Fort des 23 % de Marine Le Pen dans les Bouches-du-Rhône, le FN veut transformer l’essai pour les législatives. "Vu le mode de scrutin, c’est toujours difficile d’avoir un élu, mais je sens que cette fois, ce sera moins difficile", affirme Stéphane Ravier, candidat FN dans la 3e circonscription de Marseille.

Un optimisme affiché au lendemain des déclarations de certains cadres UMP locaux. En lice dans la 1re circonscription, Valérie Boyer a affirmé samedi que l’UMP s’adressait à "tous" ("Nous ne méprisons personne"), tandis que le député Dominique Tian refuse "d’être la droite la plus bête du monde en bunkérisant le FN."

"La balle est dans leur camp"
Des appels du pied aux électeurs d’extrême droite, selon Stéphane Ravier, qui invite l’UMP à aller plus loin. "On ne peut pas dire : 'On veut vos voix mais pas vos élus'", lance le conseiller régional, persuadé de pouvoir trouver des arrangements après le premier tour. "Si un candidat UMP est en ballottage défavorable dans une circonscription et qu’un candidat FN est en tête dans une autre, il ne faut pas s’entêter. La balle est dans leur camp".

Reste à convaincre le maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin, pour qui il n’y a "aucun lien, aucun dialogue" avec le parti frontiste. "Les choses changent pourtant. Certains candidats UMP sont plus sympas qu’avant quand je les croise", confie Stéphane Ravier. "Soit ils coupent le cordon, soit ils le gardent autour du cou et ce sera le raz-de-marée PS."


Une vague rose souhaitée par le socialiste Patrick Mennucci, même si l’attitude de l’UMP face au FN le laisse songeur. "La droite est-elle en train de reproduire les législatives de 1993, où, sous la houlette de Jean-Claude Gaudin, il y  avait eu des désistements réciproques ?"