jeudi, 14 juin 2012

Stéphane Ravier : "c'est de plus en plus gagnable" !

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Les bulletins et les professions de foi de Sylvie Andrieux ont perdu le sigle du Parti socialiste d'un tour à l'autre. Ceux du premier tour étaient déjà imprimés lorsque, le 31 mai, au lendemain de son renvoi devant le tribunal correctionnel pour "détournements de fonds publics", la direction du parti, rue de Solférino, avait retiré son investiture à la députée sortante. Exit le poing et la rose, mais pas la revendication d'être "candidate de la majorité présidentielle et de la gauche". "Pas besoin du label PS pour voir qu'on est socialiste", assure Mme Andrieux.

Dimanche, c'est donc entre un bulletin "Majorité présidentielle - Rassemblement des démocrates et républicains" et un bulletin Front national qu'auront à choisir les électeurs de la 3e circonscription des Bouches-du-Rhône, qui couvre les quartiers Nord. Dans ce Marseille des grandes cités et des noyaux villageois, dans cette zone de grande pauvreté, Stéphane Ravier, secrétaire départemental adjoint du FN, a devancé la sortante de 27 voix. Avec 29,87 %, il réalise le meilleur score de son parti dans les Bouches-du-Rhône.

Dans ce contexte troublé par l'intervention d'une décision de justice, doublée d'un redécoupage défavorable à la gauche, l'entourage de la députée socialiste redoutait un impact dans les urnes sans pouvoir en estimer l'ampleur. C'est finalement un déficit de 3 à 4 points qu'aurait subi Mme Andrieux au premier tour, ce qui l'a fait passer en seconde position pour disputer un duel très serré contre un candidat d'extrême droite qui sent "d'heure en heure que c'est de plus en plus gagnable".

Eliminée, la candidate UMP Nora Preziosi (20,21 %) n'a donné aucune consigne de vote, fidèle au "ni-ni" des instances dirigeantes de l'UMP. Elle a appelé les électeurs de droite à choisir "en leur âme et conscience". Tout au long de sa campagne, elle a éreinté son adversaire sur le thème des affaires judiciaires, à coups de tracts et d'affiches. Mme Andrieux a d'ailleurs dénoncé "une campagne calomnieuse et de caniveau". "Si ce n'était pas une élue corrompue, je l'aurais soutenue", explique Mme Preziosi, qui n'ignore pas qu'une partie de ses électeurs va se tourner vers le Front national. "Mais moi, je suis une enfant d'immigrés, née à la cité Fontvert, alors jamais je ne cautionnerai le FN."

Le Front de gauche a bénéficié de ce mauvais vent sur la 3e circonscription, maintenant peu ou prou le score de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle (11,19 % des voix), alors qu'il s'est effondré ailleurs. Un vote refuge pour des électeurs de gauche ébranlés par ce renvoi en correctionnelle, selon sa candidate, Marie Batoux, qui appelle à battre l'extrême droite mais redoute une abstention à gauche. "J'ai peur que le vote utile ne suffise pas. Nous ne soutenons pas une candidature qui est devenue une aventure personnelle, avec des casseroles, mais le FN, c'est bien pire."

Sylvie Andrieux assure ne pas craindre de défections. "Les électeurs de gauche sont fortement conscientisés, ils savent ce que représentent les thèses du Front national, même repeint en bleu marine", dit-elle. Dans sa stratégie de "front républicain" pour "faire barrage à la haine et à la division", Mme Andrieux multiplie le porte-à-porte, accompagnée de son suppléant, Garo Hovsepian, le maire des 13e et 14e arrondissements, bien implanté dans son secteur.

"ABOMINABLE HOMME DES NEIGES"

Dans les cités acquises au PS, la participation a été faible le 10 juin : 39 % à Malpassé, 43 % à Frais-Vallon, pour une moyenne de 53 % sur la circonscription. Des voix à mobiliser dimanche, tout comme "la frange de démocrates chrétiens de l'UMP hostile aux compromissions avec le FN".

Le candidat du parti d'extrême droite, Stéphane Ravier, explique aux électeurs ses "points d'accord avec Nora Preziosi : l'angélisme de la gauche sur la sécurité, l'opposition au droit de vote des étrangers... Et puis les gens savent que je ne suis pas l'abominable homme des neiges, que je suis un père de famille, pas un facho". Il appelle donc les électeurs de l'UMP "à se lâcher et à comprendre que le cordon sanitaire n'est qu'une corde qui les étrangle". Si le scénario du duel PS-FN n'est pas une première dans ces quartiers - c'était déjà le cas en 1997 et 2002 -, cette fois-ci, le résultat d'il y a dix ans - 64 % contre 36 % - semble bien plus compliqué à atteindre.

Le Monde le 14 juin 2012

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Commentaires

vidéo BFMTV avec Stéphane et Andrieux

http://www.youtube.com/watch?v=FEvwBwbJv6Y&feature=player_embedded

Écrit par : simianais | jeudi, 14 juin 2012

allez STEPHANE ,àMarseille cela a trop dure,en avant toute,Andrieux,comme le Gaudinisme,à la casse

Écrit par : BERNET ROGER | vendredi, 15 juin 2012

Quand on lit ceci, on a encore + d'espoir :
http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/France/Le-dilemme-des-electeurs-pour-le-second-tour-des-legislatives-_EG_-2012-06-14-818710

Écrit par : simianais | vendredi, 15 juin 2012

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