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lundi, 19 novembre 2012

UMP: Un Mouvement en Perdition

FN, UDI, PS, Sarkozy : à qui profite

la crise à l'UMP ?

Par Judith Duportail lefigaro.fr publié le 19/11/2012
François Hollande, Jean-Louis Borloo, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen.
François Hollande, Jean-Louis Borloo, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen. Crédits photo : Le Figaro


L'affrontement Copé-Fillon pour le contrôle de l'UMP ouvre un espace au FN et aux centristes, tout en laissant un répit au gouvernement Ayrault en difficulté.

• Du répit pour la majorité de gauche

«Hollande est le premier vainqueur de cette élection», juge Christian Delporte. «Il est toujours bon d'avoir en face de soi une opposition divisée, et là, elle ne peut pas l'être plus», ajoute le spécialiste. Pour Arnaud Mercier, politologue au sein de l'université de Lorraine, «le bras de fer auquel se livrent Fillon et Copé va détourner l'UMP de l'effort de combat contre le gouvernement». Le temps passé à contester la légitimité des résultats, à recompter les bulletins et à accuser le camp d'en face est autant de temps passé en moins à critiquer la politique du gouvernement. Même si le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, a «déploré» que l'UMP soit «totalement tournée vers elle-même et vers sa guerre des chefs», la majorité y gagne le temps de souffler.

 N icolas Sarkozy: un manque de plus en plus criant

La panique créée par le scrutin de dimanche révèle-t-elle combien l'UMP est à la peine sans Nicolas Sarkozy? Combien son leader lui manque? «Le seul vainqueur ce soir dans cette pagaille c'est… Nicolas Sarkozy le 3e homme!» a tweeté Lionnel Lucca, député des Alpes-Maritimes, dimanche soir. «Si la situation de crise se prolonge, il apparaîtra comme le seul capable de recoller les morceaux», estime Christian Delporte. Toutefois, «s'il revient pour 2017, Nicolas Sarkozy n'aura aucun avantage à retrouver l'UMP en champ de bataille», nuance Bruno Cautrès du Cevipof. «Il faut aussi rappeler que l'UMP est en partie une création de Nicolas Sarkozy et que la situation actuelle est partiellement le fruit de son travail.» D'autant plus que l'ancien président est convoqué jeudi par la justice dans le cadre de l'affaire Bettencourt, et il est possible qu'il soit mis en examen. Il profiterait donc pour peu de temps de ce retour en grâce.

 Alain Juppé: une figure de grand sage confirmée

Le premier président de l'UMP joue encore une fois à l'arbitre. Alain Juppé a appelé lundi matin François Fillon et Jean-François Copé à cesser immédiatement les «invectives» et à se rencontrer. Tout au long de la campagne, il redoutait que le scrutin ne tourne à la guerre d'ego. Le maire de Bordeaux «confirme son pari de se présenter en grand sage», estime Frédéric Dabi. Alain Juppé souligne lui-même sa clairvoyance dans un billet de blog. «Ce que je redoutais s'est produit: le mouvement sort divisé et donc affaibli de cette confrontation intempestive», écrit l'élu. Succès d'estime, donc, mais «il n'y gagne rien du point de vue institutionnel», rappelle Arnaud Mercier.

• L'UDI affiche sa légitimité

Les modérés de l'UMP vont-ils rejoindre l'UDI? La formation centriste créée en septembre par Jean-Louis Borloo pourrait «devenir un réceptacle des déçus de l'UMP», estime Frédéric Dabi, directeur de l'Ifop, contacté par Le Figaro. «Surtout dans l'hypothèse d'une élection de Copé», poursuit Christian Delporte, professeur d'histoire contemporaine à l'université de Versailles.

Pour les cadres de l'UDI, le scrutin de dimanche leur permet d'afficher leur légitimité. «L'élection interne de l'UMP atteste de la pertinence de notre initiative», car, «au-delà des conflits de personnes prévisibles en pareille circonstance, il y a bien eu l'affrontement de deux lignes politiques», explique l'UDI dans un communiqué en se posant désormais en leader du pôle «européen, républicain, humaniste, social-libéral et écologiste» de l'opposition.

• Le Front national: son discours antisystème réactivé

La crise à l'UMP peut ouvrir des perspectives très favorables au Front national. Le vice-président du parti, Florian Philippot, a même affirmé sur i-Télé faire face à un «boom d'adhésion».

 

L'absence de leadership clair au sein de l'UMP laisse toute la place à Marine Le Pen pour se faire entendre comme elle le souhaite en tant que première opposante de François Hollande. Davantage de place, mais aussi la possibilité de ressortir la carte du «tous pourris» face aux accusations de fraude émanant des camps Copé et Fillon. «Les accusations de fraude pourront réactiver le discours du FN sur l'UMPS», estime Frédéric Dabi. «Quel que soit le vainqueur, Marine Le Pen a un boulevard devant elle», résume Christian Delporte. Notamment «parce que le score de 50-50 révèle la division des militants de l'UMP: une partie n'envisage des alliances qu'avec le centre et l'autre veut des alliances, au moins ponctuelles et locales, avec le FN». Selon Christian Delporte, «Marine Le Pen profitera à plein» de ces tiraillements stratégiques.

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