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vendredi, 24 août 2012

Les agresseurs ? Kouas et Aouri. Les agressées ? Lucienne et Françoise. Rien à ajouter.

Marseille : le face-à-face de victimes avec leurs arracheurs de colliers

 


 

Publié le jeudi 23 août 2012 laprovence.com

 

Prison ferme pour deux jeunes garçons jusque-là sans histoires

 

L'un a tout juste 18 ans, l'autre à peine vingt. Le premier est en contrat d'apprentissage dans une pâtisserie, le second tente de raccrocher un Bac Pro en comptabilité après avoir été exclu du lycée à cause d'une bagarre. Anis Kouas et Scander Aouri ont en commun de comparaître à la même audience pour avoir arraché des colliers au cou de passants. Un passage à l'acte sans signe avant-coureur, les deux prévenus arrivent devant le tribunal détenu mais avec un casier judiciaire immaculé. Face à eux, leurs victimes témoignent de la violence subie, de la ruse mise en oeuvre pour les dépouiller et des petits bleus psychologiques.

Samedi, Anis Kouas s'empare des deux chaînes en or au cou d'un homme handicapé qui descend du bus, Cours Belsunce. Il n'ira pas loin. Le jeune apprenti pâtissier est interpellé en compagnie de son cousin, les chaînes dans les mains. "J'ai pas d'argent, bafouille-t-il, je suis désolé, je regrette ce que j'ai fait". Le président Pierre Calloch n'en reste pas là. À la victime, très handicapée à la suite d'un accident vasculaire cérébral, il demande de faire quelques pas dans le prétoire. L'homme manque de s'effondrer à chaque petit pas, sa béquille dérape.

Le président à Anis : 
"Ça s'appelle comment une personne qui marche comme ça ?"
"Un invalide", bredouille l'apprenti.
"Alors vous vous attaquez aux invalides ?"
"C'était la première fois".

Première fois ou pas, le procureur Jean-Yves Lourgouilloux ne veut pas faire la différence. "On va vous parler de la prison école du crime, d'une détention qui ne servirait à rien. Mais quand on agresse un handicapé, on est mal parti sur la voie de l'insertion". Le magistrat requiert "une réponse judiciaire cohérente et ferme : deux ans de prison"

Et le double, quatre années, est ensuite requis contre Scander Aouri, jugé pour l'arrachage de quatre colliers, entre mars et juillet, dans "le triangle d'or marseillais", ainsi désigne-t-on le quartier Rodocanachi (8e). Mais le jeune homme nie les trois premiers, pas le dernier qui lui a valu d'être interpellé en flagrant délit, là encore en compagnie d'un mineur, là encore le collier était glissé dans une chaussette. 

Face à des dénégations glaciales, Lucienne, la soixantaine, et Françoise, la quarantaine, le désignent comme leur agresseur. Elles sont sûres, parlent de ses "cheveux plaqués sur le front puis en hérisson sur le haut du crâne". Les deux victimes absentes l'ont aussi identifié. Pour Me Stéphane Müller, "les victimes ne mentent pas mais sont persuadées de reconnaître quelqu'un car elles en ont besoin surtout qu'on tient un coupable idéal".

"On ne prend pas le bien d'autrui"
Lors de chaque agression, la victime tenait la main d'un enfant et avait repéré ce jeune homme semblant en embuscade. Deux jours avant son arrestation, les policiers avaient surveillé son "manège". Pour le seul vol avoué, le jeune homme évoque une contrainte par la menace d'un homme lui ayant mis une lame de couteau sur le cou mais n'en dévoile pas plus.

Lucienne que les policiers raccompagnent du palais de justice au métro, celle-ci redoutant des représailles, dit combien elle tenait à son bijou et, comme une bouteille qu'on jette à la mer : "Quand même, on ne prend pas le bien d'autrui".

En raison de l'absence d'antécédents judiciaires, le tribunal a condamné Anis Kouas à deux ans de prison dont dix-huit mois avec sursis et mise à l'épreuve assortie des obligations de travailler et d'indemniser les victimes et Scander Aouri à quatre ans de prison dont trente mois avec sursis et mise à l'épreuve avec les mêmes obligations. Et une recommandation : "Et tenez-vous à carreau".

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