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dimanche, 09 septembre 2012

Et si nous commencions à chercher les 500 parrainages pour Marine ?

François Hollande inquiète des économistes de gauche

Par Jim Jarrassé   lefigaro.fr publié le 07/09/2012 


Plusieurs soutiens de François Hollande lors de la campagne prennent leur distance avec la politique économique du gouvernement.

 

Thomas Piketty.
Thomas Piketty. Crédits photo : STEPHAN GLADIEU/Le Figaro Magazine

 

«Le gouvernement a tout faux». Le verdict de l'économiste Thomas Piketty sur le détricotage annoncé de la taxation des hauts revenus à 75% est sans appel. «Le gouvernement fait exactement le contraire de ce qu'il faudrait (…) Cela vient surtout de la nullité des gens qui nous gouvernent», attaque le professeur de l'Ecole d'économie de Paris dans une interview donnée ce vendredi à L'Expansion. Et d'enfoncer le clou dans un autre entretien accordé jeudi à Rue 89: «L'un des messages de la campagne de François Hollande, c'était de rapprocher l'imposition sur le capital de l'imposition sur le travail. Le message envoyé ici est inverse: on crée une taxe symbolique sur les seuls salaires! Il y a une contradiction dans les termes. Dix ans d'opposition pour arriver à un projet aussi mal ficelé...»

La charge est d'autant plus violente qu'elle émane d'une personnalité proche du PS. Pendant la campagne, Thomas Piketty avait signé, avec une cinquantaine d'autres économistes, une tribune de soutien à François Hollande. Comment expliquer une telle virulence, quatre mois seulement après la victoire du candidat socialiste? «Thomas Piketty est comme ça, il a un caractère bien trempé et n'hésite pas à bousculer», assure un économiste signataire de la fameuse tribune. La prise de distance est surtout stratégique. Alors que le gouvernement peaufine sa réforme fiscale et est en passe de boucler son budget, l'économiste en profite pour rappeler son idée phare, exposée en 2011 dans son ouvrage «Pour une révolution fiscale»: la fusion de l'impôt sur le revenu et de la CSG dans le cadre d'un nouveau prélèvement plus progressif. Un temps envisagé par François Hollande, ce «grand soir fiscal» a été repoussé, au grand dam de ses théoriciens.

Conscients de la mauvaise conjoncture

L'inquiétude des économistes de gauche porte également sur les objectifs de déficits définis par le gouvernement. Atteindre coute que coute les 3% du PIB en 2013 alors que la croissance est en berne? Compliqué, voire dangereux, estiment certains spécialistes. Jeudi soir, sur Canal+, Daniel Cohen, soutien de Hollande, comparait ce rythme de retour à l'équilibre à «une course-poursuite entraînant moins de croissance et créant moins de recettes fiscales». «Une application trop rigide des normes budgétaires peut compromettre la croissance et l'emploi», écrivait à la mi-août dans Le Mondel'économiste Philippe Aghion, qui avait, lui aussi, appelé à voter pour François Hollande pendant la campagne. Professeur à Harvard, il vient d'envoyer au chef de l'État une note, également signée par l'économiste Jean Pisani-Ferry, l'enjoignant à changer de stratégie budgétaire. Un avertissement resté lettre morte, puisque François Hollande vient de confirmer l'objectif des 3% de déficit pour 2013.

Difficile pour autant de parler de réelle crise de confiance entre le nouvel exécutif et ces économistes de gauche, bien conscients de la mauvaise conjoncture qui pèse sur les choix du gouvernement. «Le projet peut toujours être ajusté, mais la situation économique est compliquée et la période de grâce est terminée, rappelle Romain Perez, enseignant à Sciences Po, signataire de la tribune pro-Hollande. Mais globalement, on est plus satisfaits qu'il y a un an. Dans l'esprit des socialistes, il y a la volonté d'être en rupture avec le précédent gouvernement. Et pour le moment, ils sont en phase avec les engagements pris lors de la campagne. La cohérence politique est respectée». Sur le fond, il rappelle que le projet de fusion de l'impôt sur le revenu et de la CSG n'est «pas abandonné» et que la réduction du déficit est «inévitable» pour ne pas «créer d'inquiétude supplémentaire sur les marchés».

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