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lundi, 19 novembre 2012

Le PS: Premier parti musulman de France

Immigration et minorités : les partis de droite européens devront-ils avaler leur valda comme les Républicains américains ?

Le manque de soutien chez les minorités, et notamment chez les latinos, explique en partie l'échec du Parti républicain américain à la dernière élection présidentielle. Ce constat a trouvé un écho à l'intérieur même des instances du parti. A l'instar des conservateurs américains, les conservateurs européens ont-ils pris la mesure du poids des minorités dans l'électorat ?

Renouveau

Publié le 18 novembre 2012
 
19 % de la population de la France métropolitaine est d'origine étrangère, selon l'Insee.

19 % de la population de la France métropolitaine est d'origine étrangère, selon l'Insee. Crédit Reuters

Michèle Tribalat, démographe spécialiste de l'immigration

Atlantico : Le manque de soutien chez les minorités explique en partie l'échec du Parti républicain américain à la dernière élection présidentielle. L'évolution démographique des minorités américaines est elle comparable avec celle de la France ?

Michèle Tribalat : La France a une population d’origine étrangère en proportion moins élevée que les États-Unis. La polarisation du vote latino, et plus encore du vote noir sur les candidats démocrates est bien connue. Aux dernières élections présidentielles, les latinos ont voté à 71 % et les noirs à 93 % pour Barack Obama. Les concentrations de minorités dans certains États très disputés rend la question de la composition démographique de la population américaine décisiveEn 2012, les latinos et les noirs ont représenté 23 % des votants. Le Pew Research Center annonce une proportion de 29 % en 2030.

En France, la question est plus confuse car on n’a pas l’habitude d’examiner les élections selon l’origine ethnique, puisqu’on n’utilise qu’exceptionnellement ces catégories. Aux États-Unis, la pratique de ces catégories est générale. Ils en savent donc un peu plus long que nous sur la manière dont votent les minorités et c’est une information décisive dans la conduite même des campagnes électorales et plus généralement dans la prise de décisions politiques. En 2011, Barack Obama a demandé à son administration de ne pas expulser les étrangers en situation irrégulière faisant des études, passant ainsi au-dessus du Congrès qui avait refusé de voter le Dream Act. Nul doute que cette mesure était à destination des latinos.

Si la situation de la France est plus confuse, on sait néanmoins que le think tank Terra Nova a défini la nouvelle cible du PS, qu’il appelle la France de demain, comme étant composée des minorités des quartiers populaires, des femmes, des jeunes et des diplômés. La stratégie électorale ainsi dessinée doit choyer ces segments d’électorats afin, notamment, de disposer d’un matelas de voix que la droite ne sera pas en mesure de disputer au PS.

Quel pourcentage de la population représentent aujourd'hui les personnes issues de l'immigration en France et qu'en sera-t-il en 2017 ?

La France ne dispose d’informations sur les personnes d’origine étrangère qu’exceptionnellement. Les dernières données datent de fin 2008. L’insee a estimé à 11,7 millions leur nombre, soit 19 % de la population de la France métropolitaine. En 2017, on devrait, si la croissance en nombres absolus observée entre 1999 et fin 2008 se maintient, il devrait y avoir une population d’origine étrangère de l’ordre de 13 millions, ce qui représenterait environ 21 % de la population.

La croissance de la population musulmane, favorisée par une bonne transmission, une forte endogamie, une plus grande jeunesse et une fécondité supérieure, devrait porter la population musulmane approximativement de 5 millions en cette fin d’année 2012 à 5,7 millions au moment de la prochaine élection présidentielle, soit près de 9 % de la population de la France métropolitaine. J’ai estimé à 1,7 millions le nombre de musulmans français en âge de voter en 2008. C’est plus que l’écart de voix entre MM. Hollande et Sarkozy en 2012. Si les musulmans de nationalité étrangère avaient eu le droit de vote, cela aurait conduit à un potentiel de votants de l’ordre de 2,3 millions en 2008 et à un nombre supérieur encore en 2012.

Le PS a donc tout intérêt à bichonner cet électoral. Nul doute que le droit de vote accordé aux étrangers, s’il passe, viendra sécuriser ce matelas de voix. Le vote musulman en France est presque aussi polarisé que celui des noirs aux Etats-Unis. Le PS devrait donc, comme l’a fait Barack Obama, dépenser beaucoup d’énergie pour entraîner les musulmans vers les bureaux de vote, les jours d’élections.

atlantico.fr  merci à desouche

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