mercredi, 25 avril 2012

Pendant que la vague bleu Marine déferle, le rafiot de l'UMP prend l'eau...

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Législatives : l'UMP bousculée dans son bastion provençal

Les résultats du premier tour de la présidentielle confortent les espoirs de la gauche et de l'extrême droite en Paca

En juin 2007, dans la foulée de la victoire de Nicolas Sarkozy, une vague bleue a balayé la région Paca, enregistrant des pointes spectaculaires comme dans la 3e circonscription du Vaucluse (64,47 %) ou la 11e des Bouches-du-Rhône (61,41 %). À l'arrivée, la gauche devait se contenter de six députés, contre 35 pour la droite... dont 17 élus dès le premier tour. Dans le Vaucluse, le Var et les Alpes-Maritimes, la majorité présidentielle réalisait même le "grand chelem" en s'imposant dans toutes les circonscriptions. Cinq ans après, les législatives de juin prochain s'annoncent beaucoup plus délicates pour l'UMP et ses alliés. (Consultez la carte : qui peut s'imposer en juin ?)

Dimanche, lors du premier tour de la présidentielle, Sarkozy a perdu le terrain qu'il avait conquis en séduisant une part importante de l'électorat du FN. À l'inverse, Marine Le Pen gagne environ 10 points dans chaque département par rapport au score de son père en 2007 et réalise dans le Vaucluse son meilleur résultat national (27,03 %). À gauche, François Hollande fait un peu mieux que Ségolène Royal et surtout l'emporte à Marseille et Avignon. Autres tendances importantes, le score fort du Front de gauche de Mélenchon et l'effondrement de Bayrou.

Au vu de ce résultat, avec une participation à 80 %, des triangulaires sont envisageables dans la quasi-totalité des circonscriptions des Bouches-du-Rhône, du Vaucluse et des Alpes. Seule y échapperait la 7e des Bouches-du-Rhône, qui couvre les quartiers nord de Marseille et où l'UMP serait éliminé. Au second tour, la gauche serait en position de force dans neuf circonscriptions et la droite dans trois. Dans neuf circonscriptions, la partie se jouerait entre la gauche et la droite. À Carpentras, match en vue entre le FN et l'UMP, alors que Vitrolles, Cavaillon et Orange accorderaient autant d'espoirs à l'extrême droite, la droite et la gauche.

Ce scénario dépendra toutefois beaucoup d'éventuelles dissidences et surtout de la participation. En 2007, elle était de 60 %, dans la plupart des circonscriptions provençales, soit une hausse de l'abstention par rapport à la présidentielle. Si une désaffection semblable touche de manière uniforme les candidats, cela signifie que franchir la barre de 12,5 % des inscrits sera beaucoup plus difficile : dépasser ce seuil qui permet de se qualifier pour le second tour imposerait de signer un score de 20,84 % dans les urnes. Ce cas de figure limiterait nettement les triangulaires. Il toucherait principalement le FN, notamment dans les Alpes et à Marseille, mais aussi le PS à Carpentras et l'UMP dans deux circonscriptions marseillaises. Si l'on prend en compte les variations observées dans les Bouches-du-Rhône en 2007, on tomberait à six triangulaires, la gauche étant éliminée deux fois, la droite quatre fois et le FN à cinq reprises (1).

"Même à quelques semaines d'intervalle, un électeur peut adopter des stratégies différentes, note le politologue Pascal Perrineau. Ce fut le cas en 2002, lorsque des gens qui avaient soutenu Jean-Marie à la présidentielle se sont abstenus aux législatives". Entre les deux scrutins, le score du FN avait ainsi baissé de 7 points en Paca. Ce rappel historique a toutefois ses limites : l'électorat frontiste s'est modifié avec les années et surtout, malgré le meilleur résultat obtenu ce dimanche, Marine Le Pen n'a pas connu la levée de boucliers qui s'était manifestée contre son père au lendemain du 21 avril. Bien au contraire.

La Provence le 25 avril 2012

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