mercredi, 18 avril 2012

Nicolas, vous êtes le maillon faible. Au revoir !

Le Point.fr - Publié le 18/04/2012

 

Jusqu'au premier tour, Hervé Gattegno nous donne ses raisons de ne pas voter pour un candidat dans son "Parti pris".

Le président Nicolas Sarkozy est candidat à sa propre succession.

Le président Nicolas Sarkozy est candidat à sa propre succession. © Thibault Camus / AFP

Suite de vos partis pris consacrés aux candidats jusqu'au premier tour de l'élection présidentielle. Aujourd'hui, vous nous donnez deux ou trois raisons de ne pas voter pour Nicolas Sarkozy.

Évidemment, Nicolas Sarkozy est le seul que l'on puisse juger non seulement comme candidat mais comme président. Ce n'est pas un avantage : son bilan est médiocre - et ce n'est pas uniquement dû à la crise. Il a commis des erreurs politiques et des fautes de goût. En 2007, sa phrase cruciale était : "Je ne vous mentirai pas, je ne vous décevrai pas, je ne vous trahirai pas." Je ne crois pas qu'il ait menti plus qu'un autre - en tout cas, pas plus que ses prédécesseurs -, je ne suis pas sûr qu'il ait trahi (sauf peut-être son propre idéal), mais ce qui est certain, c'est qu'il a beaucoup déçu. Les Français attendaient qu'il fasse bouger le pays, il a surtout hystérisé le débat public. Il avait dit qu'il renverserait la table, il a cassé la vaisselle. La logique de l'alternance démocratique, c'est que celui qui a déçu doit être... déchu.

Mais derrière le président, il y a aussi le candidat. Vous trouvez que sa campagne est mauvaise ?

C'est pire : elle est à la fois malsaine et illisible. On a assez dit le tort qu'a fait à Nicolas Sarkozy la stratégie de "droitisation" qui lui a été soufflée par son éminence (vert-de) grise Patrick Buisson. C'est une course à l'électorat du FN qu'il a démarrée avec le discours de Grenoble en 2010 et qui l'a conduit au bord du précipice idéologique. Il y a eu le débat biaisé sur la laïcité qui était en fait une dénonciation de l'islam, les polémiques oiseuses sur la nationalité, la viande halal, le discours ultrasécuritaire. Et maintenant, c'est la vulgate de l'euroscepticisme qui le pousse à renier sa dévotion pour le modèle allemand et à promettre le rétablissement des frontières. Au passage, il se prononce maintenant pour l'encadrement des loyers - quand François Hollande l'a proposé, il se moquait en qualifiant cette mesure de "soviétique" ! Il espérait un tournant dans sa campagne ; c'est plutôt un candidat qui donne le tournis.

Est-ce que, comme beaucoup de commentateurs, vous retenez aussi contre lui son style ?

Forcément. Nicolas Sarkozy était censé dépoussiérer la présidence, il l'a dévaluée. Ce qui a marqué son mandat, ce sont ses écarts de langage et de conduite, un certain relâchement des moeurs présidentielles, une fascination décomplexée de l'argent jusqu'à la provocation. Et puis la surexposition des émotions, des sentiments, des bonheurs et des déboires conjugaux parfois jusqu'à l'obscénité. On se souvient du fameux : "Avec Carla, c'est du sérieux" en conférence de presse. En fait, rien de tout cela n'était très sérieux et Nicolas Sarkozy est devenu un président de télé-réalité, un mélange bizarre d'homme ordinaire et de vedette médiatique, dont la vie quotidienne serait un spectacle permanent. Il ne faut pas s'étonner si, à la fin, le public (les électeurs) l'élimine comme un vulgaire candidat de la Star Ac'.

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