettait tous les moyens, on pourrait s'en débarrasser. Mais il faut une volonté politique. Il suffit de se promener dans la ville pour se rendre compte qu'il y a le plus grand parc de voitures de luxe. On a laissé faire pour s'assurer la paix sociale et parce que ça fait tourner le commerce.

Les renforts de police sont arrivés lundi matin. Cela vous semble-t-il suffisant?

Non, il faudrait 500 policiers de plus et des moyens. Les gilets pare-balles ne sont pas efficaces contre les kalachnikovs. Il faut surtout une coordination de tous les services - police, brigade financière, stup, impôts, douanes, CAF - et s'attaquer aux signes extérieurs de richesse. On a besoin de vraies mesures.

Le problème est qu'il y a une nouvelle génération de jeunes déscolarisés, illettrés, acculturés, qui n'ont plus aucune valeur. Ils viennent de familles déstructurées où le père, souvent, n'est même pas résident en France. Ils n'ont eu que l'exemple d'autres jeunes qui gagnent beaucoup d'argent en faisant le gué dans les cités, en servant de nourrices pour les dealers, puis en participant aux trafics. Ils n'ont plus aucun frein et tuent pour 20 euros! Si on n'éradique pas cette gangrène, comme on est dans une période de crise, elle va se propager et les gens «normaux» vont déserter la ville…

Publié dans Blog | Commentaires (0) |  Facebook | | |

Les commentaires sont fermés.