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jeudi, 29 mars 2012

Merah, le nouveau modèle pour les jeunes "français"

Des réactions de soutien à Merah inquiètent la police 

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Par Laurence De CharetteMis à jour le 29/03/2012 à 11:32 | publié le 25/03/2012 
Samedi après-midi, à Rouen, une femme voilée, qui arrachait des affiches appelant à une marche blanche en mémoire d'Imad Ibn Ziaten, a été placée en garde à vue.
Samedi après-midi, à Rouen, une femme voilée, qui arrachait des affiches appelant à une marche blanche en mémoire d'Imad Ibn Ziaten, a été placée en garde à vue.Crédits photo : Mousse/Mousse/ABACA

Les marques de soutien à Mohamed Merah restent sporadiques mais révèlent un antisémitisme latent.

Depuis la fin de la semaine dernière, les autorités s'inquiètent de manifestations pour l'instant sporadiques de soutien à Mohamed Merah. Plusieurs événements ont alerté les responsables au sommet de la hiérarchie policière et judiciaire.

À Paris, samedi, une personne a été interpellée après être montée sur le toit d'une voiture, en pleine manifestation, pour glorifier le geste du tueur de Toulouse. Elle a été placée en garde à vue pour apologie de crime. De même, samedi après-midi, une femme voilée arrachait, à Rouen, des affiches appelant à une marche blanche en mémoire d'Imad Ibn Ziaten, ce parachutiste de 30 ans tué à Toulouse par Mohamed Merah. Elle a été également placée en garde à vue. Vendredi, dans les Yvelines, des inscriptions antisémites célébrant le meurtrier au scooter ont été découvertes sur un muret à Sartrouville. À Nice, des étoiles de David ornant des lanternes funéraires ont été arrachées ou tordues sur une trentaine de tombes juives d'un cimetière, sans référence explicite à l'affaire de Toulouse.

Le parquet général de Reims a ouvert la semaine dernière une enquête du chef «d'incitation à la discrimination et la haine raciale» à l'encontre de deux adolescents âgés de 15 ans scolarisés au collège Joliot-Curie à Reims. Ces deux élèves auraient comparé les Juifs à des chiens en affirmant: «qu'ils crament», et refusé de participer à la minute de silence consacrée aux enfants de confession juive décédés quelques jours plus tôt lors de la fusillade.

Un élève: «Je ne vais pas me lever pour des Juifs!»

Cette minute de silence a en effet suscité des troubles dans de nombreux établissements. Une enseignante d'un lycée d'Argenteuil (Val-d'Oise) témoigne: «Au moment de la minute de silence, à 11 heures, deux élèves de ma classe ont refusé d'y participer, en jetant: je ne vais pas me lever pour des Juifs!» Le professeur a toutefois fait obtempérer les deux élèves, mais manifeste son inquiétude: «Il faut savoir que régulièrement les débats autour du conflit israélo-palestinien empoisonnent les cours, tous les cours.»

«Beaucoup d'enseignants n'ont pas imposé cette minute de recueillement, souvent par crainte des comportements des élèves, témoigne un autre professeur. Tandis que nous nous taisions, nous entendions le brouhaha des classes voisines.» François, adolescent de 15 ans scolarisé à Paris, est encore choqué par les propos entendus la semaine passée: «Un élève de ma classe s'est insurgé, expliquant qu'il n'acceptait pas que l'on fasse une minute de silence pour des Juifs et pas pour les morts en Palestine raconte-t-il. Le professeur a essayé de botter en touche, puis il a lâché: “Enfin, c'étaient des enfants!” et, là, l'élève a marmonné: “C'est aussi bien qu'ils soient morts”. Le pire, c'est que dans la classe, Il n'était pas le seul à penser de cette façon: une dizaine d'élèves ont ricané pendant la minute de silence…»

La mort de Khaled Kelkal et celle de Ben Laden ont déjà, par le passé, suscité des réactions de fanatismes, notamment dans les banlieues. Dimanche, plusieurs cortèges silencieux, rassemblant plusieurs milliers de personnes à Paris et à Toulouse, ont rendu hommage aux sept victimes de Mohamed Merah.

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