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lundi, 23 avril 2012

Marine, chef de l'opposition !

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Marine Le Pen se pose en "chef de l'opposition"

Marine Le Pen a réussi son pari au premier tour de la présidentielle. Avec 17,90 % des suffrages et un score historique de 6,4 millions d'électeurs, le FN s'impose comme une force incontournable sur la scène politique française. Dimanche, la candidate FN a recueilli exactement 896 739 voix de plus que Jean-Marie Le Pen lors du second tour de la présidentielle de 2002 face à Jacques Chirac (le candidat FN avait alors obtenu plus de 5,5 millions de voix). "Nous avons porté plus haut que jamais les idées nationales. Ce n'est qu'un début, continuons le combat !" s'est réjouie, dimanche soir, la candidate frontiste devant ses troupes surchauffées réunies à la salle parisienne de l'Équinoxe. Les mains levées, le visage rayonnant, elle enfonce le clou : "Face à un président sortant, à la tête d'un parti considérablement affaibli, nous sommes désormais la seule et véritable opposition à la gauche ultralibérale, laxiste et libertaire."

Pas de négociations avec l'UMP

À 43 ans, Marine Le Pen entend faire imploser l'UMP et provoquer un "rassemblement de la droite nationale". Comprendre : mettre en marche une recomposition de la droite autour du FN. Au premier tour, neuf points la séparent du score de Nicolas Sarkozy, qui a obtenu 27,18 % des suffrages. "Je n'attends qu'une chose, c'est que le système implose", répète souvent la fille cadette de Jean-Marie Le Pen. Elle croit en ses chances. "Puisque Sarkozy a déjà perdu la présidentielle", cette mère de trois enfants se voit désormais en chef de l'opposition face au socialiste François Hollande. "Ce n'est ni Copé ni Fillon qui seront à la tête de l'opposition, mais la présidente du FN. Il va y avoir une recomposition de la vie politique française", assure Bruno Bilde, son fidèle conseiller et chef de cabinet. Il est donc hors de question pour la candidate FN de négocier avec l'UMP pendant l'entre-deux-tours ou de donner une consigne de vote en faveur de Nicolas Sarkozy ou de François Hollande. Marine Le Pen en est convaincue : "Le système implosera sous la pression du peuple", et non pas à coups de tractation politicienne.

Dans le camp sarkozyste, on maintient que le vote FN reste un vote protestataire, et non pas un vote d'adhésion, tout en minimisant le champ libre dont pourrait disposer Marine Le Pen sur la scène politique. "Elle est le chef de ce qu'elle veut dans sa tête !" a ironisé lundi matin sur RMC Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, interrogé sur le rôle d'opposante que pourrait exercer Marine Le Pen.

"Cocotte-minute"

Après ce score historique, Marine Le Pen veut transformer l'essai aux élections législatives en présentant 577 candidats sous l'étiquette du "Rassemblement bleu marine". Celle qui sera candidate dans la 11e circonscription du Nord-Pas-de-Calais mise sur une centaine de triangulaires. En ligne de mire : la constitution d'un groupe parlementaire FN au Palais-Bourbon. "Constituer un groupe de 15 députés, c'est jouable !" assurait-elle au début du mois d'avril. Les stratèges frontistes misent sur certains députés sortants qui pourraient rejoindre les troupes marinistes de peur de perdre leur siège en se présentant sous l'étiquette UMP. "Il y a un couvercle sur la cocotte-minute UMP. Beaucoup d'élus de terrain sont prêts à nous rejoindre", assure Marie-Christine Arnautu.

D'ici au 6 mai, Marine Le Pen entend bien faire entendre sa petite musique. Et pas seulement lors du défilé traditionnel du 1er mai dédié à Jeanne d'Arc. "Même si elle n'est pas en finale, Marine Le Pen ne doit pas se faire oublier. Elle interviendra pour remettre Nicolas Sarkozy devant ses responsabilités lors de la campagne de l'entre-deux-tours", glisse l'un de ses proches. Lundi à 14 heures, Marine Le Pen devait réunir le bureau politique de son parti ainsi que ses conseillers politiques pour analyser de près la nouvelle carte électorale sortie des urnes.

Le Point le 23 avril 2012

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