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samedi, 06 octobre 2012

UMP: Un Mouvement en Péril...

Le Point.fr - Publié le 05/10/2012 

Hervé Gattegno, rédacteur en chef au "Point", intervient sur les ondes de RMC du lundi au vendredi à 8 h 20 pour sa chronique politique "Le parti pris".

Pour Hervé Gattegno, l'élection entre Jean-François Copé et François Fillon pour la présidence de l'UMP divise les hommes. © Philippe Huguen / AFP

C'est aujourd'hui que s'ouvre la campagne officielle pour la présidence de l'UMP et la composition de la future direction. Le vote aura lieu le 18 novembre. Au-delà, vous n'êtes pas optimiste pour ce parti. Votre parti pris : le duel Copé-Fillon va tuer l'UMP. Vous en êtes sûr ?

C'est quasiment écrit. Il suffit de voir à quelle vitesse l'affrontement Copé-Fillon a perdu tout intérêt pour mesurer l'effet démobilisateur de cette campagne. Il y aura peut-être 100 000 votants (les chefs de l'UMP l'espèrent), mais quel ennui... mortel ! Le pire, c'est que, si la primaire du PS a rapproché des candidats aux idées assez éloignées, l'élection à l'UMP divise des hommes qui étaient a priori d'accord sur l'essentiel. Et elle mécontente à peu près tous les autres. Ce n'est pas bon signe pour la suite...

Mais est-ce que ces tensions ne vont pas s'apaiser après l'élection du nouveau président ?

C'est mal parti. La plupart des leaders de l'UMP prédisent que quel que soit le vainqueur, le perdant va aussitôt se poser en chef de l'opposition interne pour préparer la primaire d'ici à 2017. Et le fait que le résultat s'annonce finalement serré va attiser le ressentiment, donc la division. Sans compter qu'il y aura d'autres prétendants.Xavier Bertrand s'est déclaré, NKM et Bruno Le Maire sont dans les starting-blocks, peut-être d'autres. Pour se différencier, ils vont devoir appuyer sur leurs différences. L'UMP n'a déjà plus grand-chose d'une union...

Qu'est-ce qui vous fait dire qu'il y a de vraies différences de fond entre tous ces prétendants ? Après tout, voilà des années qu'ils appartiennent au même mouvement...

Les grands partis, sous la Ve République, sont des forces électorales au service d'un homme : de Gaulle, Mitterrand, Chirac puis Sarkozy... La conquête de l'Élysée les rassemble, la défaite les divise. À l'UMP, la fracture européenne se creuse entre souverainistes et fédéralistes, et la crise a réactivé le clivage libéraux-étatistes, avec des sous-tendances et des chapelles qu'on retrouve dans les six "mouvements" en lice pour le congrès. Sans parler de la droitisation de la ligne du parti (sur la sécurité, l'assistanat, l'immigration...) qui ulcère les centristes - et qui, d'une façon générale, creuse l'écart entre la base des militants et les élus. Tout cela fait un édifice de moins en moins solide.

Finalement, le seul point d'accord à l'UMP, c'est le soutien à Nicolas Sarkozy ?

Même plus. François Fillon a dit clairement qu'il n'attendrait pas son bon vouloir pour se lancer dans la course à l'Élysée ; et Jean-Pierre Raffarin espère l'avènement de la "jeune génération" (ce qui n'est pas une main tendue à Fillon non plus). C'est vrai que le désordre, les rivalités, les dissensions à l'UMP - et la montée du FN - favorisent un retour de Nicolas Sarkozy, parce qu'ils l'installent en position de recours ; mais le calendrier va trop vite pour lui. À ce rythme, le parti va se désagréger avant qu'il ait trouvé l'occasion de mettre en scène son come-back. Résultat : il n'y aura peut-être pas de candidat de l'UMP en 2017. Non pas parce qu'il n'y aura pas de prétendants, mais parce qu'il n'y aura plus d'UMP !

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