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samedi, 19 mai 2012

Quand Hollande "le bleu" rigole chez Obama...

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Hollande et les "grands de ce Monde"...

A Camp David, les dirigeants des pays les plus riches ont affiché une union générale sur la croissance et la zone euro, mais qui laisse toute interprétation au dosage entre relance et austérité.

On ne parle pas que de cravate à Camp David. Même si François Hollande a fait son petit effet en arrivant vendredi soir en costume – avec cravate bleue afférente – se faisant sermonner par Barack Obama pour cette tenue bien trop officielle pour les chalets de bois du site, villégiature des présidents américains nichée dans les sous-bois du Maryland. Derrière la décontraction apparente, les leaders des huit pays les plus riches de la planète ont attaqué sec samedi, concentrant leurs discussions sur la relance de la croissance, la situation de la zone euro et l’état critique de la Grèce.

A la mi-journée, après avoir posé pour la traditionnelle photo de famille en plein air, le président français fait un point d’étape de son premier sommet international, dans l’un des nombreux petits chalets en bois peint couleur vert d’eau. En veste noire et chemise blanche, col bien ouvert cette fois. Et visiblement très satisfait de sa demi-journée. Voire frôlant l’arrogance quand celui qui a fait de la relance de la croissance l’un de ses axes de campagne déclare tout à trac: « Je considère que le mandat qui m’a été confié par les Français a déjà été honoré. »

Avant même la publication du communiqué final, qui intervient quelques minutes plus tard, il qualifie ce G8 de Camp David de réunion « utile et fructueuse » se gargarisant du soutien du président américain. « Il a voulu que la croissance soit évoquée comme une manière de donner confiance aux opinions publiques et aux marchés. Il n’y a pas de confiance sans croissance ni de croissance sans confiance », se lance le Français. Cette volonté de soutenir la croissance est « partagée par tous », même si, est-il contraint de concéder, « chacun des participants a pu y mettre ses propres mots ».

Merkel isolée ?

C’est là que le bât blesse depuis des mois, dans le bon dosage entre relance et austérité. Dans le texte final, « tout le monde s’y retrouve », souligne la délégation française. Les libéraux ont pu caser « comptes publics en bon ordre », « réformes structurelles » et « marchés ouverts ». Hollande a tenu lui à imprimer sa marque avec les mots « investissements », « technologies » et « énergie » comme autant de grands projets potentiels pour relancer la croissance. Soit des solutions « parfois idéologiquement contradictoires », reconnaît-on.

D’ailleurs, arrivée juste après le président français dans la salle de presse, coincée entre la piscine et la salle de cinéma, la chancelière allemande insiste quasi-exclusivement  sur la « consolidation budgétaire » nécessaire en Europe. Avec Obama et Hollande accordant leurs violons et les dirigeants européens semblant se ranger derrière eux, comme l’Italien Mario Monti, Angela Merkel se serait-elle retrouvée, en l’espace d’un week-end champêtre aux Etats-Unis, totalement isolée ? « Ce serait une position caricaturale » contre-productive, fait-on valoir dans la délégation française.

Mais les Etats-Unis, qui plaident depuis des années dans le désert pour une relance européenne, semblent avoir trouvé en Hollande le fer de lance qui leur manquait. En campagne pour sa réélection, Obama « ne veut pas qu’il y ait une difficulté en Europe, une austérité qui se poursuive et une instabilité qui se répercute sur son pays. Il a besoin que le climat de confiance soit établi. En tant que président du G8, il a envie qu’il y ait des avancées », dit-on dans l’équipe Hollande. Pas dupe. Et envisageant même des gestes de retour au sommet de l’Otan qui doit suivre ce week-end à Chicago.

Cheeseburgers

Autour de la table en bois de Laurel House, au-dessus de laquelle Obama a eu le tact d’accrocher une photo de lui avec Hollande datant tout juste de la veille, la situation de la Grèce a été abordée et figure au communiqué final, ce qui n’était pas acquis vendredi. Hollande parle de « l’incertitude » que font peser les législatives sur le pays mais répète que la Grèce doit rester dans la zone euro et qu’elle doit être « appuyée, accompagnée ». Sans plus de précisions avant le sommet européen informel de mercredi prochain à Bruxelles.

Hollande le « bleu » a visiblement bien adoré ses premiers pas chez les grands, ce cénacle où on se donne du « tu » et où les présidents s’appellent par leurs prénoms - une familiarité induite par leur statut commun. Bref, un mode de fonctionnement « normal », rigole Hollande.  

Vers midi, avec une grosse heure de retard,  les dix dirigeants approchent, à pieds et en file indienne, selon un rituel orchestré et surveillé par des dizaines d’officiels américains. Descendant prudemment les marches de « Cabin Aspen », la résidence d’Obama en pullovers rose ou bleu layette, manches de chemise pour l’hôte américain et le Premier ministre russe.

Sur l’estrade en bois, Hollande et Obama font le show pour les caméras. Vendredi déjà, à la Maison blanche, les deux hommes ont rivalisé de petites blagues sur les cheeseburgers et les scooters. « Bonjour ! », claque - en français - le président américain cette fois. « Y’a que des Français ici », lui assure Hollande, montrant du doigt la masse de journalistes avant de traduire ses mots à Obama.  « He’s my translator », se marre l’Américain avant de siffler la fin de la récréation : « More work to do ».

Libération

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