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lundi, 01 octobre 2012

UMP: Un mouvement ni pour, ni contre, bien au contraire !

Le Point.fr - Publié le 28/09/2012 

Le nouveau courant droitier de Guillaume Peltier ressemble à s'y méprendre à celui de Thierry Mariani. Dans une version plus lisse.

Guillaume Peltier, secrétaire national de l'UMP et un des fondateurs de la Droite forte.

Guillaume Peltier, secrétaire national de l'UMP et un des fondateurs de la Droite forte. © François Guillot / AFP

À la Droite forte, un nouveau courant interne à l'UMP créé au lendemain de la présidentielle par Guillaume Peltier et Geoffroy Didier, on ne croit pas aux sondages, non, du tout. On jure même, la main sur le coeur, ne pas se satisfaire de celui qu'a réalisé l'Ifop pour Le Figaro, paru le 22 septembre, et qui donne la motion Droite forte en tête des sept motions qui seront présentées lors du congrès du parti au mois de novembre (avec 39 % d'intentions de vote), loin devant celui de la Droite populaire (7 %). On rappelle aussi, à juste titre, que les sondages sont réalisés sur des sympathisants UMP, et non des adhérents, qui eux seuls pourront voter en novembre prochain. Mais enfin quand même, juste pour être sûr, on a publié le sondage en une du site officiel du courant, histoire que personne ne passe à côté. 

Guillaume Peltier, ancien du FN et porte-parole de Philippe de Villiers en 2007, a, depuis, su se rendre indispensable à l'UMP en se spécialisant dans le décryptage sondagier, a prodigué ses conseils à différents ministres sarkozystes, dont Thierry Mariani, et ne fut pas pour rien dans la création du collectif de députés "ultras" de la Droite populaire. Amateur des plateaux de télé, il est entré dans la lumière pendant la campagne présidentielle de 2012 après s'être mué en sarkozyste convaincu. Au lendemain de la défaite, lui et son acolyte, Geoffroy Didier, ont donc décidé de créer leur propre courant, opportunément nommé d'après le slogan de campagne de l'ancien chef de l'État (la France forte, NDLR), qui reste évidemment très populaire chez les militants de droite.

Plus à droite que moi...

Entre autres propositions remarquées de la Droite forte : "Supprimer à vie les allocations pour tout fraudeur récidiviste (...) pour s'attaquer (aux) assistés sociaux, tricheurs professionnels ou patrons voyous, qui violent impunément nos lois et nos valeurs." Dans leur profession de foi, ces "valeurs" sont listées dans l'ordre qui suit : "le patriotisme, l'autorité de l'État, la maîtrise de nos frontières, de notre destin, de notre souveraineté, la lutte contre l'assistanat et les fraudes, la méritocratie, la famille, la promotion de notre identité, le soutien aux PME, la réforme de l'école, la construction d'une Europe protectrice". Autant dire que la Droite forte, qui prétend elle aussi "ramener les électeurs du FN dans le champ républicain", se situe résolument à la droite de l'UMP et que ses propositions n'ont rien à envier à celles de la Droite populaire. Et quand on demande à Geoffroy Didier si c'est la Droite forte qui oblige Marine Le Pen à radicaliser sa ligne, pour se démarquer de l'UMP, il répond, du tac au tac : "Je n'aurais pas cette prétention." Avant d'ajouter : "Si la Droite forte est considérée comme un rempart au FN, moi, ça me va."

Seule véritable différence entre les deux courants : celui de Peltier et de Didier est estampillé Sarkozy - difficile de savoir si l'ex-chef de l'État y est d'ailleurs véritablement favorable -, tandis que le courant de Thierry Mariani et de Lionnel Luca a toujours revendiqué un côté "anar" au sein de l'UMP. Force est de constater qu'avec ses "gueulards", le collectif de députés s'est distingué plusieurs fois, au cours des deux dernières années du quinquennat de Nicolas Sarkozy, par sa capacité à aller à l'encontre de la volonté présidentielle, comme sur la question des radars, par exemple.

La Droite pop : utile ou incontrôlable ? 

Mais le côté provoc qui a fait la réussite du collectif en a aussi lassé certains. Et depuis que la Droite populaire a perdu une bonne partie de ses députés, les langues se délient : "La Droite populaire s'est auto-caricaturée. Je n'ai rien à voir avec (Brigitte) Barèges et (Christian) Vanneste. Ils se sont tués tout seuls avec leurs apéros saucisson-vin rouge et autres", lâche-t-on, par exemple, côté Droite forte. "Ils ont une marque, de fortes individualités, nos motions se complètent. Sauf que, nous, on n'a rien à perdre, on ne prend aucun risque à se compter", explique un autre, sourire aux lèvres. 

Interrogé sur les chances de survie de la Droite populaire, un ancien ministre du gouvernement Fillon confie encore : "La marque Droite populaire est installée, mais elle n'est certainement pas irremplaçable. Ils ont toujours eu un problème de ligne : il y a les fous furieux comme Philippe Meunier (le député du Rhône s'est fait remarquer cette semaine en expliquant à l'Assemblée nationale que les Français avaient une "image négative" des logements sociaux parce qu'ils étaient "très souvent attribués à des étrangers", NDLR) et des types beaucoup plus raisonnables comme Mariani"...

"Préférez l'original à la contrefaçon !"

Reste que, malgré les provocations, Jean-François Copé, bien conscient du succès auprès des militants de ce courant droitier et "plutôt eurosceptique", selon les termes de Mariani, a toujours fait en sorte de préserver la Droite populaire. Le secrétaire général du parti s'était d'ailleurs mis en quatre pour retenir Lionnel Luca, qui a défrayé la chronique plus d'une fois, lorsque ce dernier avait menacé de lâcher son poste de secrétaire national à l'immigration. Quand le collectif a montré son envie de se muer progressivement en parti - les jeunes de la Droite pop ont été lancés la semaine dernière -, Copé n'a pas moufté, en tout cas publiquement. Mais s'il attend, comme les autres, à l'UMP, de voir dans quel sens les électeurs se prononceront entre les deux courants les plus droitiers du parti, lui et François Fillon pourraient bien préférer voir émerger sa version plus proprette et organisée. 

Aujourd'hui passablement agacé, Mariani, qui fut pourtant proche de Peltier, estime que les sondages "ne veulent rien dire", mais concède qu'en dessous de 10 %, la Droite pop "serait mal". Il assure que lui et ses soutiens feront campagne sans complexe sur le thème : "Nous, à la Droite populaire, avons déjà fait nos preuves, avec nos propositions sur l'AME, la fraude... Alors, préférez l'original à la contrefaçon !" Un slogan qui rappelle étrangement les propos des frontistes sur... Jean-François Copé. 

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