Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mardi, 10 avril 2012

Sarkozy: homme d'Etat ou machine à fric ?

Lauvergeon éreinte encore Sarkozy et Proglio

Par Guillaume Errardlefigaro.fr  publié le 10/04/2012 
Anne Lauvergeon règle à nouveau ses comptes avec le président de la République, Nicolas Sarkozy
Anne Lauvergeon règle à nouveau ses comptes avec le président de la République, Nicolas Sarkozy Crédits photo : ERIC PIERMONT-LIONEL BONAVENTURE/AFP


L'ancienne patronne d'Areva dévoile, dans une interview à L'Express, les discussions privées qu'elle a eues avec le président de la République. Le PDG d'EDF, Henri Proglio, en prend aussi pour son grade.

Dix mois après son éviction d'Areva, Anne Lauvergeon continue de déverser son lot de critiques. Sans surprise, ce sont le président de la République, Nicolas Sarkozy, et le patron d'EDF, Henri Proglio, qui en prennent pour leur grade. Mais cette fois l'ancienne sherpa de François Mitterrand va plus loin que lors de ses précédentes interventions. Mi-janvier, elle avait notamment estimé avoir été victime de tentatives de déstabilisations émanant «du plus haut niveau de l'État». Dans une interview à L'Express, Anne Lauvergeon révèle, à l'occasion de la publication de son livre La Femme qui résiste des discussions privées qu'elle aurait eues avec Nicolas Sarkozy. «Début 2007, il (Nicolas Sarkozy) m'avait confié qu'il serait élu, qu'il ne ferait qu'un mandat, puis qu'il irait gagner de l'argent chez Bouygues», explique-t-elle.

L'ex-patronne d'Areva revient également sur le moment où le président de la République lui aurait proposé un ministère après son élection en 2007. «Celui que je voulais», précise-t-elle. Lauvergeon a refusé, car «il (le président de la République) ne composait pas un gouvernement, il recrutait pour un casting! Je remplissais nombre de cases: femme, monde économique, industrie, international, Mitterrand, moins de 50 ans... et Areva libérée.»

«Alexandre est un ami, mais il n'a pas le niveau»

Enfin, Anne Lauvergeon raconte l'entretien qu'elle a eu avec Nicolas Sarkozy lorsqu'il lui a annoncé sa non-reconduction à la tête d'Areva en juin 2011. Elle se dit «estomaquée» par l'explication que lui a alors donnée le président de la République: «La présidence d'Areva, c'est comme la présidence de la République, deux mandats seulement!», lui aurait-il déclaré. Elle affirme également que si elle n'a pas obtenu la direction d'EDF, c'est selon les dires de Nicolas Sarkozy, «parce qu'elle ne lui aurait pas demandé». Décrivant cet entretien comme «surréaliste», Anne Lauvergeon se serait également vu proposer le poste de patronne d'Air France qu'a finalement obtenu l'ancien chef de cabinet de Christine Lagarde à Bercy, Alexandre de Juniac. «Il m'a dit: ‘Alexandre est un ami, mais il n'a pas le niveau, il ne sera jamais président d'Air France. Il faut être sérieux'», révèle-t-elle.

Lauvergeon était opposée à la vente de nucléaire à Kadhafi

À travers Nicolas Sarkozy, c'est aussi l'État actionnaire d'Areva qu'Anne Lauvergeon critique. «Il nous fallait une augmentation de capital de 3 milliards d'euros. En 2004, Nicolas Sarkozy, ministre des Finances, la décide. Après lui, Hervé Gaymard la confirme, mais n'a pas le temps de la mettre en œuvre. Puis vinrent Thierry Breton et Dominique de Villepin, qui ont tout suspendu... Enfin, après 2007, il n'y a plus eu de stratégie du tout. […] Toute stratégie cohérente a disparu au profit du court terme et des intérêts d'un clan. Et des intermédiaires! Je suis passée par l'incrédulité, l'effarement, puis l'indignation...». L'ancienne patronne d'Areva a ainsi affirmé qu'elle était opposée à la vente de nucléaire à la Libye de Mouammar Kadhafi.

Anne Lauvergeon n'épargne pas l'actuel PDG d'EDF, Henri Proglio, avec lequel elle entretenait des relations conflictuelles. «La France a la grande chance de posséder quatre entreprises mondiales dans le domaine énergétique - EDF, GDF-Suez, Total et Areva, explique-t-elle. Avec Gérard Mestrallet et Christophe de Margerie, nous avions des visions communes et un jeu collectif. Henri Proglio est arrivé en se proclamant capitaine (de l'équipe de France nucléaire), en refusant systématiquement de passer le ballon et en taclant ses coéquipiers. À peine nommé, il a critiqué publiquement la filière, qu'il connaissait fort peu, prônant le démantèlement d'Areva. Pour se sentir aussi fort, il fallait bien qu'un axe d'airain se constitue, fait de politiques et d'intermédiaires afin de servir ses intérêts.» Et d'ajouter: «Saura-t-on un jour pourquoi le patron d'EDF a eu ainsi table ouverte à l'Élysée durant tout ce quinquennat? Regardez encore, la semaine dernière, les résultats de l'appel d'offres de l'État pour 10 milliards d'euros dans l'éolien offshore.» La semaine dernière, EDF, associé à Alstom, a remporté trois des cinq lots du contrat géant pour l'installation d'éoliennes offshore au large des côtes françaises.

Publié dans Blog | Commentaires (0) |  Facebook | | |

Les commentaires sont fermés.