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lundi, 07 mai 2012

Dix raisons- parmi d'autres- qui expliquent la défaite de Sarkozy

Les dix fautes qui expliquent la défaite de Nicolas Sarkozy


Publié le dimanche 06 mai 2012  laprovence.com



 
 

En 2007, Nicolas Sarkozy avait réalisé une campagne exemplaire. Cinq ans plus tard, le magicien des urnes a perdu la main : depuis le début de l'année, il a multiplié les erreurs.

 

1/ UMP, la politique du vide

En voulant fédérer la droite au sein de l'UMP, Jacques Chirac cherchait à taire les divisions entre le RPR et l'UDF et empêcher les fricotages avec le Front national comme en 1998. Très "pensée unique", cette stratégie a été poussé à son paroxysme par Nicolas Sarkozy qui a passé son temps à faire le ménage autour de lui (exit Boutin, Villepin, Morin, Borloo, Nihous...). Conséquence, il s'est présenté sur la ligne de départ sans le moindre allié en puissance, ce qui s'est avéré dévastateur lorsque les règles de campagne ont imposé un temps de parole pour tous les candidats. Plus grave, il n'a plus su vers qui se tourner une fois passé le premier tour : pour la première fois dans la Vème République, un finaliste n'a bénéficié d'aucun soutien chez les éliminés. Même Jean-Marie Le Pen avait fait mieux en 2002 que Sarkozy puisque Mégret avait appelé à voter pour lui...

2/ Calendrier, la technique "Blietzkrieg" inspirée de George W. Bush

Il a souvent été dit que Nicolas Sarkozy voulait marcher dans les pas du François Mitterrand de 1988 en entrant le plus tard possible en campagne, afin de faire passer l'idée que lui travaillait pour la France tandis que les autres s'agitaient. En vérité, il s'est inspiré de la campagne Blietzkrieg de George W. Bush, qui réussit à se faire réélire en 2004 malgré son impopularité. Problème, il a totalement négligé quelques régles du calendrier. En prévoyant de démarrer début mars, il n'a pas tenu compte du temps de parole qui allait être accordé aux petits candidats peu de temps après et de la réduction mécanique de sa présence dans les médias. Une règle du jeu pourtant connue depuis longtemps... Qui plus est, quand il a décidé d'anticiper le démarrage, il l'a fait mi-février... alors que la France était en vacances, ce qui l'imitait d'autant l'impact de son entrée en campagne : on n'en a pas parlé à la sortie des écoles ou devant la machine à café au boulot. Parti un an plus tôt, François Hollande lui a donc fait le coup du lièvre et de la tortue, fable de La Fontaine que connaissent tous les élèves du primaire.

3/ Enfermé dans sa tour d'ivoire

Oubliée "La Firme" flamboyante et bling-bling de 2007, place à un commando de fidèles proches de l'autisme et à un homme de plus en plus seul. Résultat, la machine Sarkozy s'est enrayée. A force de croire que tout se jouait sur Facebook et Twitter, elle a laissé pendant des semaines ses relais régionaux dans une hésitation coupable. De même, elle a oublié que les Français avaient parfois autre chose à penser. Exemple fin janvier quand lors d'une allocution diffusée sur huit chaînes de télévision, le NS président a dégainé des propositions qui ressemblaient fort à celles du NS candidat à venir. Juste au moment où une vague de froid exceptionnelle balayait le pays et occupait la première place au hit-parade des propos de bistrot.

4/ La métamorphose ratée du président-candidat en candidat-président

Comme en 2007, Nicolas Sarkozy a sorti du chapeau la stratégie de "la rupture". Difficile toutefois de passer du people au peuple et surtout de fustiger les élites quand on est installé depuis cinq ans à l'Elysée. Ses charges contre les médias et les sondages ont donc sonné creux, lui qui a toujours éviter de se confronter à la presse et passé son temps à commander des études d'opinion, ce que la Cour des comptes avait dénoncé en son temps.

5/ Programme, à chaque jour suffit sa proposition

Choix du chef de l'Etat très discutable, la décision d'égrener ses propositions au fil des jours pour maintenir l'opinion en haleine, alors que François Hollande avait déjà exposé l'essentiel de son programme. Nicolas Sarkozy n'a été en mesure de présenter l'ensemble de son projet que le 5 avril, lors d'une conférence de presse, alors que la campagne officielle était déjà bien entamée. Autre signe d'improvisation : il a longtemps fait dire qu'il publierait un livre comme François Hollande. Il y a finalement renoncé, se repliant sur une "Lettre au peuple français". Conséquence, ce goutte-à-goutte a empêché toute approche cohérente du projet porté par le champion de l'UMP.

6/ Surfer sur la vague bleue... Marine

Sous l'influence de Patrick Buisson, ancien journaliste venu de l'extrême droite, et de Guillaume Peltier, un ex-responsable du Front national de la jeunesse promu porte-parole, Nicolas Sarkozy a de nouveau collé aux thèmes de la famille Le Pen. Quitte à inquiéter la partie la plus modérée de sa majorité, comme les anciens Premiers ministres Jean-Pierre Raffarin et Alain Juppé, pour qui les Français se préoccupent plus du chômage que de l'immigration... Renforcée entre les deux-tours, cette stratégie était proprement suicidaire : en courant derrière des suffrages qui n'avaient pas besoin de cette surenchère pour se reporter sur lui, il s'est transformé en épouvantail qui a fait fuir bien des électeurs centristes et offert une occasion en or à François Bayrou d'annoncer son vote Hollande.

7/ Reconstruire le Mur de Berlin

Si l'évolution de l'électorat du Front national tout autant que de la nature du parti désormais présidé par Marine Le Pen n'a pas forcèment été saisie par la gauche de la gauche, ce qui explique pour partie le trou d'air de la candidature Mélenchon, le cirque Sarkozy sur "le péril rouge" était proprement hilarant. Comme en 1981, on imaginait à l'entendre les chars soviétiques aux portes de Paris, arrivés dans les valises d'un François Hollande qui aurait transformé la Corrèze en enclave du Pacte de Varsovie... La CGT, elle, était présentée comme une cinquième colonne. Il va sans dire que plus de 20 après la chute du Mur de Berlin, ce discours est tombé à plat.

8/ Hollande, la baudruche qui ne s'est pas dégonflée

Convaincu de sa supériorité, Nicolas Sarkzoy l'était tout autant de la médiocrité de François Hollande, qu'il qualifiait de "nul" en privé. Résultat, il était persuadé qu'il s'effondrerait tout seul dans les sondages... ce qui n'est pas arrivé. Pas grave, il allait le tordre au premier tour... Caramba, encore raté ! Il se faisait donc fort de "l'exploser" lors du débat... nouvel échec. Sauf qu'en annonçant qu'il ferait du petit bois avec son adversaire, ce qui était au mieux un match nul pour lui est devenu une franche défaite.

9/ La vérité si je mens...

Nouveauté de cette campagne présidentielle, la dictature des chiffres symbolisée par le succès du journaliste François Lenglet et la vérification permanente de l'exactitude des propos, importée des USA et devenue une figure obligée sur internet. Un exercice qui s'est avéré cruel pour Nicolas Sarkozy, souvent très approximatif comme lors du débat d'entre deux-tours. On aura d'ailleurs remarqué qu'il avait adopté une des techniques de Jean-Marie Le Pen : "corriger" en permanence son interlocuteur sur des détails... pour le décrédibiliser dans l'esprit des auditeurs et mieux masquer ses insuffisances.

10/ Affaires, la tête dans le sable

Face aux affaires qui n'ont pas cessé de le poursuivre, du dossier Karachi au financement de la campagne de 2007, Nicolas Sarkozy n'a jamais trouvé le ton juste, se cantonnant généralement dans le complot politique. Ce qui peut fonctionner quand il s'agit d'accusations portées par la presse mais ne tient pas face à l'instruction d'un juge, comme on l'a vu lors de l'incarcération du conseiller fiscal de Liliane Bettencourt...
 

 

 

Fred GUILLEDOUX

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