dimanche, 13 mai 2012

Alors, viendra ou viendra pas ? Perdra ou perdra pas ?

L'UMP face à la tentation d'ouverture bleu Marine

 



 

Publié le samedi 12 mai 2012 laprovence.com


 

Difficile pour une droite ballottée de tracer un trait entre élus et électeurs FN

 

Stéphane Durbec a quitté le Front national au mois de février 2012, après une série de différents avec Marine Le Pen. Et a depuis appelé à voter Nicolas Sarkozy. La présence mercredi soir, à un meeting de l'UMP organisé par le député Dominique Tian aux Catalans (Marseille, 7e), du conseiller régional proche de Jean-Marie Le Pen pendant vingt-cinq ans, pose toutefois question et interpelle au sein même d'une droite qui cherche à ne surtout pas se distendre depuis la défaite de Nicolas Sarkozy.

À l'image du patron de l'UMP Jean-François Copé qui rappelait hier que "tout accord avec le FN serait contraire à la ligne"de son parti, Renaud Muselier joue la fermeté. Mais, en évoquant "une situation locale particulière" avec le PS, le secrétaire départemental laisse une porte entrouverte. Où s'engouffrent toutes les ambiguïtés. Celles d'un Front national qui rêve de l'implosion du mouvement sarkozyste pour renouveler le paysage politique à droite. "Il y a une grosse différence entre les élus UMP parisiens et ceux qui, ici, s'aperçoivent que nous avons beaucoup de valeurs communes, note astucieusement le conseiller régional et municipal FN Bernard Marandat. Nous discutons souvent avec eux, nous sommes prêts à les arranger aux législatives, mais pas gratuitement."

"La défaite d'un homme"

Si elle refuse toute alliance avec le FN, la droite républicaine aura besoin de son électorat à entrées multiples aux législatives. "La présidentielle est la défaite d'un homme, mais il y a un projet politique à défendre. Il n'y a aucune raison de se boucher le nez", note la députée Valérie Boyer. Qui n'a "rien a priori contre Stéphane Durbec." L'ancien frontiste s'est vu d'ailleurs "très bien accueilli à l'UMP. Je serai au côté de Valérie Boyer et d'autres à Marseille." Mercredi soir, il a aussi entendu Jean-Claude Gaudin. "Je vois qu'on n'est pas sur la liste noire du FN, observait le sénateur-maire de Marseille. Pourquoi ? Parce qu'on discute avec tout le monde. Pourquoi on tolérerait tous ces chanteurs de cantiques de l'Internationale et pas les autres?"

Un discours relayé par Dominique Tian, décidé à ne pas "être la droite la plus bête du monde en bunkérisant le FN." Ou par la maire d'Aix Maryse Joissains : "les valeurs qu'a Marine Le Pen, je les ai toujours défendues, pointe-t-elle, tout en se disant, imperméable à toute négociation au moins jusqu'au second tour". Bernard Marandat assure pourtant que "des discussions existent avec l'UMP à Aix." De quoi faire bondir les alliés naturels de l'UMP. Au Parti radical, Arlette Fructus condamne "toute tentation d'ouverture bleu Marine. Nous n'accepterons jamais un clin d'oeil, un sourire, encore moins une main tendue au FN." Même colère centriste chez Maurice Di Nocera pour qui "le racolage des ex-FN ne fait pas honneur à la politique." Aux cantonales en 2011, le parti frontiste était arrivé premier à Marseille.

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