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mercredi, 18 juillet 2012

Voleur à l'exterieur, violent à l'interieur: Lakhdar, une chance pour la ...prison !

 

 

Aix : huit mois de prison de plus pour un coup de tête au maton

Un détenu de Luynes a été condamné pour violences et outrage

 

 

L'audience a été l'occasion d'évoquer la violence que subissent les surveillants de prison.

 

 

Les faits sont d'une banalité triste. Et éclairent le quotidien des surveillants de prison. Dans le box du tribunal correctionnel, Lakhdar Lefkir explique brièvement : "J'ai eu une altercation avec un autre détenu. Le lendemain, le jeune qui m'insultait, il est venu devant ma porte".

Provocation suprême, sans doute, mais le surveillant refuse de lui ouvrir, lui qui veut aller en découdre avec ce co-détenu. "Ensuite, poursuit la juge Stelina Boresi, vous lui donnez un coup de tête et plusieurs coups de poing..." Lefkir, 19 ans, s'en défend : "Je lui parle pas, moi, au surveillant. Mais le surveillant, il est entré dans ma cellule, il m'a porté des coups alors j'ai bien été obligé de me défendre".

Des conditions de plus en plus difficiles

Une version qui, à première vue, ne semble pas emporter l'adhésion générale. Quatre jours d'ITT (incapacité totale de travail) sont établis par un médecin pour le gardien, qui présente plusieurs hématomes au visage. L'avocate du plaignant, Me Clémence Aubrun, souligne d'ailleurs les témoignages fournis par plusieurs détenus, qui ont attesté des coups portés au surveillant.

L'avocate complète son propos avec "les conditions de plus en plus difficiles, dans lesquelles ces agents exercent leur métier, au quotidien", notamment face à ceux "qui n'assument pas ce qu'ils font". Concernant Lakhdar Lefkir particulièrement,"il y a eu trois incidents avec des rapports de discipline voire des sanctions, depuis le début de son incarcération".

"Les insultes étaient clairement dirigées contre le surveillant"

Le jeune prévenu, qui purge actuellement une peine pour vol, l'écoute en croisant les bras, menton collé à la poitrine. Même posture pour entendre les réquisitions du Parquet. Pour l'accusation, "les insultes étaient clairement dirigées contre le surveillant, de la part d'un prévenu qui ne supporte visiblement pas la frustration".

La représentante du Ministère public fait la lecture des dépositions d'autres détenus de la maison d'arrêt de Luynes, qui ont clairement "vu le détenu frapper le surveillant par terre. Il était sur lui", détaille-t-elle, avant de requérir une peine de 10 mois, sa détention ne l'ayant, jusque là, "pas fait réfléchir". En défense, c'est le bâtonnier Jean-Louis Keita, qui est à l'oeuvre.

Les temps qui changent

Avec, en préambule, une réflexion sur les temps qui changent. Et, peut-être, pas forcément en mieux : "Il fut un temps où les chefs de l'État faisaient de grands discours, c'était la grandeur de la France. Aujourd'hui, c'est 'Casse-toi, pauv' con'. C'est une époque où des joueurs d'une équipe de football qui gagnent 700 000 euros disent 'la con de ta mère' quand d'autres sont au chômage et dans les difficultés. Le monde est bizarre et les valeurs inversées et lui, n'y comprend plus rien ; Ce gamin, on l'a insulté alors lui, que veut-il faire ?"

L'avocat de la défense pointe ensuite la vie en détention, où les insultes sont le lot quotidien pour le personnel pénitentiaire : "J'admets un moment d'égarement et de violence extrême contre un surveillant qui voulait bien faire, par mon client qui s'est aussi fait... fracasser par d'autres détenus. Je demande au tribunal une stricte application de la loi pénale".

Après son délibéré, le tribunal a condamné le prévenu pour violences sur personne dépositaire de l'autorité publique en récidive, et outrages, à la peine de huit mois de prison avec maintien en détention. Il devra verser 2 000€ à la victime, pour le préjudice moral et corporel.

La Provence le 18/07/2012

 

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