vendredi, 11 mai 2012

22, v'la les flics...qui défilent !

Les syndicats de policiers débordés par leurs bases

 

Par Jean-Marc Leclerc lefigaro.frPublié le 10/05/2012 
Manifestation des policiers, jeudi, place du Châtelet, à Paris. C'est un malaise général<br/>qui s'exprime aujourd'hui sur les conditions d'exercice d'un métier de plus en plus exposé.
Manifestation des policiers, jeudi, place du Châtelet, à Paris. C'est un malaise général
qui s'exprime aujourd'hui sur les conditions d'exercice d'un métier de plus en plus exposé.
 Crédits photo : BERTRAND GUAY/AFP


Plus ou moins spontanées, les manifestations se multiplient depuis la mise en examen d'un agent pour homicide volontaire à Bobigny.

En attendant l'arrivée d'un nouveau ministre de l'Intérieur place Beauvau, la grogne monte dans la «grande maison». La mise en examen, le 25 avril dernier, d'un agent pour «homicide volontaire», après qu'il eut tué par balle un malfaiteur armé et en fuite à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis),suscite toujours l'incompréhension dans les rangs de la police.

Cette affaire est devenue le catalyseur d'un mouvement de colère qui dépasse de loin le simple fait divers et son exploitation par les candidats à la présidentielle durant la campagne. C'est un malaise général qui s'exprime aujourd'hui sur les conditions d'exercice d'un métier de plus en plus exposé et sur le sentiment, largement partagé dans l'institution, que la justice ou, du moins, «une certaine justice ne joue pas le jeu avec la police et lâche les fonctionnaires à la première difficulté», explique Patrice Ribeiro, le secrétaire général du syndicat Synergie-Officiers.

Des manifestations étaient organisées ce jeudi à Paris, place du Châtelet, mais aussi à Lyon ou à Toulouse, à l'appel notamment du syndicat Unité SGP-FO, majoritaire chez les gradés et gardiens, mais aussi du Syndicat national des officiers de police (SNOP). Ces organisations, réputées proches de la gauche, ont toutefois choisi de prendre prétexte de cette affaire pour développer un discours ouvertement hostile à «la politique du chiffre», selon eux, mise en place par Nicolas Sarkozy et Claude Guéant, ces dernières années, sur fond de réduction des effectifs, la police ayant perdu en cinq ans 12.000 agents.

Aujourd'hui, c'est le syndicat Alliance, proche de l'ancienne majorité, qui a lancé un mot d'ordre pour des rassemblements à Paris, place Saint-Michel, mais aussi partout en France. Son secrétaire général, Jean-Claude Delage, réclame une «présomption de légitime défense pour les policiers» qui ne doivent pas perdre leur traitement, selon lui, lorsqu'un juge les soumet, comme dans l'affaire de Noisy, à un contrôle judiciaire avec interdiction d'exercer leur activité. Ce syndicaliste appelle à une sorte de Grenelle de la sécurité, pour «remettre à plat les missions et renforcer les moyens juridiques, humains et budgétaires des forces de l'ordre».

Ampleur nationale

Comme à chaque alternance, les syndicats proches de la nouvelle majorité critiquent la passivité de leurs concurrents proches de l'ancienne équipe au pouvoir. Mais ces querelles masquent une autre réalité: les syndicats sont dépassés par la base qui a multiplié les actions spontanées ces derniers mois.

En décembre 2010, la condamnation de sept policiers, jugés à Bobigny, à des peines de six mois à un an de prison ferme, pour avoir accusé à tort un homme, avait suscité une première vague de protestations corporatistes. Mais celle-ci était vite retombée, car la cause n'était pas bonne: les policiers condamnés avaient menti. Leurs collègues exerçant dans les quartiers difficiles avaient néanmoins exprimé à l'occasion de cette affaire le manque de reconnaissance dont ils s'estimaient victimes.

Cette fois, avec l'affaire de Noisy, la police espère être mieux entendue. Surtout, le mouvement a pris une ampleur nationale et déborde la seule action syndicale. Avec les blogs, les comptes Facebook ou à coups de SMS, les agents ont improvisé des manifestations, échappant à tout contrôle, à plusieurs reprises depuis le 25 avril, et ce jusque sur les Champs-Élysées.

Certains croient déceler derrière cette agitation la main de la FPIP, une organisation syndicale de police réputée proche du Front national, mais qui demeure cantonnée à des scores électoraux très modestes, au-dessous de 4 % aux élections professionnelles.

En tout état de cause, le prochain ministre de l'Intérieur, qu'il s'agisse deManuel Valls, de François Rebsamen ou d'un autre cacique du PS, ne manquera de prendre appui sur cette fronde pour légitimer sa nouvelle politique. François Hollande, pour sa part, s'est déjà engagé par écrit auprès des syndicats durant la campagne présidentielle sur un gel de la Révision générale des politiques publiques (RGPP) qui a conduit à trancher dans les effectifs. Il a promis de restaurer la «police de quartier». Reste à savoir laquelle.

Publié dans Blog | Commentaires (1) |  Facebook | | |

Commentaires

Continuez ! c'est pas fini c'est pas Hollande qui changera quelque chose !!! Fallait voter FN !!!!!!....

Écrit par : Herve13 | vendredi, 11 mai 2012

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.