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dimanche, 25 novembre 2012

Le foot ? ça peut remporter beaucoup, jusqu'à trois...ans de prison !

Marseille : trois ans de prison pour un trafic d'enfants footballeurs

 


Le pseudo-agent de joueurs "investissait" sur le talent de jeunes malgaches

Publié le vendredi 23 novembre 2012 laprovence

 

Il a fait un pari financier sur ces enfants. Si ça marche pour un seul, bingo, c'est le pactole. L'objectif, c'est la ligue 1, transfert, money..." Le procureur Damien Martinelli résume ainsi la petite entreprise d'Ali Mohamed, 45 ans, un pseudo-agent de joueurs malgaches, condamné, hier à cinq ans de prison dont deux ans avec sursis.

Au club Ajesaia d'Antananarive, "Jo" recrutait des enfants sur les terrains. Les petits footballeurs prometteurs étaient invités à un tournoi mondial pupille, près de Quimper, ce qui permettait d'obtenir des visas . Une fois en France, cette douzaine de recrues âgées de 9 à 13 ans, était prise en charge par des tuteurs, notamment la tante d'Ali Mohamed à La Busserine. Elle a accueilli sept enfants.

Des jugements apparemment faux parvenaient ensuite d'Antananarive accordant une délégation d'autorité parentale aux tuteurs. Les garçonnets étaient scolarisés, notamment au collège Edmond-Rostand, et inscrits dans des clubs de la région marseillaise, principalement le SC Air Bel. Avec pour objectif de décrocher des contrats de joueur aspirant dans des clubs de prestige comme l'OGC Nice, l'ASS Le Havre Athlétic Club, le FC Istres...

Le 15 décembre 2009, la Ligue de la Méditerranée de football dénonce au procureur ce qui pourrait bien être "un trafic pour des raisons pécuniaires". Les terrains de football français sont aux yeux des parents des enfants de nouveaux Eldorados. L'un est fils de taxi-brousse, l'autre d'éleveur de bovins.

"Marchandisation"

Un agent de joueurs ayant concouru au recrutement des jeunes Malgaches a détaillé la méthode d'Ali Mohamed : "Il arrive avec un sac de riz et une caisse de poulets..." Le prévenu, détenu depuis quatorze mois, se défend d'avoir "spéculé" sur la carrière de gamins : "Le but, c'était de faire progresser le football malgache au niveau des autres pays africains". Aucun des jeunes footballeurs n'a évoqué de mauvais traitements.

Les uns voyageaient pourtant seuls en train, un autre a été hébergé par le dirigeant d'un club car il se serait retrouvé à la rue. "Le sport fait rêver les jeunes et les parents mais "Jo" délaisse ceux qui n'ont pas d'avenir. Et ça, c'est écoeurant quand on voit l'âge des enfants", s'insurge Me Sébastien Wust pour la Ligue. Une "marchandisation" que dénonce le procureur quand Me Philippe Cunique, défenseur d'Ali Mohamed, déplore, lui, de nombreuses absences. "Vous êtes face à une chaîne, plaide-t-il. Tout le monde y trouve son compte, une chaîne où le maître mot c'est l'argent".

Tous s'étonnent de l'aveuglement des clubs alors qu'aucune de leurs jeunes recrues n'était affiliée à la sécurité sociale. Le rêve de ces enfants n'a pas pris forme à l'exception de l'un d'eux qui, à Nice, a joué trois fois en première division.

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