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mardi, 11 septembre 2012

Corruption: Toutes les ordures ne sont pas à la déchetterie...

Affaire Guérini : Queyras, le mécanisme de la fraude

 


Les responsables d'une société liée à Alexandre Guérini en correctionnelle

Publié le mardi 11 septembre 2012 

 

 

Premier volet de l'affaire Guérini à être jugé, hier devant le tribunal correctionnel, le procès de la société Queyras a mal démarré pour les trois responsables de cette structure qui transportait des déchets pour le compte de l'Agglo d'Aubagne et de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole : poursuivis notamment pour "escroquerie en bande organisée" et "corruption", ils ont eu mal à adopter une défense efficace face aux questions de la présidente Christine Mée, qui a même qualifié de "simplistes" les réponses de l'un d'entre eux !

Des dossiers déposés devant lui dont il extrayait sans cesse des documents et des photos, Éric Pascal, le P.-d.g de Queyras, a pourtant tenté dans la matinée de donner l'apparence de la normalité. Discours carré, costume sombre, ce proche d'Alexandre Guérini a nié avoir été à l'origine de la "fraude massive" que lui reprochent les enquêteurs. Sa société s'emmêlait entre les déchets remis par des sociétés privées et ceux des collectivités publiques ? 

Pour quelques euros...

Il s'agissait des "mauvaises habitudes" de ses chauffeurs. Des faux documents ont été établis ? L'objectif était de régulariser a posteriori des erreurs. L'interdiction d'enfouir des déchets privés sur la décharge de La Ciotat ? La SMAE d'Alexandre Guérini qui exploite le site ne l'avait pas prévenu de cette mesure.

L'après-midi, ces positions ont toutefois volé en éclats. La présidente a lu les dépositions des chauffeurs de la société, consignées par les gendarmes. Une longue litanie montrant qu'à partir d'avril 2006 et jusqu'en 2009, les salariés de Queyras auraient reçu des instructions précises qui les ont conduits à frauder.

Des accusations renforcées à la barre par les témoignages de trois agents de MPM qui s'occupaient des déchetteries de La Ciotat, Cassis et Roquefort-la-Bédoule : également poursuivis, ils ont détaillé "le système", basé sur des enveloppes contenant quelques dizaines d'euros, des bennes fictives facturées par Queyras, des déchets triés qui auraient dû être recyclés et qui étaient en fait enfouis en décharge"pour gagner du temps" et économiser sur l'essence des camions...

Désordre chez MPM

Ces témoignages, tout comme les explications fournies ensuite par deux responsables de Queyras, ont toutefois montré le désordre qui régnait dans les déchetteries de MPM. C'est ainsi que les chauffeurs disposaient de clefs qui leur permettaient de récupérer des bennes en dehors des heures d'ouverture, semble-t-il avec l'aval de cadres de la collectivité. Une "facilité" qui a permis à la fraude de se développer.

Présent dans tous les esprits, Alexandre Guérini a en revanche été peu évoqué hier. Sinon lorsque le responsable d'une déchetterie qui aurait été menacé de licenciement par Éric Pascal a indiqué ne pas savoir comment ce dernier aurait pu obtenir sa tête. "Moi, si !" a souri le procureur Jean-Luc Blachon, évoquant sans les nommer les réseaux dont disposait Alexandre Guérini dans les coulisses de MPM. Suite et fin des débats aujourd'hui.

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