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vendredi, 01 juin 2012

On chasse le naturel de la gauche, il revient au triple galop !

Contrôles d'identité : la grogne policière s'amplifie

 

Par Christophe Cornevin lefigaro.frMis à jour le 01/06/2012 
Les policiers pourraient être contraints de remettre un récépissé après chaque contrôle d'identité.
Les policiers pourraient être contraints de remettre un récépissé après chaque contrôle d'identité. Crédits photo : Christophe Petit Tesson/MAXPPP


Jean-Marc Ayrault a confirmé qu'un reçu sera remis lors d'une vérification d'identité.

Présentée par le gouvernement comme une façon de lutter contre les contrôles «au faciès», et de rendre plus «sereins» les rapports entre population et forces de l'ordre, la remise d'un reçu par la police à toute personne contrôlée provoque un tollé qui ne cesse d'enfler. À l'UMP, certains ténors n'ont pas de mots assez durs. «C'est une mesure qui jette le discrédit sur la police et la gendarmerie, tonne Éric Ciotti, secrétaire national chargé de la sécurité. Il y a aujourd'hui d'autres priorités que de vouloir entraver l'action des forces de l'ordre en fonction de considérations purement idéologiques. Le nouveau pouvoir avait voulu donner une image de réalisme en matière de sécurité, mais le vernis a vite craqué: c'est le retour à pleine vitesse vers une certaine forme de laxisme et d'angélisme.»

Au sortir d'un tour de table syndical vendredi dernier, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, avait émis l'idée d'«améliorer la relation entre la police et la population» en se fondant sur le modèle anglo-saxon, où l'agent doit décliner son identité et son matricule puis délivrer un récépissé à la personne contrôlée. Soucieux de s'épargner d'entrée de jeu une levée de boucliers, son entourage avait prudemment parlé d'une «simple réflexion».

Mais, vendredi, Jean-Marc Ayrault a confirmé l'hypothèse. «C'est une mesure que l'on va faire. Elle est en préparation, le ministre de l'Intérieur y travaille», a déclaré le premier ministre sur BFM-TV et RMCconsidérant que «c'est important de ne pas contrôler trois fois la même personne». «Ça sera utile à tous, aux personnes contrôlées (…) et puis aux policiers aussi, parce que les policiers ont besoin de retrouver la confiance et le respect», a insisté le chef du gouvernement, avant de tenter la pédagogie: «une mesure de ce type n'a rien de vexatoire pour eux, c'est simplement pour remettre de la sérénité. Il ne s'agit pas d'arrêter les contrôles d'identité, les policiers font leur travail. Simplement, on donne aux personnes contrôlées un reçu.»

«La délivrance d'un récépissé, à l'issue d'un contrôle d'identité, peut être une démarche utile», observe-t-on place Beauvau. Si les associations ont aussitôt manifesté leur satisfaction, il n'en a, semble-t-il, guère fallu plus pour mettre les policiers en ébullition. «Un récépissé de contrôle d'identité n'est pas pour nous une priorité, écrit dans un communiqué Nicolas Comte, secrétaire général d'Unité SGP Police. On ne solutionnera pas la fracture police-population en donnant l'impression aux policiers que la faute vient d'eux.» «On stigmatise la police comme étant une police raciste, s'indigne de son côté Jean-Claude Delage, secrétaire général d'Alliance, deuxième syndicat des gardiens de la paix. Il est inacceptable de partir de cette présomption. L'annonce faite par le premier ministre jette le discrédit sur l'honnêteté morale des policiers en laissant penser qu'ils font des contrôles en dehors de la loi.»

Un effet pervers possible sur le terrain

La colère est tout aussi virulente dans la hiérarchie. «Cela part d'une présomption de discrimination des policiers, qui seraient coupables de pratiquer des contrôles au faciès. Or, aujourd'hui, il y a la même diversité dans la police que dans la population qu'elle contrôle», renchérit Patrice Ribeiro, secrétaire général de Synergie-officiers. À l'instar de nombre de ses collègues, ce chef de file syndical redoute un effet pervers sur le terrain. «Cela va nous enlever des outils comme la palpation où on peut trouver des armes, de la drogue, assure Patrice Ribeiro. Les voyous contrôlés le matin brandiront un récépissé le reste de la journée et on ne pourra plus les contrôler. Cela va générer une dynamique qui n'est pas saine.»

Manuel Valls devra faire preuve de diplomatie pour apaiser un dialogue social qui s'envenime quinze jours après son arrivée. Dès vendredi matin, Manuel Valls a évoqué ce dossier avec le Défenseur des Droits. «Les syndicats de police seront naturellement associés à ce travail ainsi que les associations, prévient-on place Beauvau. Les contrôles d'identité constituent un outil essentiel pour lutter contre la délinquance. Il ne s'agit aucunement de les remettre en question, ni de compliquer le travail des fonctionnaires.»

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