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mercredi, 07 novembre 2012

Le radar: arme de racket massif !

Radars ou machines à sous ?

Bien que les chiffres montrent clairement que le nombre d'accidents de la route est en baisse, les automobilistes se demandent parfois si les flashes ne servent pas de plus en plus à renflouer les caisses de l'État



 

Publié le mardi 06 novembre 2012 laprovence.com

 

 

Jackpot pour l'État, gouffre financier pour automobilistes distraits, voire irresponsables, ou encore merveilleux outil de lutte contre ce qu'on appelle vulgairement la délinquance routière... Le radar n'a pas fini de faire débat. Il faut dire qu'après bientôt dix ans d'existence, on n'en a jamais vu autant sur le bord de nos routes.

C'est Jacques Chirac, qui en 2002, a décidé de les déployer. Alors que se sont dernièrement généralisés les radars pédagogiques, et que vont bientôt apparaître les radars tronçons, les fixes, eux, ont dépassé la barre des 2 000 cette année. La sécurité routière en recensait 2 150 au mois de septembre. Parallèlement à cette augmentation, le nombre de flashes pour excès de vitesse n'a pas cessé de croître non plus, rapportant à l'État plus de 500 millions d'euros l'an dernier.

Les radars sont-ils devenus des "machines à sous" pour l'État plus qu'un moyen de lutte contre les excès de vitesse ? Difficile de le dire. "Ce qui est certain, pose d'entrée le capitaine Jean-François Pujo, c'est que les chiffres sont têtus."

"Un radar sur deux sert de machine à sous pour l'État"

Et le commandant-adjoint de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) des autoroutes de Provence de pointer du doigt un simple constat : "En 2000, on recensait 8 000 morts par an. Aujourd'hui, le nombre de victimes sur les routes a diminué de moitié".L'an dernier, on ne comptait "plus que" 3 963 morts sur routes. En sachant qu'en France, un accident mortel sur cinq est lié à la vitesse. "Après l'alcool, insiste le capitaine Pujo, la vitesse est la 2e cause de mortalité routière." Mais alors, tous les radars fixes sont-ils réellement implantés sur des zones accidentogènes ? Là, c'est une autre histoire.

L'association 40 millions d'automobilistes est persuadée du contraire, estimant ainsi "qu'un radar sur deux sert de machine à sous pour l'État" (lire ci-dessous). Connue pour "tagger" des R sur le bitume afin d'annoncer la présence des boîtiers automatiques, la Fédération française des motards en colère des Bouches-du-Rhône (FFMC 13), ne décolère pas face à la multiplication des radars.

Ce qui l'exaspère le plus, c'est "ce phénomène de contrôle avec sanction automatique. Une aberration", peste Naïs Chauvin, membre du conseil d'administration de la FFMC locale. Laquelle fait donc partie de ces nostalgiques du radar à l'ancienne : "Je préférai les gendarmes ou les policiers plutôt que ces boîtes à fric".

Un autre argument ?"Trop de radars sont positionnés sur les autoroutes, dit-elle, alors que la large majorité des accidents mortels se produit sur les routes secondaires".

De son côté, le capitaine Pujo reconnaît "qu'on peut comprendre la colère des usagers de la route, surtout en période de crise". Mais il n'empêche. Selon lui, "la vitesse est toujours un facteur aggravant dans les accidents. Et réduire la vitesse permet d'abord de sauver des vies".


Un appel à "dénoncer tous ces flashes abusifs"

"Oh, qu'il est beau, ce radar sur la route Sisteron-Gap caché derrière un fourré du côté d'Aspres-sur-Buëch !" Le commentaire est signé "Alexandre de Marseille". Des témoignages comme celui-ci, le sitewww.racontemoitonradar.com en avait déjà récolté plus de 1 500 en seulement trois jours.

Cette plate-forme en ligne a été lancée le 30 octobre par l'association 40 millions d'automobilistes. "Il ne s'agit pas d'un défouloir pour automobilistes qui déversent leur haine, prévient Pierre Chasseray, délégué général de l'association. Au contraire, la grande majorité des témoignages que nous recevons provient de gens raisonnables, qui nous envoient même des photos et des petits montages à l'appui. Quand, dans trois mois, nous aurons établi notre carte de France de tous ces flashes abusifs, les pouvoirs publics seront surpris de la qualité de ces données qui s'avèrent constructives." Tel est donc le but de cet appel à témoin :établir une cartographie des "radars pièges".

"On va publier un livret qu'on remettra aux préfectures avec toutes nos préconisations concernant les radars qu'il faut décaler ou repositionner et les portions de route sur lesquelles on peut relever la vitesse, détaille le coordinateur du site. Plus on aura de témoignages et plus on sera crédible".

D'ici là, l'association 40 millions d'automobilistes a encore du travail. "Il va falloir vérifier toutes ces données sur place", précise Pierre Chasseray. Lequel reste persuadé qu'au final, "la moitié des radars installés sert plus à rapporter de l'argent qu'à assurer la sécurité des automobilistes. Personne n'a jamais réalisé d'audit là dessus". Les témoignages des usagers de la route seront donc très précieux.

À terme, une fois la cartographie réalisée, le site racontemoitonradar.com n'a pas vocation à disparaître. "L'idée, explique Pierre Chasseray, ce serait de dresser un état des lieux une fois par an." Et de conclure : "Notre but est que les radars flashent moins, sans faire de concession sur la sécurité. Quand les autorités auront pris connaissance de tous ces radars piégeux, mal placés, voire dangereux, et de ces limitations de vitesse abusives, s'ils ne suivent pas nos recommandations, alors, cela voudra dire que les radars sont bel et bien des jackpots pour l'État".

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