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vendredi, 01 juin 2012

Le 18 juin marquera le début du changement...vers le pire !

Les premiers pas du quiquennat: une cure de désintoxication

lemonde.fr 1/5/12

photo AFP/ Bertrand Langlois

C’est une expérience assez inédite qui se joue en ce moment en France. Une sorte de désintoxication de la politique, une mise à zéro des attentes et des passions qui vont avec, après le quinquennat Sarkozy qui les avait placées bien trop haut, engendrant la tension et les désillusions que l’on sait.

En médecin de cette cure de désintoxication, le président Hollande joue les antihéros, refuse la flamboyance, use jusqu’à la corde le slogan de "la présidence normale" qui avait marqué toute sa campagne présidentielle.

A présent qu’il est à l’Elysée, il promet de "faire simple",  ne cherche pas à épater la galerie, évite de faire des coups. Il n’y a rien de surprenant dans ce qu’il dit ni dans ce qu’il fait, juste la stricte application des premières mesures qu’il avait promises lorsqu’il était candidat et qui vont dans le sens d’une présidence un peu plus modeste et d’un peu plus de justice sociale.

L’alternance version Hollande se joue sur le mode mineur de la gauche sage qui fait ce qu’elle peut, sans cacher la dureté des temps mais en évitant de crisper le pays. C’est la stratégie de la gauche édredon, à la fois prise en compte obligée du réel et calcul politique car à force de la jouer modeste, cette gauche là offre peu de prises à la droite qui se retrouve à la fois libérée du sarkozysme et déjà empêtrée dans ses querelles de succession.

Tout cela explique la tonalité très particulière de cette campagne des législatives qui, au plan national, semble comme inexistante. On a beau tendre l’oreille, on peine à entendre les arguments de l’UMP qui vient de renoncer à tout meeting national pour mieux se concentrer sur les combats locaux dans les 577 circonscriptions.

On prédit beaucoup d’abstention sans que cela chagrine outre mesure les deux grands partis, qui se disent que cela compliquera la tâche du Front national puisqu’il faut obtenir non pas 12,5% des suffrages exprimés mais 12,5% des inscrits pour figurer au second tour. Bref, ce pays si politique qu’est la France est en train de se résoudre à une sorte de non-campagne à un moment-clé de son histoire.

Le paradoxe est que ce qui ne se joue pas en France se déporte à Bruxelles, d’où viennent toutes sortes de mises en garde sur la suite des évènements, autrement dit sur la capacité du pays à tenir ses engagements de réduction des déficits et à desserrer les freins de la croissance.

Car le fait est que, même réduits à la portion congrue, les engagements du président Hollande apparaissent comme une nouvelle hypothèque sur l’avenir qu’il faudra bien lever. Ce qui se profile au lendemain des législatives est une sévère cure de rigueur, à laquelle il fallait progressivement préparer le malade en abaissant le niveau des ses attentes politiques.

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