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lundi, 24 septembre 2012

Dany le gros rouge qui tache, pique une colère noire.

Daniel Cohn-Bendit claque la porte sans la fermer

LE MONDE | 24.09.2012 

Par Raphaëlle Besse Desmoulières

 

 

 

Pour lui, "c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase". Au lendemain du "non" d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) au traité budgétaire européen, Daniel Cohn-Bendit a annoncé, dimanche 23 septembre, qu'il mettait sa "participation à ce mouvement entre parenthèses".

 

Partisan acharné du "oui" mais se sachant en minorité, le député européen n'a même pas pris la peine de se rendre, samedi, au conseil fédéral d'EELV, qui s'est prononcé à 70 % contre la ratification du texte. "Ça ne sert à rien, dit-il. Je n'avais pas envie de venir." Fin août, lors des journées d'été du parti à Poitiers, il avait pumesurer que ses arguments étaient loin d'être partagés. C'est donc l'un de ses proches, Yannick Jadot, également député européen, qui a tenté samedi, en vain, de convaincre les cadres du parti.


"SYSTÈME DE LA MAGOUILLE"


"Ce n'est plus Europe Ecologie-Les Verts, c'est Les Verts ", a regretté M. Cohn-Bendit, en dénonçant "l'incohérence totale" à se prononcer contre le traité tout en votant le budget qui en sera l'émanation. "C'est la 'dictature de l'austérité' mais on va voter le budget. Qui peut comprendre ça ? Les gens ne s'y retrouvent plus", souligne-t-il, avant de s'en prendre au nouveau secrétaire national d'EELV, Pascal Durand, qui a finalement fait connaître, samedi, son opposition au traité.

"Le pompon, c'est Durand ! Il y a quelques jours, il me dit qu'il réfléchit à démissionner si le 'non' l'emporte, et après, il appelle à voter 'non'", assure M. Cohn-Bendit, en déplorant que le successeur de Cécile Duflot à la tête du parti soit entré dans "le système de la magouille".

Depuis plusieurs mois, M. Cohn-Bendit a multiplié les critiques envers EELV, parti à "l'image détestable" tombé dans une "ornière groupusculaire""Ils ne se posent même pas la question de savoir pourquoi les militants s'en vont et comment expliquer non seulement l'échec dramatique de la présidentielle, mais aussi celui des législatives", souligne-t-il en rappelant que, sans l'accord avec le PS, le nombre de députés EELV n'aurait pas été le même.

Autre sujet de friction : le conseil fédéral a rejeté à une large majorité une modification du règlement intérieur du parti qui visait à permettre le vote des militants par correspondance et par Internet. Une question dont le député européen avait fait un marqueur. "Toute idée pour rendre le parti plus démocratique a été refusée", juge-t-il. "Je m'aperçois que la culture politique à EELV est à l'opposé de ce dont je rêvais pour une formation politique", ajoute-t-il."Tout ce qu'on peut dire de méchant sur les partis politiques, c'est vrai. Ce sont des monstres", va-t-il jusqu'à dire.

Pascal Durand s'attendait à une telle réaction. "Dany sur l'Europe, c'est un attachement quasi filial, quelque chose qui dépasse la rationalité", estime cet ancien proche, avant d'ajouter : "Mais on ne peut pas fonctionner sur un chantage affectif odieux." M. Durand explique que son choix est le fruit d'un "cheminement"mais note désormais une "divergence forte" avec M. Cohn-Bendit. "C'est un déchirement et je n'ai pas du tout envie qu'il parte !, finit-il par lâcher. EELV sans Dany n'existe pas !"


"DISPROPORTIONNÉ"


Prudent, M. Cohn-Bendit ne claque pas la porte. "J'ai un pied dehors, je vais réfléchir", explique-t-il. Il doit retrouver ses proches en début de semaine à Bruxelles pour en discuter"Ce n'est pas une rupture définitive, assure M. Jadot.Cette réflexion, on va la mener ensemble avec Jean-Paul Besset et José Bové, et on va voir quelles leçons on tire de tout ça."

Au parti, les "méchants Verts", comme ironisent certains d'entre eux, ne semblent plus se formaliser. Ou en tout cas affectent de relativiser. "J'ai l'habitude de ça,commente Jean-Vincent Placé, président du groupe écologiste du Sénat. Dany a du mal avec l'aspect collectif d'un parti politique. C'est quelqu'un de très individuel."C'est une page qui sera très vite tournée, veut croire François de Rugy, son homologue à l'Assemblée. Je n'ai pas non plus l'impression qu'il ait décidé d'arrêter de faire de la politique, ni d'en faire avec d'autres. C'est disproportionné."

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