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mardi, 17 juillet 2012

En mal de paroissiens, des "prêtres" veulent garder les Roms.

Expulsions des Roms : les prêtres indignés écrivent au maire de Marseille

 


 

Publié le mardi 17 juillet 2012 laprovence.com

 

49 hommes de foi ont envoyé à Jean-Claude Gaudin une lettre dénonçant le traitement fait à la communauté rom


 

Elle pourrait s'appeler "la lettre des 49". En l'occurrence, 49 prêtres mais aussi diacres qui ont tiré la sonnette d'alarme. Car l'été, ce n'est pas que l'équation monoï-bikini-glace. C'est aussi campement de fortune sur le trottoir, toilette du bébé dans le caniveau et stress de l'expulsion imminente.

Ces hommes de foi s'indignent du sort - devenu monnaie courante- des familles Roms, un bon millier de personnes sur Marseille, le double dans le département : "Toute expulsion est intolérable. Pourquoi cet acharnement sur ces familles ?". Question posée au maire Jean-Claude Gaudin à qui la lettre est adressée et à tous les maires de secteur, toutes étiquettes confondues.

"Je n'en peux plus de cette traque de la police"

Une initiative venue notamment de trois prêtes en activité. Comme le père Paul Daniel qui officie de la Belle de mai au Canet ou à Saint-Gabriel :"Je suis lié avec des familles. Et je n'en peux plus de cette traque de la police. Cette inhumanité. Nous sommes témoins dans nos quartiers des expulsions. À chaque fois, le travail des associations est remis en question".

Une indignation du diocèse qui déjà a conduit il y a quelques mois à l'ouverture d'un immeuble devant l'église Saint-Pierre pour une dizaine de familles. Selon lui, il faut aller à la rencontre de la communauté "plutôt que de faire des pétitions pour les foutre ailleurs".

"Il faut vivre cette fraternité qui fait partie de la devise républicaine"

C'est avec le prêtre Jean-François Vincent, curé à la Capelette et le prêtre Eric Saint-Sevin, aumônier des gitans, qu'il a décidé d'envoyer le courrier. "On les pourchasse", déplore encore le père Daniel. "J'en parle pendant la messe. Le problème c'est que pour beaucoup, les Roms sont sales, voleurs de poules, et d'enfants. Des propos qu'on pouvait entendre il y a soixante ans !".

Pour cet homme d'Église, ce n'est pas qu'une question de foi :"Il faut vivre cette fraternité qui fait partie de la devise républicaine". Au quotidien les associations comme Médecins du monde ou le Secours catholiques viennent en aide aux familles, souvent dans une situation au-delà de la précarité. Pour Rencontres Tsiganes (RT), qui gère surtout les procédures judiciaires, la réunion qui a eu lieu le 10 juillet dernier en préfecture est un flop.

"On ne nie pas les difficultés"

Pour Jean-Paul Kopp, président :"Les associations ont toutes demandé une alternative aux expulsions. Un vrai suivi, une concertation entre tous les acteurs. Mais il n'y a pas de changement de discours de l'Etat. On ne nie pas les difficultés. Mais par exemple, les Roms peuvent habiter dans des appartements, puisque ce n'est pas une population nomade. Et on a aussi demandé au niveau national la fin de la période transitoire qui les empêche de travailler.

Alors qu'ils sont citoyens européens ! Dans le même temps, on mise sur les reconduites à la frontière qui coûte 20 000  par personne. Et en plus on leur propose à chacun 300 ça ne résout rien et ça a surtout un effet pervers puisque cela incite les autres à venir ! Il faut que tout cet argent serve à mieux les accueillir voire à un suivi en Roumanie".

Une table ronde est nécessaire

Pour Caroline Godard, une autre responsable, "Le préfet a bien précisé qu'il appliquerait les décisions de justice. Il y a une vraie dégradation de leurs conditions de vie. Pourtant le nombre de personnes est constant depuis dix ans. Mais dès qu'ils s'installent quelque part, les propriétaires les assignent. Ils repartent, et ça recommence. Et ça fout en l'air tout l'accompagnement que l'on fait en matière de soin, de scolarisation. C'est de la survie avec de plus en plus de saturnisme, de problèmes infectieux, dermatologiques".

Pour Jean-Paul Kopp, une vraie table ronde est nécessaire, au lieu d'une fuite en avant."Il faut mettre en place aussi dans chaque secteur de la ville de petites structures d'accueil comme à Saint-Pierre. Cela se passe bien".

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