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vendredi, 31 août 2012

Marseille, encore Marseille...

Marseille: "Certains quartiers ont été désertés par la police"

Par , publié le 31/08/2012 L'express

 

Après le quatorzième meurtre à Marseille, une maire réclame la présence de l'armée. Le préfet local ne veut pas en entendre parler: pour lui, les policiers sont en nombre suffisant pour endiguer la violence. Mais les syndicats de police s'accordent pour dire que les effectifs sont insuffisants. 

 

Marseille: "Certains quartiers ont été désertés par la police"

MARSEILLE - Un homme de 25 ans a été tué d'une rafale de Kalachnikov mercredi soir dans les quartiers nord de Marseille, par le passager d'une voiture.

afp.com/Gérard Julien

Marseille est-elle devenue le nouveau Chicago? Les règlements de compte rythment la vie de la cité phocéenne. En moins d'un an, 14 personnes ont été tuées, dont la majorité à la kalachnikov. Pour mettre un terme à cette vague de violence, Jean-Marc Ayrault a annoncé jeudi la tenue en urgence d'une réunion interministérielle. L'objectif: trouver une solution globale - huit ministres dont ceux de l'Education, de la Ville, de l'Economie... sont convoqués - pour mettre un terme à cette guerre que se livrent les clans pour contrôler le trafic de drogue.  

Si le gouvernement s'est formellement opposé à l'intervention de l'armée dans la ville, elle a d'ores et déjà annoncé un possible renforcement des effectifs policiers. Une décision inutile selon Alain Gardère, le préfet délégué pour la défense et la sécurité à Marseille. "Je persiste à dire que le nombre de policiers à Marseille est suffisant", a-t-il déclaré au micro de RTL ce vendredi matin. Avec 2932 fonctionnaires, c'est la seconde ville de France - juste derrière Paris - en termes de nombre de policiers par habitant.  

"C'est un chiffre à relativiser, explique Diego Martinez, secrétaire départemental du syndicat Unité SGP Police. Certes, dans l'absolu, le nombre est important, mais Marseille est trois fois plus étendue que Paris, compte près de 30 kilomètres de côtes et surtout, contrairement à Paris, elle compte de nombreuses cités au sein même de la ville." 

"A chaque fois qu'on y va, les véhicules sont caillassés"

En cinq ans, les forces de police de la région ont été amputées de presque 200 postes, notamment à cause de la politique de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux mise en place par l'ancien gouvernement. "Cette diminution des effectifs se ressent très fortement sur le terrain, assure le syndicaliste. Le nombre de patrouilles a fortement diminué et certains quartiers - à l'instar de la Castellane - ont été désertés par la police. Bien sûr, il y a encore des coups de filets dans ces zones, mais c'est du coup par coup car il faut faire intervenir de gros renforts."  

Un constat que nuance Jean-Marie Allemand, secrétaire zonale d'Alliance. "On continue à intervenir dans tous les quartiers de la ville, mais c'est vrai qu'à chaque fois qu'on y va, les véhicules sont caillassés et on se fait souvent agresser." Et d'ajouter: "Seuls les quartiers nords ont été placés dans les zones prioritaires de sécurité, alors qu'il faudrait y mettre la ville toute entière. Lorsqu'on regarde la géographie des règlements de compte, aucun arrondissement n'est épargné..." 

Actions coup de poing contre solution durable

Tous les syndicats s'accordent pour dire que 350 postes durables doivent être ouverts dans la ville. "Il faut renforcer les cellules d'investigations pour démanteler les réseaux de drogue et d'armes dans la ville, poursuit Jean-Marie Allemand. Pour ce faire, il faut multiplier les patrouilles." Pour le syndicaliste d'Unité SGP Police, il est également indispensable d'accentuer la présence sur le terrain. "Il n'y a pas de solution miracle pour désenclaver les quartiers: aujourd'hui, la police n'est plus présente partout pour garantir la loi et la faire appliquer."  

A l'instar du gouvernement tous prône une solution durable. "La présence de l'armée ou les forces d'appoint sont amenés à disparaître. Or, comme dans toutes les opérations coups de poing, le calme revient le temps de l'action mais une fois celle-ci terminée, les représailles sont très dures pour ceux qui restent ". Et son confrère d'Alliance d'ajouter: "Il y a toujours eu à Marseille des tueries. Aujourd'hui, les armes utilisées rendent les meurtres très impressionnants, mais il n'y en a pas plus qu'avant. Pour apaiser la ville, il faudra donc de gros moyens et du temps." Tous attendent jeudi, pour connaître les pistes engagées par le nouveau gouvernement pour ramener le calme à Paris.  

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Commentaires

Dans cette triste série : http://www.laprovence.com/actu/faits-divers-en-direct/trois-vieilles-dames-frappees-pour-leur-or

A noter que ces faits avaient, me semblent-ils, été occultés jusqu'à ce jour du fait des nécessités des appels à témoins...

Écrit par : simianais | samedi, 01 septembre 2012

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