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mercredi, 11 juillet 2012

On s'aime, on s'adore au sein de la nébuleuse islamique "de France"

La Grande Mosquée de Paris claque la porte du CFCM

Par Jean-Marie Guénois lefigaro.fr| publié le 11/07/2012 
Dalil Boubakeur, le recteur de la Grande Mosquée de Paris lors du dîner du Crif, en février dernier, à Paris.
Dalil Boubakeur, le recteur de la Grande Mosquée de Paris lors du dîner du Crif, en février dernier, à Paris. Crédits photo : François BOUCHON/Le Figaro


La crise est sans précédent au sein du Conseil français du culte musulman qui entend toutefois poursuivre sa réforme.

Ce n'est pas la première fois que la Mosquée de Paris tonne contre le Conseil français du culte musulman (CFCM) mais la charge est sévère. Mercredi, son recteur, Dalil Boubakeur, a écrit au président du CFCM, Mohammed Moussaoui, pour l'informer de la décision de «démissionner de cette instance» et d'en retirer ses deux représentants.

En cause, selon un communiqué officiel, «les graves dysfonctionnements du CFCM et sa gouvernance autocratique qui a tenté de minorer la surface et l'influence de la Grande Mosquée de Paris».

Interrogé par Le Figaro, Mohammed Moussaoui accuse «réception» de la lettre de Dalil Boubakeur. Il en mesure la «gravité». Elle sera au centre du bureau exécutif du CFCM le 19 juillet prochain. Mais il récuse point par point les critiques et assure que cette instance de représentation de l'islam de France - créée en 2003, sous l'égide de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur - va continuer son chemin. Il est effectivement ponctué de crises successives. Ainsi, le divorce similaire de la puissante UOIF (Union des organisations islamiques de France), il y a quelques années.

Divisions et égoïsmes

Au-delà des polémiques structurelles entre responsables musulmans - stigmatisés par Manuel Valls, ministre de l'Intérieur et des Cultes, évoquant vendredi dernier, lors de l'inauguration de la mosquée de Cergy, «les divisions, les égoïsmes, la concurrence» - trois questions expliquent cette dissension.

En premier lieu, le système de calcul par mètres carrés de mosquée qui fonde la représentation des élus au CFCM. Il est en cours de réforme mais est défavorable aux lieux de cultes liés à la Mosquée de Paris: plus anciens, ils sont plus petits alors que les musulmans algériens sont historiquement les premiers en France.

Second motif, la gouvernance du CFCM. Maître Chems-eddine Hafiz, jusque-là vice-président de cette instance au titre de la Mosquée de Paris, parle «d'hégémonie et de rapports de force».

Troisième raison: l'architecture du CFCM. La Mosquée de Paris comme l'UOIF veulent un CFCM modeste. Une simple fédération des grandes familles de l'islam qui garderaient, elles, le contrôle. Or, avec le temps, le CFCM devient l'organe de représentation de l'islam de France, reconnu et le plus en vue.

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