jeudi, 02 août 2012

Les parrains du PS marseillais sortent les cadavres du placard !

Marseille : Guérini et Povinelli, les vraies raisons de la brouille

 



Le maire d'Allauch a pris ses distances après avoir identifié des projets suspects

Publié le jeudi 02 août 2012 laprovence.com

 

Réputée pour ses algarades, la vie politique marseillaise a rarement connu un

affrontement d'une telle violence que celui qui oppose depuis la semaine dernière Jean-

Noël Guérini et Roland Povinelli.

Mercredi, lors d’une visite à Allauch, le président du Conseil général a ouvert le feu : alors que le maire était absent, il l’a gravement mis en cause à plusieurs reprises, affirmant que la commune devait "beaucoup d’argent" au Département et jurant ne plus avoir "confiance".

Allauch devrait beaucoup d'argent au Département selon Guérini

Une charge qui a poussé Povinelli à réagir sans prendre de gants, vendredi dans La Provence : "Pourquoi tant de haine ?, s’est-il interrogé de Vichy où il est en cure. Le président Guérini n’aurait jamais dû déclarer la guerre (...). Je lui donne rendez-vous au congrès du PS, cet automne". Un conflit interne au Parti socialiste peut-il expliquer ce duel ? C’est ce que le maire d’Allauch a avancé dans un premier temps.

Une lecture partagée par l’entourage de Jean-Noël Guérini, bien qu’il soit officiellement en retrait du PS depuis sa mise en examen par le juge Duchaine : "C’est une histoire de congrès, les relations deviennent élastiques, ça se tend, ça se détend..." Povinelli reconnaît toutefois que "les rapports ne sont plus très bons depuis un moment, il m’a même accusé de trahison". En fait, c’est l’élu d’Allauch qui aurait pris ses distances depuis bientôt un an. Ce que tempère l’entourage du président du CG : "Ils ont toujours eu des contacts compliqués. Chacun a son tempérament, ça peut faire des étincelles".

 


Toute ressemblance avec des faits réels observés au sein de la famille du PS marseillais et de ses Parrains ne serait que pure et fortuite coïncidence...ndlr 

 

Blanchir des capitaux placés à l’étranger

Qu’est-ce qui a poussé Roland Povinelli à nourrir une crise qui vient d’éclater publiquement, lui qui a longtemps été un des plus fermes soutiens de Guérini, notamment lors du congrès de Reims en 2008 ? Selon nos informations, la découverte d’investissements suspects sur le territoire de sa commune l’aurait beaucoup inquiété : il s’agit de projets liés au frère de Jean-Noël Guérini, Alexandre, qui sont au cœur de plusieurs instructions judiciaires. "Quand j’ai appris tout ça, ça ne m’a pas fait plaisir", avoue le maire d’Allauch.

C’est un entrefilet dans La Provence qui l’a alerté à l’automne dernier sur la tentative de prise de contrôle par une société luxembourgeoise d’un golf (1) et de terrains qui se trouvent à l’entrée de sa commune. Pilotée en 2008 par des financiers suisses dont un est actuellement en fuite en Israël, l’opération de "développement immobilier" aurait pu servir à Alexandre Guérini pour blanchir des capitaux placés à l’étranger. "Je n’avais pas de preuves, mais j’ai préféré prendre mes précautions", raconte Povinelli.

L'ombre de Barresi

Dans l’urgence, la mairie a rendu inconstructibles les terrains et décidé d’acheter le site pour créer une plaine sportive. Une démarche dont elle a avisé le juge Duchaine, afin de parer à tout ricochet. À la même époque, une demande de permis de construire pour un petit supermarché a intrigué les services de la mairie d’Allauch : elle était déposée par la SCI Kapaeva, dans laquelle la compagne d’Alexandre Guérini avait des parts. "Leur permis, ils ne l’ont pas eu, ils sont partis aussi sec", se félicite aujourd’hui l’élu.

En fait, c’est l’architecte des Bâtiments de France qui s’y est opposé et la Ville s’est prudemment rangée à son avis. Concernant ce supermarché, l’équipe de Povinelli a sans doute eu le nez creux au vu des éléments établis par les enquêteurs. C’est ainsi qu’une note Tracfin pointe un virement "atypique" de 50 000 euros qui pourrait relever d’un "recyclage de fonds". Interrogé par le juge sur cette SCI, Alexandre Guérini s’est montré particulièrement évasif. De même, des documents concernant ce projet ont été saisis dans les affaires de Bernard Barresi lors de son arrestation en juin 2010.

Lors de sa garde à vue, il a parlé d’"un pote qui (lui) a donné un modèle de contrat à titre de curiosité", sans plus de précisions... Autant d’éléments que le maire d’Allauch ignorait. Et dont il prend bien garde d’incriminer Jean-Noël Guérini : "Je ne vais pas lui coller toutes les affaires de son frère. Mais dans le doute, je suis content d’avoir fait ce que j’ai fait : je dors beaucoup mieux !" Un "background" auquel l’entourage du président du CG se refuse à croire: "Il est possible que des éléments annexes existent dans cette dispute, mais ça repose surtout sur des rapports de forces locaux pour le PS".

(1) Jean-Noël Guérini y a ses habitudes, comme il l’a expliqué au juge Duchaine.


Bagarre de cartes en vue du congrès du PS

Longtemps "amicales" pour ne pas dire "fraternelles", les relations entre Jean-Noël Guérini et Roland Povinelli ont connu un premier coup de froid à l'automne 2008, lors des sénatoriales. Élu au Sénat, Povinelli devait abandonner un de ses mandats (conseiller général et maire d'Allauch), conformément à la loi sur le cumul. Or, pas très chaud pour organiser des cantonales partielles, Guérini l'avait placé en position éligible sur la liste du PS à condition qu'il reste au département et quitte la mairie.

Un scénario que Povinelli se refusera à appliquer, préférant au dernier moment conserver le fauteuil de maire qu'il occupe depuis 1975, provoquant la colère de celui qui était alors surnommé "l'homme fort du PS". "Depuis cet épisode, Povinelli s'était éloigné", confie-t-on dans l'entourage de Guérini. Il semble toutefois que dans la perspective du futur congrès du PS, prévu cet automne, le patron du département imaginait que le camp qui a ses faveurs (celui de Jean-David Ciot, l'actuel responsable de la Fédération 13) pourrait compter sur Povinelli et les "800 cartes" de militants qu'il revendique (1).

Or, l'Allaudien vient de signer le texte présenté par Marie-Arlette Carlotti, la nouvelle ministre qui a déclaré cette semaine que Guérini est "un boulet" dans la perspective des municipales de 2014. Une signature qui a d'autant plus mis le feu aux poudres qu'il s'agit pour Povinelli de prendre ses marques en vue des futures sénatoriales : étant convaincu que Guérini montera une liste divers gauche qui pourrait obtenir un élu, il entend être bien placé sur celle que présentera le Parti socialiste.

(1) Au printemps 2011, la commission Richard a jugé qu'avec 913 militants, la section PS d'Allauch avait des effectifs trop importants. Elle proposait de la découper en plusieurs sections de 250 personnes maximum.

 

 

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