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jeudi, 01 novembre 2012

Roms: Comme d'habitude les églises sont ouvertes, les mosquées, les temples et les synagogues restent fermés !

Marseille : l'église de la Belle de Mai ouvre

sa porte aux Roms

 


 

Publié le mercredi 31 octobre 2012 laprovence.com

 

Le curé de la paroisse de la Belle-de-Mai accueille 55 adultes et une vingtaine d'enfants depuis dimanche soir

 

Ça se bouscule à l'entrée. Alors que deux jeunes hommes attendent sagement leur tour pour se faire tailler le cheveu par le coiffeur attitré du groupe, les enfants chahutent gentiment au milieu des poussettes garées des deux côtés du couloir. 

Au bout : une grande salle dans laquelle a été entreposée, à même le sol , une vingtaine de matelas. Quelques bancs ont été poussés au fond de la pièce pour libérer un peu d'espace. Accrochés au mur, une simple croix en bois et un poster à la gloire de Jésus rappellent qu'on se trouve bien dans la maison de Dieu. Plus précisément dans les locaux de la paroisse de la Belle-de-Mai à Marseille, transformés depuis dimanche soir, en refuge de fortune pour 55 adultes et une vingtaine d'enfants roms.

"Avec l'accord du Diocèse, et vu le froid qu'il faisait dehors, j'ai décidé de les accueillir", raconte le père Paul Daniel. "C'était pour faire face à l'urgence", poursuit le curé de la paroisse, bien conscient qu'il ne pourra pas accueillir tout ce petit monde ad vitam eternam"On ne fait que colmater une brèche, mais maintenant, insiste-il, les autorités doivent trouver des solutions".

Désormais à l'abri du froid polaire qui s'est abattu ce week-end, ces cinq à six familles roms n'en demeurent pas moins cloisonnées dans "des conditions vraiment spartiates", comme le reconnaît lui-même le père Paul. Deux toilettes, un modeste lavabo sans eau chaude et une cinquantaine de m² au total, sans endroit ni matériel pour cuisiner... le tout pour accueillir environ 80 personnes, toutes générations confondues, la maison du seigneur offre effectivement un luxe des plus précaires.

Arrivée il y a quatre ans à Marseille en provenance de la région de Cluj en Roumanie, Elena, mère de quatre enfants, souhaite simplement "un endroit pour vivre et pour travailler". À l'instar de la moitié des personnes installées dans la paroisse, elle vient de l'Église désaffectée de Saint-Martin, à Arenc, son dernier "logement en date". Les autres ont été expulsés la semaine dernière du bord de l'autoroute, à la Joliette. 

Lorsqu'on lui demande combien de fois elle a dû boucler ses maigres valises, Elena se prend la tête à deux mains : "Je ne sais même plus", dit-elle, l'air abattu et épuisé. "On se fait tout le temps expulser. La police nous chasse de plus en plus et nous empêche de travailler", ajoute Voicita, dans un français relativement correct.

Les cheveux plaqués en arrière et les dents plaquées en or, Christi, 17 ans, se rend quotidiennement ou presque au marché aux puces pour essayer de gagner un peu d'argent ("parfois 5, parfois 10 euros par jour") en refourguant ce qu'il a pu récupérer dans les poubelles. Habits, ferrailles, bibelots... tout se recycle. Comme théorise Framboise, de l'association Action pour la vie, "c'est tellement la crise chez eux... Les poubelles en France sont plus riches que celles de Roumanie". À 10 centimes d'euros le kilo de ferraille, et"30 centimes pour l'alu", précise Christi, qui dans une autre vie, "rêverait de devenir taxi ou magicien", leur butin quotidien est rarement conséquent.

"Heureusement, constate le père Paul, certaines associations, le Samu social, les Restos du coeur ou même des gens du quartier sont venus nous apporter de la nourrituredes vêtements et des couvertures". Un beau geste de solidarité qui ne fait pourtant pas l'unanimité dans le quartier. Étonné et même "déçu que le curé accueille toute cette misère", Georges, le garagiste du coin reste persuadé que "les Roms ne veulent pas s'intégrer". Des propos qui résonnent chez les commerçants voisins et dans un bar du quartier, où les habitués du comptoir s'insurgent face à cette situation. "Mais bon... Même si la France ne peut pas aider la terre entière, temporise le patron des lieux, ça fait quand même de la peine de voir toute cette misère"

Contactée hier au sujet des familles accueillies à la paroisse de la Belle-de-Mai, la préfecture n'a pas souhaité réagir. "Un hébergement d'urgence de 48 heures a été proposé aux enfants et à leurs mères ainsi qu'aux femmes enceintes mais il a été refusé", a simplement répondu Marie Lajus, préfète déléguée pour l'égalité des chances. Nos autres questions sont restées sans réponse.

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Commentaires

On ne laisse pas les gens mourir dehors dans le froid. Les Roms ne devraient pas être en France, mais il serait inhumain de ne pas les accueillir quelque part. Misère des Roms, misère de cette ville

Écrit par : Gaëlle Mann | jeudi, 01 novembre 2012

qui les a obligés à venir ''mourir de froid'' en France ? et la journée, ces femmes qui font la manche dehors avec des gosses de quelques mois dans les bras par un froid pareil ? On les force peut-être à se geler et à faire risquer une hypothermie à leur rejeton ? Qui les a obligés ? Il faut arrêter ce discours de culpabilité. Ils savent très bien ce qu'ils font, et ce curé de merde aussi, c'est tout à fait étranger "au froid" cette affaire...

Écrit par : boromir | vendredi, 02 novembre 2012

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