vendredi, 25 mai 2012

Nourrice: uun métier plein d'avenir à Marseille

Marseille : l'affreux quotidien des "nourrices" de cité

 


 

Publié le vendredi 25 mai 2012 laprovence.com

 

Le coup de filet mené lundi par la PJ dans la cité Campagne Lévêque a mis en lumière le rôle ingrat de ces petites mains de la drogue


 

Le mirage d’une vie meilleure qui succède à la misère. Voilà le quotidien d’une "nourrice", cette mère de famille isolée, ce célibataire vivant sous le seuil de pauvreté qui offre son appartement aux trafiquants de stupéfiants, afin qu’ils stockent la marchandise à l’abri des regards policiers.

Le coup de filet mené lundi par la police judiciaire dans la cité Campagne Lévêque (notre édition d’hier), a mis en lumière le rôle ingrat de ces petites mains de la drogue, prises dans un engrenage criminel, chez elles, par des malfaiteurs sans pitié. Une mission risquée qui ne rapporte que quelques centaines d’euros par mois. Quatre habitants presque forcés de collaborer avec les trafiquants ont été arrêtés lundi. Avec un profil presque toujours identique, selon Roland Gauze, le directeur interrégionnal de la PJ de Marseille : "Ce sont des gens qui ont très peu de ressources. Il y a un homme qui vit de ses allocations cotorep, une mère et son fils et celui qui va plus loin, qui devient véritablement complice."

Ils conservaient des fusils d'assaut

Le réseau démantelé en début de semaine monopolisait quatre halls d’entrée de la cité. Dans chacun d’entre eux, un appartement leur était réservé. Une jeune femme avait même dû abandonner une pièce entière de son petit logement au stockage de la drogue. L’accès de la pièce était interdit par un cadenas, avec ordre absolu de ne pas y pénétrer. En plus des dizaines de kilos de "shit" ou d’herbe de cannabis entreposés, les dealers avaient aussi apporté des armoires fermant à clé, dans lesquelles ils conservaient des fusils d’assaut, dont une kalachnikov et un manhurin, ainsi que deux pistolets automatiques, chargés et prêts à l’emploi, au cas où...

"Le piège, c’est que ces gens-là deviennent entièrement otages des trafiquants, déplorait hier Roland Gauze.Ils pouvaient arriver à n’importe quelle heure de la nuit, ignorant la vie de famille de ceux qui vivent là." Des situations intenables que d’autres avaient choisi d’aménager au mieux, en plongeant corps et âme dans le trafic. Comme cet homme d’une cinquantaine d’années, passé du statut de simple nourrice à celui de membre actif du réseau. "Il coupait les barrettes et les mettait dans des sacs, confirmait un enquêteur. Cela pouvait lui rapporter jusqu’à quatre fois ce que gagnent les autres nourrices." Une implication qui lui vaut aussi d’être aujourd’hui derrière les barreaux.

Le revendeur portait un masque de carnaval

Dans son appartement, les enquêteurs de la brigade des stupéfiants ont découvert un cahier de comptes, soigneusement tenu, dans lequel il avait consigné toute son activité. Sur les huit derniers jours, il avait ainsi confectionné des doses de stupéfiants pour un montant total à la revente de 60 000 €. Si l’on rapporte cette donnée aux trois autres points de vente du réseau, le chiffre d’affaires mensuel donne le tournis. L’entreprise fonctionnait d’ailleurs selon des mécanismes extrêmement bien huilés. C’est sans doute le soin apporté à la surveillance des lieux qui en donne la meilleure mesure. L’une des entrées dont les trafiquants avaient pris possession était entièrement sous contrôle.

La cage d’escalier restait notamment barrée par un enchevêtrement inextricable de caddies et d’objets métalliques en tout genre qui n’autorisait l’accès aux étages qu’en ascenseur. Chacune de ses allées et venues était rigoureusement épiée par un guetteur, de sorte que tout inconnu qui pénétrait dans les lieux était immédiatement repéré. On n’ose à peine imaginer le désastre en cas d’incendie. Les clients étaient ainsi accueillis, après moult contrôles, jusqu’au revendeur, qui portait un masque de carnaval, dernière précaution, presque paranoïaque. Les deux animateurs de ce commerce illicite, des anciens de la cité et installés aujourd’hui dans des villas cossues à l’extérieur du quartier, âgés d’une trentaine d’années, ont aussi été appréhendés. Seul l’un d’eux a été écroué mercredi, le deuxième a été placé sous contrôle judiciaire. Le mirage d’une vie meilleure s’est évaporé.

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Commentaires

Sinistre, affreux, laid... Comment qualifier tout ceci autrement. Un coup de filet après la valse de Valls à Marseille. Il n'y a aucune mesure pérenne qui soit prise. Ces cités représentent une telle manne électorale...
Face à cela, une seule voie : le Front National !

Écrit par : Leni | dimanche, 27 mai 2012

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