dimanche, 13 mai 2012

La baudruche rose-rouge se dégonflera à nouveau le 10 juin

Au FN de Hénin-Beaumont : "Mélenchon ne sait pas où il met les pieds"

LE MONDE | 12.05.2012 

Par Abel Mestre

 

Marine Le Pen, à Henin Beaumont le 22 avril, jour du premier tour de l'élection présidentielle.

 

Au Front national, on veut afficher une confiance à toute épreuve après l'annonce de la candidature de Jean-Luc Mélenchon, le leader du Front de gauche, dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais. Celle-ci englobe Hénin-Beaumont, terre d'élection de Marine Le Pen.

"Il ne sera pas plus une menace que lors de l'élection présidentielle", lâche Steeve Briois, secrétaire général du FN, et cheville ouvrière de l'implantation de Mme Le Pen à Hénin-Beaumont. Le 22 avril, dans cette circonscription, elle arecueilli 31,42 % des voixFrançois Hollande 28,75 %, Jean-Luc Mélenchon 14,85 %, Nicolas Sarkozy 15,79 %. Au second tour, M. Hollande est arrivé en tête avec 60,44 %.

Cette commune de 26 000 habitants en plein bassin minier, c'est la ville-symbole du "nouveau FN dédiabolisé" de Mme Le Pen : une terre de gauche, dont les principales préoccupations ne sont pas tant les immigrés que les délocalisations et la crise. Une ville qui lui a offert, depuis 2007, un ancrage populaire et ouvrier, à l'opposé des terres d'élection de Jean-Marie Le Pen, qui privilégiait, lui, les rapatriés du Sud-Est de la France.

Le FN compte sur cette circonscription pour envoyer sa présidente à l'Assemblée nationale. Pour Marine Le Pen, c'est une priorité. D'où l'importance du scrutin qui se jouera les 10 et 17 juin. Est-ce que la présence de M. Mélenchon peut troublerces plans ? Rien n'est moins évident.

VITROLLES ET DREUX COMME EXEMPLES

Car le FN est très bien implanté à Hénin-Beaumont, ville qui intéresse l'extrême droite depuis les années 1990. M. Briois y milite avec son ami de jeunesse,Laurent Brice, depuis le lycée. Ils ont été rejoints ensuite par Bruno Bilde, originaire de Lorraine, aujourd'hui chef de cabinet de Mme Le Pen.

Tous les trois sont passés - rapidement - au Mouvement national républicain (MNR) de Bruno Mégret. Il leur est resté un exemple en tête : celui de l'implantation de l'ancien numéro deux du FN à Vitrolles (Bouches-du-Rhône) en 1997. Dans les deux cas, la ville a été gérée par un maire socialiste accusé de malversations. Dans les deux cas, le FN a profité de cette situation pour s'imposer comme interlocuteur naturel avec les habitants.

Une expérience similaire avait eu lieu au début des années 1980 à Dreux (Eure-et-Loir), sous l'impulsion de Jean-Pierre Stirbois, lui aussi ex-numéro deux du parti frontiste. Un précédent revendiqué par les Héninois du FN.

M. Briois arpente ainsi le terrain régulièrement, fait du porte-à-porte. Quand il se promène dans la ville avec ses militants, tout le monde le connaît et il connaît tout le monde, appelle les gens par leur prénom. Et eux l'appellent "Steeve".

"CONTRE LA MAFIA SOCIALISTE"

Un des arguments phares du FN à Hénin-Beaumont est la dénonciation des malversations dont est accusé l'ancien maire socialiste de la ville, Gérard Dalongeville. Le slogan est simple : "Contre la mafia socialiste." Une méthode qui a porté ses fruits : en 2007, lors des législatives, Mme Le Pen a recueilli plus de 41 % des suffrages au second tour. M. Briois, lui, a fait plus de 47 % lors d'une élection municipale partielle en 2009.

Alors, la possibilité que M. Mélenchon s'allie avec "les héritiers de Dalongeville", ravit les frontistes. "Ils ne savent pas où ils mettent les pieds...", estime M. Briois.

Seul bémol du côté du FN : le redécoupage de 2009 a ajouté à la circonscription deux villes fortement ancrées à gauche, Carvin et Libercourt. Mais la perspective d'un second tour face à M. Mélenchon n'inquiète pas. Le parti compte sur un report massif des voix UMP"l'électorat de droite est très poreux ici. Tous ceux qui ne veulent plus du PS se reportent sur nous", veut croire M. Briois.

Publié dans Blog | Commentaires (0) |  Facebook | | |

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.