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mercredi, 01 août 2012

A l'UMP, on n'a pas de pétrole, mais on a des idées...qui sentent mauvais !

Un sénateur accuse son rival d'avoir voulu le pièger

Par Chloé Woitier le figaro.fr publié le 31/07/2012 


Enregistrement à l'appui, un sénateur de Moselle, Jean-Louis Masson, accuse son rival UMP, François Grosdidier, d'avoir eu l'intention de fabriquer un scandale sexuel pour briser sa carrière. L'accusé crie à son tour à la manipulation.

L'affaire semble sortie d'un film. Un sénateur divers droite de Moselle, Jean-Louis Masson, accuse son rival de toujours, l'UMP François Grosdidier, d'avoir voulu monter une machination contre lui. Enregistrement sonore à l'appui, il affirme que son ennemi politique a voulu créer de toute pièce un scandale sexuel pour se débarrasser de lui. Il a déposé plainte pour association de malfaiteurs.

L'enregistrement, remis à la justice mais pas encore authentifié, a été largement diffusé aux médias locaux, et mis en ligne par le site internet du magazine Marianne. On y entend la voix du sénateur UMP évoquer un complot contre son adversaire avec un certain Sébastien Faizand, expert financier. L'élu décrit Jean-Louis Masson comme un «fou furieux» qui ne cherche qu'à provoquer sa chute. Les deux hommes s'opposent depuis plus de 20 ans dans les tribunaux à coup de dépôts de plainte pour recel, détournement de fonds public, ou diffamation.

Une relation difficile qui date de 1989, quand François Grosdidier a négocié sans l'accord de Jean-Louis Masson, alors tête de liste RPR pour la mairie de Metz, un rapprochement avec la liste centriste. Depuis, «chaque matin depuis 20 ans, je me réveille en me demandant ce qu'il va faire contre moi», explique au Figaro François Grosdidier.

«Le seul truc, c'est de le faire coucher avec une mineure»

La publication de cet enregistrement est une étape de plus dans la complexe relation entre les deux hommes. Mais son contenu est explosif pour le sénateur UMP. «Le seul truc, c'est de faire coucher [Jean-Louis Masson] avec une mineure ... Il n'y a que ça», affirme la voix de François Grosdidier, en évoquant les moyens de se débarasser de son adversaire. «Oui, on en a déjà parlé, mais on ne trouve personne. Quand tu cites son nom, tout le monde en a peur», rétorque sur la bande l'expert financier.

Les deux hommes s'accordent alors pour trouver une jeune fille au Maroc «Au Maroc, il se fera piéger comme un lapin», ajoute l'expert. «Dès que ça pète, moi je préviens le secrétaire d'Etat à l'Intérieur en lui disant, écoutez ne le protégez pas, c'est le plus foireux des hommes politiques français…», rajoute la voix de François Grosdidier. Il glisse également que «si [Jean-Louis Masson] disparaît, c'est une épine du pied ...»

«Je suis entré dans son jeu pour voir jusqu'où il irait»

Si François Grosdidier reconnaît que la voix sur l'enregistrement est bien la sienne, il crie à la manipulation. Il admet avoir rencontré à plusieurs reprises Sébastien Faizand, mais le qualifie «d'escroc de haut vol». Ce dernier l'aurait d'abord approché pour lui proposer des montages financiers pour sa commune de Woippy, avant de s'intéresser à son conflit avec Jean-Louis Masson. Il lui aurait alors fait, selon les dires de François Grosdidier, «des propositions délirantes pour le neutraliser politiquement».

Pour expliquer la teneur de cette fameuse conversation, qu'il estime remonter à 2010, François Grosdidier a un argument: «Je suis entré dans son jeu pour voir jusqu'où il irait» . Selon le sénateur-maire, cette conversation a duré près d'une heure et le résultat entendu sur la bande est le fruit d'un montage. Des coupes sont effectivement clairement audibles sur les bandes sonores.

«Je pense maintenant que tout ceci est lié à Masson», affirme le sénateur. «Il avait promis le soir du second tour des législatives qu'il lâcherait des torpilles contre moi. Son plan se déroule parfaitement».

«Ils sont capables de tout»

De son côté, Jean-Louis Masson explique avoir l'enregistrement en mains depuis plusieurs mois déjà mais d'avoir choisi de ne pas le transmettre immédiatement à la justice. Étonné d'avoir été plusieurs fois démarché par un entrepreneur marocain qui cherchait à la faire venir au Maroc, il n'avait pas donné suite. «Il voulait que je le rejoigne. Il disait avoir des informations sur Grosdidier. Je n'y suis pas allé mais j'ai quand même rencontré cet homme, à Metz.» explique-t-il dans une interview au Républicain Lorrain. Puis, il aurait reçu l'enregistrement. «Un mot indiquait qu'avec ça, je comprendrais mieux pourquoi on voulait me faire venir au Maroc».

Pourquoi alors ne pas avoir dévoilé plus tôt cet enregistrement? A l'heure de la mise en ligne de cet article, Le Figaro n'avait pas réussi à joindre l'élu pour avoir sa version des faits. Seule explication donnée à des medias locaux: il aurait agi «pour se protéger» au lendemain de l'intrusion suspecte de deux hommes en treillis chez Patrick Malick, un entrepreneur ayant dénoncé des pratiques véreuses du milieu du BTP dans la région et porté des accusations contre François Grosdidier. «Quand j'ai lu ça, je me suis dit qu'ils étaient capables de tout» explique Jean-Louis Masson dans son interview auRépublicain Lorrain.

La justice va donc devoir trancher sur qui manipule qui dans cette affaire. En réponse à la plainte de Jean-Louis Masson, François Grosdidier a lui aussi déposé plainte pour dénonciation calomnieuse et mensongère, manipulation et association de malfaiteurs.

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