L’agression s’est déroulée dans le service des soins intensifs. Vers midi, un garçon de 14 ans et sa sœur de 21 ans rendent visite à leur père âgé de 45 ans. Le patient se plaint auprès d’eux du manque de prise en charge du personnel de la clinique. Furieux, les deux jeunes décident de demander des explications à la femme anesthésiste en charge de leur père.

Rapidement, le ton monte. Mais avant même de pouvoir s’expliquer, le frère et la sœur se ruent sur l'anesthésiste en lui portant des coups au visage. Selon une source de police, les agresseurs auraient continué à la frapper alors qu’elle était au sol. Une infirmière tente alors de lui porter secours, mais elle est également frappée au visage. Il faudra l’intervention d’un kinésithérapeute pour tenter de calmer la colère du frère - déjà défavorablement connu des services de police - et de sa sœur.

Bilan de cette agression : plusieurs contusions au visage pour l'anesthésiste et l’infirmière qui se sont vu délivrer 5 et 2 jours d’ITT. Interpellés, les agresseurs ont été placés en garde à vue au commissariat de Noailles. Ils seront présentés en décembre prochain devant le juge du tribunal correctionnel de Marseille pour violence aggravée.

Des conditions de travail de plus en plus dégradées

Deux jours après l’incident, la direction de la clinique n’a toujours pas souhaité communiquer sur cette agression. Mais selon André Descamps, secrétaire général Force Ouvrière des services de santé privé des Bouches-du-Rhône, les violences dans les services hospitaliers seraient quotidiennes. "C’est déplorable ce qu’il vient de se passer mais c’est le signe de la détérioration des conditions de travail du personnel notamment dans les cliniques privées", explique le syndicaliste.

"D’abord, il y a un manque de conscience collective. Les patients et leurs proches se comportent comme des consommateurs, ils n’acceptent pas d’être contredits. Les impératifs de rentabilité font aussi que le personnel des cliniques ne peut pas être à l’écoute de tous les patients car ils sont en sous-effectifs".

Selon André Descamps, l’incident de la clinique Bouchard aurait profondément choqué l’ensemble du personnel de cette clinique réputée tranquille. "Ils ont été agressés sur leur lieu de travail. C’est un choc psychologique, ils vont maintenant travailler avec la peur au ventre".