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mardi, 17 avril 2012

Chapi-Chapo en meeting...

Hollande-Sarkozy: des meetings qui font pschitt

Chapi-Hollande à Vincennes, Chapo-Sarko à la Concorde: Même discours, même refrain, même chemin vers la rigueur, seule la couleur change ! ndlr

 

 

Les meetings des deux candidats à la présidentielle dimanche 15 avril ont déçu le correspondant de La Stampa. Fidèles à eux-mêmes, les deux hommes n'ont fait aucune proposition concrète. Et entre les "aidez-moi" de l'un et les "je suis prêt" de l'autre, leurs discours ont manqué cruellement de saveur.

courrier international

16.04.2012 | Alberto Mattioli | La Stampa


Un partout et balle au centre. Le 15 avril, dernier dimanche vraiment utile avant le premier tour, Nicolas Sarkozy et François Hollande ont voulu faire une démonstration de force. Deux meetings géants en plein air, le même jour : le président sortant sur la place de la Concorde, le candidat socialiste au château de Vincennes. Points communs ? Le temps incertain et la malchance des Parisiens parce que, ce jour-là, entre le marathon le matin et la politique l'après-midi, le seul moyen d'éviter la foule, c'était de rester à la maison.

Des candidats au coude-à-coude

Si les candidats ont voulu montrer qu'ils étaient les plus forts, ils ont fini à égalité : l'équipe de Sarko parle de 100 000 personnes à la Concorde et celle d'Hollande de 110 000 à Vincennes. Les deux équipes exagèrent mais une chose est sûre : il y avait beaucoup de monde. En revanche, si la forme était la même, le fond était différent. Après quelques jours de remontée de Sarko, les derniers sondages sont unanimes. Si Hollande a toujours été donné en tête au second tour, il serait maintenant de nouveau en tête au premier tour.

Donc forcément, l'ambiance n'était pas la même aux deux meetings. A la Concorde, l'atmosphère était du genre "ça passe ou ça casse", avec des appels continus de Sarkozy et des siens à la "majorité silencieuse", pour qu'elle se rende aux urnes afin d'éviter de donner la France aux méchants socialistes. Le président est aussi parti à l'assaut de la spéculation qui, selon lui, se déchaînerait en cas de victoire de la gauche. A Vincennes, Hollande s'en est pris à l'abstentionnisme et aux "votes sans lendemain" plus qu'au "candidat sortant", autrement dit à ceux qui pensent voter pour Jean-Luc Mélenchon, son épine dans le pied gauche.

Des discours qui sonnent creux

Pour le reste, Sarko a harangué la foule pendant trente-cinq minutes, Hollande pendant presque une heure, mais aucun des deux n'a dit quelque chose de nouveau. En fait, à part leurs slogans, ils n'ont rien dit du tout. Tous les deux persistent à ne pas parler des vrais problèmes de la France qui obligeront pourtant le vainqueur à s'astreindre à un régime de rigueur et de restrictions. Ils le savent mais aucun des deux ne le dit. Mieux vaut répéter les habituelles phrases toutes faites.

Hollande paraît tellement gentil et tellement honnête. Mais il a un discours de conseiller général. On ne sait pas ce qui est pire : les discours qu'on lui écrit ou sa manière de les prononcer. Comparé à lui, Arnaldo Forlani [président du Conseil italien du début des années 1980 et tristement célèbre pour ses discours soporifiques] est digne d'un Cicéron. Devant 100 000 personnes qui n'attendent pourtant que ça, il n'a pas trouvé une phrase, un slogan ou une plaisanterie dont on se souviendra.

"Je suis prêt à gagner" a-t-il assuré, ajoutant que "cette majorité ne sera pas silencieuse, elle sera audacieuse, elle sera la majorité du changement". Quels frissons ! Même le discours aux vagues allures mussoliniennes ("La victoire pour la France, vous la voulez ?") semblait mou. Mais bon, le peuple socialiste a applaudi comme il se doit, soulagé qu'il ne pleuve pas et emporté par un pré-discours, plutôt court celui-là, du très élégant maire de Paris, Bertrand Delanoë.

Pendant ce temps, Sarko cherchait sa majorité silencieuse qui, pour le moment, semble plutôt être une minorité très bruyante. Mais il n'a introduit aucune nouveauté, à part un coup porté à la BCE qui ne fera pas plaisir à son associée, la chancelière allemande Angela Merkel : "Sur le rôle de la Banque centrale européenne pour le soutien de la croissance, nous ouvrirons le débat et ferons avancer l'Europe. Si la BCE ne soutient pas la croissance, il n'y en aura pas assez". C'est exactement ce que disent les socialistes.

Sarkozy doute, Hollande y croit

Dans une espèce de temple néo-classique, érigé plus ou moins là où la guillotine coupait les têtes des condamnés pendant la Révolution, Sarko a dédié deux citations à Curzio Malaparte : "C'est l'Italien Malaparte qui a le mieux parlé de ce lieu : la place de la Concorde est une idée, ce n'est pas une place, c'est une façon de penser. Tout ce qui est vraiment français se mesure ici". Puis il a continué à citer ce fasciste devenu communiste : "C'est le même auteur qui dit que l'Italien considère l'histoire comme un caprice des Dieux, l'Anglais comme un fait de la nature et le Français comme une volonté des hommes".  Enfin, il a paraphrasé le pape Jean-Paul II: "Peuple de France, n'aies pas peur !" Amen.

Les présages pour Sarko sont funestes. A 14 arrêts de métro de là, sur l'esplanade de Vincennes, il y avait aussi Thomas, primogéniture de François Hollande et Ségolène Royal. "Alors, monsieur Hollande, prêt pour le déménagement à l'Elysée ?" Il s'est mis à rire, tout content. Vraiment prêt
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