lundi, 23 avril 2012

HISTORIQUE !!!

Forte de son succès, Marine Le Pen veut se poser en "chef de l'opposition"

Le Monde.fr | 22.04.2012 

Par Abel Mestre

 

 

 

Marine Le Pen a réussi en partie son pari : s'approcher de 20 % des suffrages au premier tour de l'élection présidentielle. Avec 18,01 % des voix, elle double presque le score de son père en 2007, qui avait à peine dépassé les 10 %. Mme Le Pen avait formulé clairement cet objectif lors de son entretien au Monde du 12 avril.

Si la candidate du FN n'est pas parvenue à réitérer l'exploit de 2002 de la qualification au second tour, il n'en demeure pas moins qu'elle s'installe en très solide troisième position, loin devant Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de gauche (11,7 %). Et à environ 5,5 points de Nicolas Sarkozy. Elle dépasse largement le score recueilli par son père, Jean-Marie Le Pen, en 2002, où il avait atteint 16,86 % des voix. Cette année, la participation est beaucoup plus importante qu'il y a dix ans, ce qui implique mécaniquement une augmentation substantielle du nombre de voix qui se sont portées sur la candidate du FN.

Agée de 43 ans, Marine Le Pen prend en outre date pour 2017, en position de force par rapport à son principal adversaire : l'UMP. De tels chiffres pour sa première campagne présidentielle en tant que candidate ont de quoi la satisfaire. Elle était partie très tôt à l'assaut de l'Elysée - en septembre 2010 - lors de la campagne interne au FN, qu'elle désignait alors comme des "primaires".

Elle n'a pas ménagé sa peine : avec un parti aux effectifs réduits et à l'implantation locale inégale, elle a dû se démultiplier entre ses meetings hebdomadaires, ses sorties sur le terrain et les plateaux de télévision. "Ce fut une campagne professionnelle par rapport à 2002", soulignait, avant de connaître les résultats,Marie-Christine Arnautu, vice-présidente du FN. Pour elle, "en 2002, c'était un vote protestataire. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas".

FAIRE "IMPLOSER LE SYSTÈME"

Que signifient ces résultats pour le FN, mais aussi pour la droite en général ? Ce succès, car c'en est un, pour le parti d'extrême droite, ouvre le champ des possibles pour une formation politique qui, jusqu'à présent, n'était pas parvenue àbriser le "plafond de verre" qui se situait dans les moyennes classiques du FN, àsavoir entre 15 % et 16 % des voix. Avec ce score, Marine Le Pen peut espéreratteindre un autre objectif : faire "imploser le système", selon ses propres mots. Selon les cadres du parti, elle souhaite désormais se positionner comme la"chef de l'opposition".

Marine Le Pen croit en ses chances. Pas question de négocier entre les deux tours de la présidentielle pour avoir un accord avec l'UMP. Elle n'appellera à voterni pour Nicolas Sarkozy ni pour François Hollande. Selon elle, la recomposition à droite se fera à ses conditions ou ne se fera pas. C'est en tout cas ce qu'elle déclare avec constance depuis un an et demi.

Lors des élections législatives en juin, le FN, qui espère être présent au second tour dans au moins cent circonscriptions, bénéficiera de la dynamique présidentielle. Et exercera une pression très forte sur les élus locaux UMP. En effet, pas question, là encore, de désistement au profit de l'UMP. Avec en ligne de mire la constitution d'un groupe parlementaire FN. A quelques jours du premier tour, Mme Le Pen ne cachait pas ses ambitions : "Je suis une chef de troupe et je veux un groupe"a-t-elle lancé, jeudi 19 avril, à quelques journalistes.

DISLOCATION DE L'UMP

Les stratèges frontistes parient sur la peur de certains députés sortants, craignant pour leur réélection, et qui pourraient, dès lors, se rapprocher du Front national. Ce qui pourrait aboutir à une dislocation du parti présidentiel et une recomposition autour du parti d'extrême droite, devenu non seulement incontournable, mais surtout attractif. En effet, Louis Aliot, numéro deux du FN, résume cette stratégie par une métaphore empruntée au registre du rugby : "Quand on a un adversaire sous la semelle, il faut appuyer dessus."

Pour lui, "la machine qui va se gripper, c'est celle de l'UMP". Reste à savoir si la ligne officielle de l'UMP, malgré cette menace, restera le respect de la politique dite du "cordon sanitaire", qui interdit toute alliance avec le parti d'extrême droite.

Ce résultat, c'est aussi un autre pari, gagné encore une fois, de la présidente du FN. La stratégie dite de "dédiabolisation" a été conçue, d'abord, pour banaliser le FN et lui "retirer la tunique de Belzébuth", du "soupçon d'antisémitisme" qui pèse sur lui, selon les termes de Mme Le Pen. Surtout, Mme Le Pen voulait, lors de cette campagne présidentielle, élargir son électorat en devenant crédible. Elle a ainsi axé son discours autour des thèmes économiques et monétaires, passant au second plan l'insécurité et l'immigration. Toute sa première partie de campagne a donc été tournée vers la sortie de l'euro, notamment sous l'impulsion de son directeur de campagne, Florian Philippot.

Une stratégie qui n'a pas recueilli l'unanimité dans son entourage, notamment de la part de Jean-Marie Le Pen, et qui pouvait parfois dérouter tant le ton employé était "techno". Ce virage était nécessaire selon Mme Le Pen pour apparaître comme un parti capable de gouverner. Au vu des résultats de ce soir, "l'opération crédibilité" a fonctionné.

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Commentaires

Bravo Marine ! Bravo les Patriotes ! comment le nain réussi encore a faire 27%, comptons 15% de fidèles reste donc 12% qui n'ont pas osés franchir le pas vers la Vérité...

Écrit par : Herve13 | lundi, 23 avril 2012

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