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vendredi, 13 avril 2012

Sarkozy est peut-être le dernier à y croire encore...

Le Point.fr - Publié le 13/04/2012 

Le candidat UMP dispose de faibles réserves de voix pour le second tour. Sa stratégie suscite critiques et interrogations.

"Ce ne sont pas les sondages qui font l'élection, ce sont les Français. Je fais pleinement ce que j'ai à faire. Je me présente pour gagner." Interrogé vendredi matin sur i>Télé, Nicolas Sarkozy redit sa détermination, explique son projet pour construire "une France forte" dans un "monde nouveau", mais son regard est fuyant. Et dans ses yeux, les étincelles ont disparu. Il faut dire que quatre enquêtes d'opinion publiées jeudi rendent compte d'un recul du candidat UMP et d'une hausse de François Hollande, toujours donné vainqueur le 6 mai. Selon le dernier sondage BVA, le président-candidat n'a pas encore les reports de voix suffisants pour espérer l'emporter le 6 mai : 51 % des électeurs de Marine Le Pen choisiraient de se reporter sur lui et seuls 29 % des électeurs de François Bayrou décideraient d'en faire autant.

Dans les rangs de l'UMP, l'inquiétude est vive. "La situation est vraiment très difficile. Je ne vois pas comment Sarkozy peut l'emporter. Je suis sceptique", glisse un ministre, soucieux de conserver l'anonymat. Au sein de l'équipe de campagne, on reconnaît que le rapport de force est très défavorable au président-candidat tant l'anti-sarkozysme est fort et en raison de l'égalité stricte du temps de parole entre les candidats. La stratégie suivie par Nicolas Sarkozy - une campagne très droitière inspirée parPatrick Buisson désormais marquée par de gros clins d'oeil à l'électorat centriste - suscite également critiques et interrogations. "On ne comprend pas la stratégie. Depuis une semaine, on lâche la campagne droitière et on bricole en annonçant une réforme du permis de conduire ou l'encadrement du prix des loyers..., ça ne marche pas ! On donne l'impression d'aller à la pêche aux voix !" lâche un membre du gouvernement. Même dans l'équipe de campagne du candidat, certains commencent à s'interroger sur la juste ligne à suivre durant les derniers jours avant le premier tour. "Il faut rassembler à la fois les électeurs frontistes et les centristes. Il ne faut pas faire fuir les premiers en appâtant les seconds", souffle un membre du staff. Les propos de Nicolas Sarkozy sur France 2 jeudi soir, assurant qu'il continuerait sa politique controversée d'ouverture, n'ont rien arrangé et ont provoqué des grincements de dents dans la majorité. Dans les équipes de Nicolas Sarkozy, on estime que Marine Le Pen pourrait faire 17 % des voix au premier tour, Jean-Luc Mélenchon autour de 12 % et que François Bayrou serait réduit à néant. 

Les propositions "ont du mal à imprimer"

Pour relancer la dynamique autour du président sortant, son équipe mise sur le meeting géant dimanche, place de la Concorde. Environ 60 000 personnes sont attendues pour ce rendez-vous très symbolique, puisque c'est à cet endroit qu'il avait fêté sa victoire le 6 mai 2007 devant 30 000 sympathisants. Lors de son discours, le candidat UMP donnera "un cap et une vision d'espérance" dans un exercice qui devrait rappeler celui de Villepinte, le 11 mars. Comme les stratèges de la campagne constatent que bon nombre de propositions de Nicolas Sarkozy faites depuis le 15 février en matière de coût du travail, d'éducation, de logement "ont du mal à imprimer", il n'est plus question d'annoncer de nouvelles mesures à tout-va. Si nouvelle proposition il y a, ce sera uniquement pour jeter un nouvel éclairage sur les axes forts de son projet.

L'objectif de Nicolas Sarkozy est de faire le plus haut score pour le premier tour du scrutin, le 22 avril. Après, croit-il, une autre campagne viendra pour le second tour de l'élection. En cas de duel Hollande contre Sarkozy le 6 mai, les stratèges du candidat UMP jugent que les électeurs de Jean-Luc Mélenchon pourraient moins se reporter que prévu sur un bulletin de vote François Hollande. "Au soir du premier tour, on s'attaquera au second tour. Et vous verrez, il y aura une grande surprise !" a promis vendredi matin sur i>Télé le candidat UMP. 

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