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jeudi, 12 avril 2012

22 avril: Marine vise le podium qui, pour une présidentielle, n'est constitué que de deux places...

Marine Le Pen : "Mon objectif, c'est d'arriver au second tour"

LE MONDE | 12.04.2012

Par Propos recueillis par Abel Mestre et Caroline Monnot

 

Marine Le Pen, candidate du Front national à la présidentielle 2012.

 

Marine Le Pen, candidate du FN à l'élection présidentielle, revient, dans un entretien au Monde, sur sa campagne, à dix jours du premier tour.

Quel bilan tirez-vous de votre campagne ?

J'ai bien fait de la commencer tôt, il y a dix-huit mois. Cela m'a permis de portertoute une série de thèmes qui n'auraient pas été abordés si j'avais démarré ma campagne au dernier moment. Entre Schengen, les problèmes des délocalisations, le produire français, l'euro, la laïcité, le fondamentalisme, le halal, j'ai forcé les autres à prendre position. J'ai été le centre de gravité de cette campagne.

Vous n'avez pas été très audible sur la sortie de l'euro...

Je me suis confrontée à un système qui s'est brutalement opposé à moi. Ce débat existe dans d'autres pays. Ici, ce débat n'a pas lieu. Parce qu'il n'y avait pas de contradicteurs. Le débat, ça ne consiste pas à lancer : "Vous voulez sortir de l'euro, donc vous êtes une tarée malade mentale, une mongolienne front bas et folle qui va ruiner les Français." C'est l'euro-religion : on ne discute pas du blasphème.

Jean-Luc Mélenchon sera-t-il devant vous le 22 avril ?

On prend le pari ? Il y aura un écart important.

Vous n'avez donc pas de doute sur le fait que serez troisième...

Ou deuxième.

Vous croyez encore au second tour ?

Oui. Je crois que ce sera beaucoup plus serré qu'on ne le dit. Je me vois à plus de 20 %.

partir de quel score aurez-vous réussi votre pari ?

Une amélioration du score historique qui a été le nôtre [16,8 % en 2002] sera un succès. Mais ce n'est pas mon objectif. Mon objectif, c'est d'arriver au second tour.

Nicolas Sarkozy refait campagne sur vos thèmes, comme en 2007. Le craignez-vous ?

Ça démontre un manque d'imagination. Il va chercher des électeurs qu'il a déjà trahis en repoussant des électeurs centristes dont il aurait peut-être besoin. C'est un sacré pari. Il joue quitte ou double.

Qu'est-ce qui vous distingue de lui ?

L'Europe, l'euro, les plans de renflouement, les traités européens, le Mécanisme européen de stabilité... Et puis la priorité nationale. Il ne va pas jusque-là.

En allant sur l'euro, ne lui avez-vous pas laissé un boulevard ?

Il fallait faire de la pédagogie sur la crise. On a fait peur aux Français sur la sortie de l'euro, mais il n'en demeure pas moins qu'une majorité d'entre eux considère l'euro comme un handicap.
C'est une victoire idéologique. Qu'il faut transformer en victoire politique. Je penseavoir été le brise-glace du conformisme.

Mais les Français sont aussi une majorité à être contre la sortie...

Parce qu'il y a eu une sorte de terrorisme sur la sortie de l'euro !

Le FN est-il toujours l'épouvantail de la vie politique ?

Il n'est pas l'épouvantail, il est contre le système. Donc le système se défend contre son seul ennemi... On a en face le système coalisé, de l'extrême gauche à la droite, en passant par les syndicats, le patronat, Mgr Vingt-Trois... C'est quand même étrange que tout le monde se coalise contre un parti qui n'a pas de responsabilités dans la situation actuelle...

C'est peut-être parce que la société n'en veut pas...

La société ? Non, la société, c'est le vote. L'élite n'en veut pas. L'oligarchie n'en veut pas. L'élite a tout à perdre.

C'est donc l'échec de la "dédiabolisation"...

La dédiabolisation n'a pas vocation à s'appliquer aux élites mais au peuple. Elle a eu lieu, c'est fini, c'est fait. Elle est en partie achevée. Le vote FN est aujourd'hui admis, considéré comme un autre.

Vous ménagez François Hollande dans votre campagne...

Je ne le ménage pas ! Il ne fait rien, il ne dit rien, c'est le vide sidéral ! C'est pour ça qu'ils l'ont choisi. La gauche n'a strictement rien à apporter. Plus rien. Ils ne veulent pas diriger, ils veulent gérer la boutique. Mais la boutique est en faillite. La situation est vraiment plus grave que l'on croit. Et ça va empirer. Que la gauche ne hurle pas à la mort avec ce qui se passe en Grèce ! C'est ça la politique ? Mais c'est hallucinant, bon sang ! La gauche, on sait ce qu'elle va faire. C'est la culturede l'excuse, les immigrés sont super, les sans-papiers, il faut les régulariser, le mariage homosexuel, l'euthanasie, on fait les emplois aidés, on fait des fonctionnaires même s'il n'y a pas de sous...

Si vous n'êtes pas au second tour, vous donnerez une consigne de vote ?

Et si je le faisais, je serais quoi ? Là, la situation est tellement grave et je les trouve tellement tous embarqués dans la même voie... Ou alors je n'ai aucune conviction, et je suis comme les autres, je cherche à avoir un ministère, et j'appelle à voterpour l'un ou pour l'autre. Ou alors, comme je n'ai pas négocié et que je négocierai rien, je ne veux pas prendre la responsabilité d'appeler des gens à voter pour l'un ou l'autre. Je ne veux pas me retrouver dans la situation d'être obligée d'assumermoralement ce qui va arriver. Sûrement pas, sûrement pas.

Après l'affaire Merah, les préoccupations des Français n'ont pas changé : l'emploi, le logement, le pouvoir d'achat. Et non "l'islamisation" et l'insécurité, que vous avez portées de nouveau à cette occasion...

Je n'y crois pas. Je crois que l'immigration est une vraie préoccupation, que l'islamisation est une vraie préoccupation, mais ce sont des sujets qui ont été tabous pendant trente ans. Et la sécurité est une vraie préoccupation. C'est une évidence. Moi, quand je suis arrêtée dans la rue, une fois sur deux, c'est là-dessus.

Je ne comprends pas pourquoi cela ne ressort pas dans les enquêtes. Moi, ce que je dis, c'est que l'immigration est irréversible, alors que les problématiques économiques sont réversibles. Tant qu'on a deux bras pour travailler, même quand on vit une situation économique très difficile, c'est réversible. Ce n'est pas le cas avec l'immigration, avec les flux d'entrée, le droit du sol, les régularisations et les règles européennes.

Quel est le rôle de Jean-Marie Le Pen dans la campagne ?

Il joue son rôle. Il est président d'honneur, il est présent dans les bureaux de campagne, il a suivi de près les parrainages, les histoires de prêts pour la présidentielle. Ce n'est quand même pas inintéressant. L'argent est devenu le nerf de la guerre, en politique aussi. Son avis est précieux, on n'a quand même pas comme cela cinq présidentielles derrière soi par hasard !

Il est écarté ?

Ah non, pas du tout. Au contraire. Car plus il se sent mis à l'écart et...

... et plus c'est "chaud" pour vous ?

Il ne faut surtout pas lui donner le sentiment qu'il est mis à l'écart. Ce serait d'abord stupide, et cela créerait une tension qui n'a pas lieu d'être.

Qu'avez-vous amené de plus que lui au FN, en mieux, en moins bien ?

C'est pas mieux ou moins bien, c'est autre chose. Quand c'est toujours la même personne qui intervient, les gens ont le sentiment de connaître, sur le mode "Ah oui, c'est Jean-Marie", et pour finir, on n'écoute plus. Cela devient alors difficile defaire monter des nouveaux thèmes parce que l'on est enfermé dans l'image qui vous est accolée. Moi, ce que j'ai apporté, c'est la multiplication des points d'entrée dans le programme.

Votre père avait déclaré que l'islam était parfaitement compatible avec les valeurs de la République. Y souscrivez-vous ?

Il avait parlé des cinq piliers de l'islam, il n'y a rien à dire. C'est l'islam religion. Après, il y a l'islam politique, qui a prospéré en l'absence de la République, et dont le but est de peser sur les lois, les mœurs, pour instaurer la charia. L'islam politique, je le considère comme un adversaire. Et il faut bien dire que Nicolas Sarkozy lui a fait la courte échelle. Je ne suis pas dupe des agitations où il arrête [des membres du groupuscule] Forsane Alizza. J'ai vu l'UOIF [Union des organisations islamiques de France], le pouvoir qu'il leur a donné, comment il a construit le Conseil français du culte musulman avec.

Et puis il y a la Libye. L'espèce de barbarie qui est en train de s'y développer. Et leMali. L'international, c'est compliqué. Entre une dictature laïque et une dictature fondamentaliste, je m'interroge : qu'est-ce qu'il y a de pire pour la population ? Et quelle va être la conséquence de tout cela ? Evidemment, une immigration importante. Et les minorités chrétiennes d'Irak qui s'étaient réfugiées en Syrie ? Que ce soit Kadhafi, Bachar Al-Assad, Moubarak, tous avaient au moins un point commun, c'est qu'ils étaient des dictateurs laïcs en lutte contre Al-Qaida. Ce n'est pas quelque chose que l'on peut passer par pertes et profits.

Le FN va-t-il changer de nom après 2012 ?

On veut faire un rassemblement pour les législatives. Si c'est un succès, si cet élargissement devient une réalité, c'est une réflexion que l'on aura.

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Commentaires

Modeste la Marine il n'y aura pas de second tour et pour cause Marine 57% au 1er.J'y crois et vous ?

Écrit par : Herve13 | vendredi, 13 avril 2012

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