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lundi, 15 octobre 2012

On nettoie la Police mais à quand le grand nettoyage l'écurie de l'UMPS ?

Marseille : comment les flics de base vivent l'après-scandale

 


 

Publié le dimanche 14 octobre 2012 laprovence.com

 

Ils confient leur regard chamboulé. Comme si plus rien n'était comme avant

 

Ils sont amers. Jamais, de mémoire de "flic" marseillais, ils n'ont souvenir d'avoir vécu pareille défiance, pareil regard porté sur le corps policier, ce grand corps malade, si l'on en croit la justice qui a mis en examen 15 d'entre eux et en a écroué 7. Alors, s'ils témoignent, c'est nécessairement sous le sceau de l'anonymat. Ils en veulent aux juges qui n'auraient pas su les entendre. Aux médias qui pratiqueraient "l'amalgame"comme une seconde, ou plutôt comme une première nature.

Cet ex-flic des RG, ancien de la sécurité publique, dit la "démotivation" des troupes. "De toute façon, quand tu ramènes des affaires, tu n'as aucun remerciement, et quand les affaires que tu ramènes font des histoires, cela déplaît à la hiérarchie. Alors, surtout pas de vagues, j'ai décidé de tourner la tête", nous confie-t-il.

En clair, il fait parfois mine de ne plus voir certains délits... "Quand on voit les moyens qu'on a mis pour enquêter sur des policiers présumés ripoux et qu'on nous refuse certains moyens pour lutter contre le deal de cités, c'est à vous dégoûter !", s'agace ce policier de sécurité publique.

"C'est sûr que les commissaires, ils ne risquent pas de détourner grand-chose, au prix où ils sont payés ! Entre 4 000 et 7 000  par mois, sans oublier les primes annuelles qui peuvent aller de 24 000 à 40 000 , sans compter la bagnole de fonction et le téléphone qui va avec !, bondit cet autre. Eux, ils ont la voiture pour rentrer chez eux. Nous, parfois, on n'a même pas de voiture en état pour aller sur les missions !"

"Quand on avait un os à ronger, on le rongeait jusqu'au cartilage, dit ce retraité de la police. Les jeunes policiers n'ont pas le même regard. Ils voudraient le cartilage et l'os à moelle avec. La tentation est plus facile."

Un policier a voulu stationner son scooter il y a quelques jours en gare Saint-Charles. Il a demandé l'autorisation du chef de poste. Le lieutenant a refusé. Il a dû le déplacer. Suspicion ? Beaucoup sont persuadés que "l'affaire de la Bac", comme ils l'appellent, "va laisser des traces indélébiles" et causer "des dommages collatéraux". "Pour quelques gars qui en croquaient...", déplore ce policier. Car, jusque-là, la Bac, c'était "le fleuron de la police". Flic en civil, être un as du "saute-dessus", exempté de la circulation, des accidents et des gardes à l'hôpital. Le rêve. Seulement voilà, soutient-il, "on leur demandait trop. De faire du chiffre, encore du chiffre."

Bref, comme si une nouvelle police était en train de naître. "Peut-être, analyse cet ancien, il fallait faire comme à Paris, ce qu'on appelait 'la raclette', quand les officiers faisaient des contrôles intempestifs aux carrefours pour surveiller ce que faisaient leurs troupes." La police qui contrôle la police, c'est quand même le comble de la police.

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