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dimanche, 01 avril 2012

Jean-Marine en meeting à Nice ...

Le Point.fr - Publié le 31/03/2012 

À Nice, vendredi soir, la candidate FN a promis de s'attaquer sans relâche à l'immigration, qui porterait atteinte à "l'identité nationale" et au "système social".

Marine Le Pen et Jean-Marie Le Pen, vendredi soir, à Nice.

Marine Le Pen et Jean-Marie Le Pen, vendredi soir, à Nice. © Boris Horvat / AFP

Le meeting était présenté comme un moment fort de la campagne de Marine Le Pen, un match à domicile, à Nice, une terre de droite, où le Front national réalise, même dans les périodes de disette électorale, de bons résultats. Aussi la candidate a-t-elle prononcé, devant une salle surchauffée d'environ 2 500 militants,(4.000 en réalité ndlr) un discours digne des grandes heures de son père, Jean-Marie Le Pen, assis au premier rang, comme toujours impeccablement habillé. 

L'idée non dite de ce rendez-vous niçois était de relancer une campagne qui manque singulièrement de souffle depuis la candidature de Nicolas Sarkozy, mi-février. Ce dernier, qui joue "le peuple de France" contre les élites, l'Europe et les corps intermédiaires et qui a habilement géré l'épisode des tueries de Toulouse et de Montauban, semble faire du mal à Marine Le Pen. Le président de la République entend, en effet, rejouer le coup de 2007 : priver le FN d'une partie de son électorat en reprenant ses thématiques. Selon les sondeurs, la tactique sarkozienne commence à porter ses fruits. De 18 % d'intentions de vote au premier tour en janvier dernier, la présidente du FN navigue aujourd'hui entre 13 et, au mieux, 17 %. En outre, la sortie de l'euro, un des marqueurs forts du programme FN, paraît aventureuse pour une partie du corps électoral, notamment pour les seniors. La candidate l'a d'ailleurs bien compris : elle veut désormais soumettre cette proposition à référendum.

"Il faut reconnaître que Sarkozy ne s'effondre pas"

"Il faut reconnaître que Sarkozy ne s'effondre pas", confie Bruno Bilde, directeur de la communication de la campagne FN, qui conteste néanmoins un tassement de sa favorite dans les sondages. "Marine est sous-estimée dans les sondages. En réalité, elle n'est pas en dessous de 20 %. Après, s'agissant de Sarkozy, avec des millions d'euros déboursés pour un meeting (Villepinte) et 40 % de temps de parole dans les médias avant la règle du CSA, on réussit forcément son entrée en campagne, mais reste son bilan. Il va devoir le défendre", relève Bruno Bilde.

À Nice, vêtue d'une veste noire sur une chemise rose, "Marine" a donc tapé fort, visant d'emblée le tandem Sarkozy-Hollande, ou UMPS. "Nicolas Sarkozy n'a toujours pas de programme. (...) Il fait du neuf avec du vieux. Il n'a plus rien à dire aux Français", a-t-elle asséné. François Hollande, lui, ne mènerait pas campagne, attendant tranquillement que son élection "tombe comme un fruit mûr".

François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon n'ont pas été épargnés. Le premier, pour se démarquer des autres, proposerait de "ne rien changer", quand le second serait, en grignotant des points aux socialistes, "le meilleur allié" de l'UMP, dont Le Figaro fait "l'éloge". La salle, composée de nombreux jeunes, s'enflamme. Tout au long de son discours, qui durera environ une heure, elle n'aura de cesse de pourfendre les "élites mondialisées", incarnées par le même tandem Sarkozy-Hollande. Une succession de banderilles qui ne l'empêchera pas, ensuite, de regretter "les injures de cour de récréation" qui animent cette campagne...

Les drapeaux claquent

Sécurité, bien sûr, immigration, évidemment, aucun des thèmes chers au Front n'a été délaissé. Des thèmes qui ont été, sans surprise, les plus salués par les militants. À l'instar de ce long passage consacré aux harkis et aux rapatriés d'Algérie, nombreux dans la région de Nice, "trahis par les pouvoirs publics de l'époque" et par Sarkozy, dit-elle, qui, "en 2007, a promis de reconnaître leurs souffrances". 

La salle tremble des applaudissements du public. Les drapeaux claquent. Au diable la pondération gaullienne qui a marqué son début de campagne ! Marine Le Pen accélère. Après avoir récemment dénoncé "les Mohamed Merah qui sont dans des bateaux" pour la France, elle a promis de s'attaquer sans relâche à l'immigration, qui porterait atteinte à "l'identité nationale" et au "système social". Elle propose de supprimer les aides sociales pour les délinquants récidivistes, qui sont forcément, à ses yeux, des étrangers. "Et puis, s'ils ne sont pas contents, qu'ils quittent la France !" a-t-elle scandé, sans craindre les remontrances de ce qu'elle nomme "la guimauve du politiquement correct". Pour elle, enfin, Nicolas Sarkozy et François Hollande "n'aiment pas la France".

"Candidate de l'exception française"

La patronne du FN se pose en "candidate de l'exception française, de la nation". Afin de reprendre la main dans cette campagne et de susciter le débat autour de ses propositions, elle a émis quelques idées fortes, comme celle de rétablir le service militaire, malgré son coût important. "J'assume cette dépense", a-t-elle lancé, sans jamais la chiffrer. C'est, à l'entendre, "un remède pour remettre les perturbateurs dans le droit chemin". Un moyen de lutter contre "la drogue, le salafisme, l'analphabétisme".

De même, a-t-elle étrillé, les syndicats "si peu représentatifs", qu'elle menace de dissolution en cas de malversation. Elle propose également de geler, le temps du quinquennat, les frais bancaires des particuliers et des entreprises, et veut mettre au pas les organismes de crédit tels "Sofinco, Cofidis...", responsables de l'endettement des ménages. Le ton fut dur lors de ce meeting niçois. La rhétorique, idem. Jean-Marie Le Pen a aimé. Le public a aimé. S'agissant des Français, on le saura dans maintenant trois semaines.

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